Germain Barre

FOULE SENTIMENTALE : stalker son ex sur les réseaux sociaux

Il serait temps de dédramatiser ce comportement tout en douceur et en nuances.

« C’est tellement facile de le faire que je le fais tsé. Si j’avais pas les réseaux, je chercherais pas à savoir ce que mes ex font. »*

« Ça arrive. Savoir ce qu’on a manqué de sa vie (quand on y parle pu, mettons), jauger si on a fait le bon choix (en cas de doute un samedi de pluie parfois), ou juste pour comparer nos vies, le temps qui défile »

Moi aussi, je le fais. Un peu comme un non-dit, un interdit de tout à coup regarder ce que fait une personne sur qui on a fermé les yeux. J’avais autrefois l’habitude de supprimer mon historique après avoir recherché le nom de mes ex sur un réseau social. Maintenant, je le laisse là. Les jours suivants, le nom apparait lorsque je clique dans la barre de recherche et c’est correct.

Hey, c’est correct de stalker vos exs des fois, voici pourquoi.

Pourquoi se promène-t-on sur leur profil?

« Par curiosité, nostalgie (parfois), se rappeler des souvenirs communs aussi. »

Par hasard

Vous avez l’impression de voir votre ex partout à l’écran? Ça se peut. Les algorithmes qui structurent votre fil d’actualité ignorent le moment où une relation se termine. L’identification de vos profils sur la même photo de votre fête et les emojis de cœur sous vos publications ne s’effaceront pas seuls. Les réseaux sociaux continueront de vous montrer comment votre ancien amour like, commente, publie, respire, puisqu’ils croient toujours que cette personne est active dans votre vie. Une apparition de l’ex sur votre écran vous incite à penser à cette personne-là, et une p’tite visite sur son profil peut s’ensuivre.

Par choix… et par curiosité

Se séparer veut aussi dire couper les liens avec d’autres individus reliés à la relation. Comment s’est déroulé le mariage de son amie? Est-ce que sa sœur a accouché? L’a-t-il eu, sa fameuse promotion? Facebook, Instagram, Snapchat et Linkedin nous chuchotent souvent les réponses.

Pour plusieurs, ces élans de curiosité ne voyageraient pas plus loin que la pensée si les réseaux sociaux n’existaient pas. Mais le simple fait de pouvoir le faire, de pouvoir épier l’autre comme si on regardait par la serrure la vie qu’il se construit sans nous, suffit parfois à cliquer sur son profil.

La nostalgie peut également s’emparer de nous. Nous pousser à taper une à une les lettres de son prénom dans la barre de recherche. On ne peut pas s’exiger d’effacer les souvenirs rattachés à une vie commune. Naviguer dans l’univers de l’autre va jusqu’à créer un effet introspectif. On réfléchit à la personne qu’on était en ces temps-là, à celle qu’on est devenue. On pense davantage à soi qu’à l’autre, finalement.

Ne pas juger

« En stalkant mon ex, je sens un mélange de réconfort et de culpabilité. C’est du connu méconnu. »

Surtout, ne vous jugez pas. Ne jugez pas vos ami. e. s, ne jugez pas votre chum, ne jugez pas votre blonde pour ce stalkage. S’intéresser à quelqu’un qui a traversé notre vie n’est pas une négation de notre situation amoureuse actuelle. Vous êtes célibataire? Stalker l’ex ne veut pas dire que vous regrettez les moments en couple. Vous êtes en couple? Stalker l’ex ne veut pas dire que vous le préférez.

Non, prendre une marche sur le profil numérique d’une ancienne flamme ne signifie pas que vous voulez tout recommencer. C’est une pratique sociale ordinaire qui nous oblige à jongler avec le respect de l’autre et de soi-même.

Être prudent

« Ça dépend vraiment de ma relation avec ladite personne. Un, je ressens rien. L’autre, je ressens une compétition. Mon premier chum du secondaire qui m’a trompé et joué dans le dos, je ressens de la haine, même après toutes ses années. »

Évidemment, la manière dont on flâne sur le profil de nos ex, ou même d’anciennes fréquentations, dépend beaucoup des conditions dans lesquelles la relation a pris fin. Une question reste à se poser pour être en paix : comment vous sentez-vous lorsque vous êtes sur le profil de l’autre? Neutralité. Frustration. Bien-être. Nostalgie. Jalousie. Curiosité. Stress. Bien entendu, tous ces sentiments sont valides, mais ceux à caractère négatif méritent une réflexion supplémentaire pour ne pas tomber du côté de la surveillance.

Basée sur des études faites sur les breakups et Facebook, voici une petite liste d’avertissements signalant que votre errance sur le profil de vos ex est à modérer :

Vous vous comparez à votre ex

La vie n’est pas une compétition et la comparaison peut mener à du stress. La réussite de l’un autre n’est pas une défaite pour soi.

Vous vous comparez à son nouveau couple

Chaque couple est différent et incomparable. Les études insistent pour dire que la comparaison sur les réseaux sociaux fait la vie dure à notre estime personnelle. Allez donc écouter des vidéos de chiens cutes à la place.

Vous allez sur son profil trop souvent

« Trop souvent » qu’est-ce que ça veut dire… une fois par semaine, une fois par mois? « Trop souvent », c’est quand le stalkage devient un besoin, une activité dont vous sortez avec les émotions embrouillées.

Vous êtes insatisfait. e des informations. Vous en voulez plus!

N’oubliez pas que les réseaux sociaux ne sont qu’une représentation contrôlée de ce qu’on veut bien montrer. Si vous désirez en apprendre plus, pourquoi ne pas écrire directement à la personne?

Vous êtes devenu Sherlock Holmes

Si vous savez ce que votre ex a mangé pour souper hier et quel est son nouveau groupe de musique préf, c’est peut-être trop. Je propose de vuos concentrer plutôt sur vos repas et sur vos chansons préférées, ça va juste vous faire plus de bien.

Si vous vous reconnaissez trop bien, découvrez la fonction « Comment prendre mes distances avec quelqu’un sur Facebook? ».

Plus ça change, plus c’est pareil

Les communications numériques changent-elles le rapport entre soi et nos ex? Oui et non. Gérer un changement de relation aussi drastique que celui d’être en couple et ne plus l’être demeure intimement semblable. D’un autre côté, l’accès à l’information reliée aux réseaux sociaux est certainement une situation que nos parents ignoraient, que notre génération doit apprendre à gérer. Alors, apprenons! Je vous invite à vous questionner, à cliquer, à en discuter avec vos amis, et bien sûr, de faire la paix avec le fait de stalker vos ex.

*Les témoignages entre guillemets proviennent d’ami. e. s

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