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URBANIA et l’Institut de planification financière braquent les projecteurs sur une profession plus pertinente que jamais.
Ah, quelle belle époque pour nos portefeuilles! Grâce aux algorithmes, à l’intelligence artificielle et aux nombreux spécialistes autoproclamés qui pullulent sur TikTok, il est maintenant si facile d’optimiser nos finances. Deux ou trois clics et hop! un robot-investisseur déniche LA stratégie optimale avant même qu’on ait eu le temps de dire « CELIAPP ». Pas étonnant que les gens soient si détendus par rapport à leurs finances.
Bon : trêve d’humour.
On l’aura compris, dans cette période où les données affluent de partout, il est de plus en plus difficile de s’y retrouver, de démêler le vrai du faux et de faire des choix judicieux. Plus l’intelligence artificielle se développe, plus l’information devient accessible, plus les conseils fusent et plus le jugement humain, l’écoute et la compréhension profonde de l’unicité d’une situation se font rares.
Et c’est exactement là que les planificatrices et planificateurs financiers – dont le titre abrégé est Pl. Fin. – entrent en jeu. Loin d’être menacée par l’IA, leur expertise est de plus en plus recherchée.
Nous souhaitons tous avoir de bons rendements et faire fructifier nos bidous, alors pourquoi n’existe-t-il pas une seule façon d’investir? Un seul vrai bon plan de match que nous pourrions tous suivre à la lettre?
La réponse courte? Parce que nous sommes tous différents.
Aspirations, rapport à l’argent, projets de vie, réalité quotidienne, tolérance au stress, rêves de retraite et profil d’investisseur : toutes sortes de facteurs nous définissent. C’est pourquoi, au cœur du savoir-faire des Pl. Fin., il y a l’humain. C’est dans ces nuances que réside la différence entre un bon et un moins bon conseil financier. Parce que les finances personnelles ne se limitent pas à une série de calculs. Elles sont un mélange de projets, de peurs, de valeurs, de responsabilités, de contextes familiaux et d’autres réalités très concrètes.
Bref, bien plus que les calculs, l’art d’une ou d’un « planif » (pour les intimes), c’est l’art subtil et complexe de poser les bonnes questions, d’écouter avec empathie et d’élaborer une stratégie propre à la réalité de chacun. C’est là où le jugement humain devient irremplaçable.
Au Québec, la planification financière est une profession encadrée ayant un titre réservé : Pl. Fin. Ce titre est accordé aux personnes qui ont réussi la formation de l’Institut de planification financière et qui détiennent un permis de l’Autorité des marchés financiers. En plus d’avoir développé une expertise profonde en finance, elles ont été formées pour analyser la situation d’une clientèle dans six domaines complémentaires : aspects légaux, assurance et gestion des risques, fiscalité, placements, retraite, succession. C’est cette vision à 360 degrés qui permet à ces spécialistes de brosser votre portrait complet, sans angle mort, afin de vous conseiller judicieusement. Autrement dit, leur rôle dépasse largement la simple suggestion d’un produit financier isolé. Il consiste d’abord à comprendre toutes les sphères de la réalité d’un individu, la manière dont ces sphères interagissent et les répercussions possibles d’un choix fait dans l’une sur toutes les autres.
Bref, sans une compréhension profonde des répercussions concrètes du facteur humain sur un portefeuille, un conseil financier ne vaut pas grand-chose.
Optimiser des placements sans considérer, par exemple, une séparation, un projet d’enfant ou d’entreprise ou des parents à soutenir, c’est bâtir un plan qui risque de s’effondrer au premier contrecoup. Et c’est là toute l’expertise des Pl. Fin. : comprendre les chiffres, oui, mais comprendre l’humain surtout!
La réalité financière des nouvelles générations est loin d’être simple : crise du logement, augmentation du coût de la vie, contexte politique instable et économie imprévisible. Un beau cocktail qui, jumelé à une avalanche d’informations provenant d’influenceurs, de forums Reddit, de balados et de robots-investisseurs, rend la prise de bonnes décisions financières encore plus ardue.
Autrement dit, la valeur, l’expertise et la rareté des Pl. Fin. dans le marché font de leur profession un choix de carrière plus attrayant que jamais. Au passage, ajoutons qu’un avenir comme Pl. Fin. est aussi payant au sens propre que figuré.
Pour ces experts, l’IA est un véritable levier qui leur permet d’analyser plus vite, de modéliser plusieurs scénarios et d’optimiser des stratégies complexes. Bref, elle libère de leur précieux temps sans toutefois remplacer leur jugement, leur écoute ou leur capacité à comprendre les multiples répercussions d’un choix financier.
En fin de compte, aussi étonnant que cela puisse paraître, la présence exacerbée des technologies dans nos vies permet de mettre en lumière la valeur réelle des planificatrices et planificateurs financiers, une valeur qui dépasse largement les tableaux Excel. Car la planification financière est une profession foncièrement humaine qui nécessite de savoir comprendre aussi bien les chiffres que les gens.
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Pour développer cette intelligence relationnelle derrière les chiffres, direction le site de l’Institut de planification financière.
Il n’est donc pas étonnant que la demande pour des spécialistes formés pour tenir compte de cette complexité augmente. Marie-Hélène Larouche, conseillère en emploi pour les étudiants et étudiantes du département de finance de l’Université Laval, en témoigne dans son portrait du marché en planification financière : « La pénurie de planificateurs financiers qualifiés crée une forte pression sur le recrutement, particulièrement dans les milieux institutionnels, où la concurrence entre employeurs s’accentue. Cette situation offre de bonnes perspectives d’emploi pour les diplômés. » Ajoutons à cette demande accrue qu’une étude mandatée par l’Institut et réalisée par la firme Lussier révèle que « près de 40 % des planificateurs financiers en exercice sont âgés de plus de 50 ans, ce qui annonce un nombre important de départs à la retraite au cours des prochaines années ».
On le sait, en quelques années seulement, l’arrivée de l’intelligence artificielle a bouleversé l’exercice de nombreux emplois. On pourrait croire qu’elle constitue aussi une menace pour la profession de Pl. Fin., mais ces spécialistes utilisent des modèles mathématiques, des algorithmes, des simulateurs de retraite, des projections actuarielles, des calculateurs de scénarios – bref des formes « d’intelligence artificielle » depuis déjà plusieurs décennies.