Être jet set à l’Otakuthon

En fin de semaine au Palais des congrès se tenait l’édition 2016 de l’Otakuthon de Montréal. Au Japon, le terme Otaku est très péjoratif. Un Otaku est quelqu’un d’obsédé par les mangas, les animés et tout ce qui tourne autour de cet univers. À un point tel que l’Otaku néglige une vie sociale saine. Du genre “Je ne peux pas sortir avec vous ce soir, je dois peigner les cheveux de ma poupée Sailor Moon. C’est vraiment plus important”.

À l’Otakuthon de Montréal, le péjoratif laisse sa place à une rencontre hyper festive pour tous les passionnés du Japon.

Résumé d’une journée où l’on peut s’habiller en robot en toute dignité (enfin!).

Le Hall Viger

Comme au Comiccon (pour les fans de superhéros), le cosplay est un aspect vraiment important de la fête. J’ai été vraiment surpris par la qualité des costumes. Tout le monde se donne rendez-vous au Hall Viger pour montrer son costume et se faire prendre en photo. Sérieusement, ceux qui n’avaient pas de costumes (comme moi, je m’en confesse) étaient en minorité.

Dans le métro, quand tu voyages avec un dude déguisé en personnage de Dragon Ball, tu lèves un peu le sourcil. Mais une fois sur place, c’était moi qui me sentais un peu extra-terrestre.

Le magasin général

À l’étage supérieur du Palais des congrès se trouvait la “Place des marchands”, l’endroit où tu peux acheter tous les produits dérivés de ton choix. Une taie d’oreiller avec un personnage sexy? Got it! Un one-piece de Pikachu ? Got it! Des mangas, des animés ou des figurines?

Tout était là pour toi et ton porte-feuille.

Les ateliers

Le cœur de l’Otakuthon se situe au 5e étage. C’est là où tous les ateliers se trouvent. En plus d’une gigantesque salle pour jouer aux jeux vidéo, plusieurs conférenciers s’en donnaient à cœur joie pour nous parler de leur sujet d’expertise.

J’ai suivi un cours d’introduction à l’univers des robots Gundam. Ce que j’ai retenu de cette conférence un brin décousue, c’est qu’il y a une quarantaine de séries télé sur le sujet et que si tu veux comprendre quelque chose à la ligne du temps de cette franchise, t’es mieux de lâcher ta job et d’avoir un bon forfait internet.

Plus populaire, la conférence sur l’histoire de Mega Man était bien divertissante. Chacun débattait à savoir quel opus de la série de jeux vidéo était le meilleur. Malgré le fait que j’admire le dévouement des fans du petit bonhomme bleu, leur niveau de fanatisme dépassait largement le mien. Je ne m’étais jamais vraiment demandé si les antagonistes du jeu répondaient aux règles de la robotique d’Asimov…

Entre deux ateliers, pourquoi ne pas passer le temps dans les multiples salles de cinéma? Au programme, tous les styles de dessins animés possibles. Films d’action, science-fiction, horreur, Hentai, tout est là.

Les vedettes

Encore une fois cette année, beaucoup d’artistes du milieu étaient sur place pour discuter de leurs œuvres. Dessinateurs, auteurs, réalisateurs, cosplayers; tous les métiers de la culture pop japonaise étaient représentés.

Pour la première fois de ma vie, pour cet article, j’ai joué au reporter. Muni d’une accréditation média officielle, j’ai eu le privilège de rencontrer l’auteure Shoju Arina Tanemura, une vedette internationale du manga, qui célébrait ses 20 ans de carrière.

Après avoir reçu plusieurs avertissements sur le protocole japonais (aucun contact physique, aucun regard dans les yeux, aucune photographie), j’ai pu poser quelques questions à l’auteure.

Voici donc un petit Q&A entre une mangaka jet set, son interprète et un reporter novice :

Félicitations pour vos 20 ans de carrière! Est-ce que c’est rare dans le milieu?
Oui c’est très rare. La majorité des auteurs ne survivent pas à la compétition.

Est-ce que vous sentez toujours cette compétition venant des nouveaux auteurs?
(Rires.) Non, plus vraiment parce que je suis maintenant très établie.

Est-ce que vous êtes reconnue dans la rue? Est-ce que les gens vous arrêtent pour avoir un autographe?
Au Japon, les mangakas ne veulent pas vraiment montrer leurs figures. Notre visage n’est pas vraiment connu. Par contre, quand je vais au restaurant et que je paye par carte de crédit, ça arrive que les gens voient mon nom sur la carte et s’exclament : “Ooooooh!”

Est-ce que les auteurs de mangas sont jet set? Ou c’est plutôt les personnages qui volent la vedette?
Il y a une différence entre les manga pour les filles et les manga pour les garçons. J’écris des Shoujo manga et c’est pour les filles. Ça parle de thèmes comme l’amour, les amies et l’adolescence. Dans le milieu des manga pour filles, c’est l’auteure qui est populaire. Pour ce qui est des manga pour les garçons, ce sont les personnages qui prennent plus de place. Les filles suivent les auteures; les garçons sont plus intéressés par une série en particulier.

Est-ce que vous voyagez beaucoup dans les conventions ou c’est plutôt rare?
Oui, je voyage assez souvent pour rencontrer mes fans. J’aime bien ça. Je suis allée 2 fois en Allemagne, 3 fois aux États-Unis et 1 fois à Taiwan.

En conclusion

L’Othakuthon prend de plus en plus d’ampleur d’année en année et les participants travaillent de plus en plus fort pour créer leurs costumes. Pour tout passionné de manga ou simplement tout curieux de la culture pop japonaise, l’Otakuthon est un must, alors on se donne rendez-vous pour l’édition 2017.

D’ici là, je vais peut-être pouvoir comprendre quelque chose à la série des Gundam et à League of Legends

Pour lire un autre reportage de François-Olivier Bernardin : Star Wars Canada

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