Faut que tu saches

Aujourd’hui, c’est la journée Bell Cause pour la cause. C’est UNE journée dans l’année où on s’encourage à parler de maladie mentale. Et on n’en parlera jamais assez, car pour de nombreuses personnes la maladie mentale, ça se vit à l’année pour eux et pour leurs proches.

Notre collaboratrice Véronique Grenier livrait ce matin un statut facebook juste et émouvant sur le sujet. On tenait à vous le partager.

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Faut que tu saches ta chance, ou le beau, de te lever le matin avec du léger, faire tes toasts, t’habiller, regarder ta journée, ta vie, avec un regard plein, un regard avec pas d’écharde dedans.

Parce que c’pas de même pour tout le monde.

Mais on peut pas tant le savoir, si on le vit pas. La chienne d’ouvrir tes courriels, de répondre au téléphone. De voir des gens. D’être vuE par des gens. Le soulagement, oui, soulagement de s’infliger des blessures parce que cette douleur calme les autres douleurs. Faire des boules dans des coins parce que l’air te manque. Être convaincuE que t’es de la marde. Ne plus dormir, ne plus manger. Juste dormir, juste manger. Lutter pour te rendre d’une seconde à l’autre. À tous les jours. Te convaincre que tu fittes pas dans l’existence. Avoir la certitude que sous ta peau, tes os, c’est juste du vide. Un grand esti de vide.

Tu me lis pis t’aimes pas ça pis c’est normal. Mais c’est un minuscule échantillon de ce que beaucoup de gens vivent quotidiennement. Souvent dans le silence. Dans le tout seul. Des troubles, des maladies qui leur pognent la tête, le corps, la vie. Des troubles qui restent dans notre angle mort parce qu’ils nous font peur.

Faut causer plus fort et souvent que ça, j’me dis.

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Pour prolonger la lecture, voici un texte de Véronique Grenier : « Santé mentale ».

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Professeure de philosophie, cœur le kitsch et les années 80, essaie de faire du quelqu'un de sa progéniture. Déteste les demandes à l'Univers.

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