Économiser en vivant d’eau fraîche, de vélo et de salades de pâtes

Faire l'inverse du Black Friday, pendant 1 an et avec des salades de pâtes.

Michelle McGagh est l’auteure du livre «The No Spend Year : How I Spent Less and Lived More», «L’année sans dépenses : Comment j’ai moins dépensé et plus vécu». Petit détail de haute importance, Michelle McGagh est également une journaliste londonienne spécialisée dans les finances, sa job c’est donc de parler de gestion d’argent, d’économies et de bidous. Cette fois, elle en a fait un livre.

En 2015, la journaliste entend parler du «Buy nothing day», un événement créé en réaction au Black Friday aka la journée-mondiale-de-la-sur-consommation-tasse-toi-dla-que-jachète-une-grosse-TV.

Séduite par ces mouvements anti-consuméristes, Michelle embarque sur l’idée. Mais pour corser le défi, elle y rajoute 364 jours.

Un beau matin d’hiver, le 26 novembre 2015 pour être précis, Michelle McGagh commençait cette aventure moderne. Pendant 1 an, elle n’aurait plus de dépenses futiles, plus de cafés latte à emporter, plus de bières au pub, plus de magasinage et plus de all-inclusive à Cuba. (Non, ce n’est pas parce qu’elle était endettée jusqu’au cou).

L’idée ce n’est pas de vivre dans une cave ou dans une grotte perdue du Vermont, c’est de changer sa consommation.

Pour être précis, voici les seules dépenses de la journaliste: le prêt de sa maison, les charges, l’assurance-vie, les dons de charité, le wifi (thanks god), le cellulaire, les produits de toilettes basiques (pas du Chanel là, du déo de chez Maxi), la lessive et la nourriture, à hauteur de 57$ par semaine (ça reste un «petit» budget, sachant qu’à Londres tout est pas mal plus cher).

L’idée ce n’est pas de vivre dans une cave ou dans une grotte perdue du Vermont, c’est de dépenser moins tout en restant dans sa ville, avec son travail. Dans l’fond, une vie plus simple, sans dépenses inutiles.

Une fois que tout ça était fixé, l’aventure pouvait démarrer…

***

Après 1 an d’aventure, Michelle McGagh revient avec un livre et surtout, avec des révélations.

«J’ai réalisé que ce que je faisais de ce défi était erroné. J’essayais de vivre ma vie d’avant, gratuitement. À la place je devais embrasser un autre style de vie.»

Pour vivre sans dépenses inutiles, il est donc primordial de changer complètement de mode de vie. Il ne faut pas essayer de garder sa vie d’avant. Déjà, ça peut donner l’impression d’être un gratteux, si tu vas au bar avec tes amis sans vouloir dépenser, mais surtout, il y aura beaucoup de frustrations. Le FOMO n’est pas loin… (Fear of Missing Out).

Ça valait le coup de manger des salades de pâtes?

L’argent n’est pas la base du bonheur. Les vacances «cheap» sur le bord de la côte anglaise, avec le p’tit sandwich dans le sac étaient les meilleures vacances de la journaliste depuis longtemps. Les balades à vélo et les promenades dans les parcs la rendaient bien plus heureuse qu’un dîner dans un restaurant fancy. Manger trop souvent des salades de pâtes ne l’a pas poussé vers la dépression.

La journaliste a également profité des événements gratuits de sa ville pour sortir. Sur le coup, on est très gâtés ici à Montréal, on peut facilement passer un été à aller en show tous les soirs, sans dépenser 1$. Allo le Festival de Jazz.

Il faut accorder plus d’importance à sa sécurité financière, qu’à ses possessions matérielles.

À la fin de l’aventure, Michelle McGagh a économisé 22 439 livres sterling, soit un peu plus de 36 000$. Ça valait le coup de manger des salades de pâtes j’pense.

Elle a surtout réalisé «qu’elle accordait plus d’importance à sa sécurité financière, qu’à ses possessions matérielles et qu’elle ne voulait pas être forcée de rester dans ce cycle de travail, juste pour rembourser un prêt pour les deux prochaines décennies.»

Elle a aussi sorti un livre pour raconter son histoire. Cependant, une question se pose. Si on est d’accord avec elle, est-ce qu’on devrait acheter son livre? Ou on devrait commencer tout de suite, et donc ne pas acheter son livre.

C’est compliqué.

Pour lire un autre texte de Fabien Kerneis: « Exploration de Montréal et de sa jungle typographique ».

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