.jpg.webp)
Comme beaucoup de Québécois, je me suis récemment découvert une passion pour le Canadien de Montréal. Mais comme beaucoup de fans du dimanche, je n’aime pas particulièrement écouter les parties seul à la maison (peut-être aussi parce que je n’ai pas le câble, et fouiller des sites russes de streaming illégal, c’est pas l’idée que je me fais d’un samedi soir agréable).
Je préfère de loin écouter les parties dans un bar de quartier, encore plus à Montréal, où la fièvre des séries est palpable.
Lors d’une soirée où le Canadien s’est fait ramasser (le match 1 de la série contre Buffalo n’a pas été facile), j’ai toutefois pu constater que les gens repartaient beaucoup plus tôt que d’habitude.
Je me suis donc posé une question toute bête : les bars font-ils plus d’argent lorsque le Canadien gagne ?
J’en ai parlé avec les principales concernées.
C’est bien connu, les séries, c’est une affaire payante pour les bars et restos sportifs. Le mois dernier, La Presse confirmait l’impact économique des Glorieux sur les restaurateurs.
Rachel Chevalier-Richard, propriétaire du Café Lézard sur la rue Masson à Montréal, apporte toutefois une nuance : « C’est un peu plus payant qu’un soir normal, mais c’est pas non plus quatre fois plus. C’est juste que si je diffusais pas les games, ça serait vide ».
En effet, bien que le repère de Vincent Vallières (oui, oui) soit normalement un café-buvette sans télévision, pendant les séries, on y installe un écran et un projecteur.
C’est différent au Pub West Shefford, une brasserie du Plateau Mont-Royal qui a déjà l’habitude de diffuser les parties du Canadien de Montréal. Le pub de l’avenue Mont-Royal accueille donc les partisans de la Sainte-Flanelle à longueur d’année. Mais leurs rangs grossissent lors des séries, comme me le confirme Béatrice, barmaid au West Shefford : « Ça fait vraiment une différence ! »
Donc, il y a plus de clients lors des parties des séries. Ça, on s’en doutait. Mais est-ce que les gens tippent moins quand leur équipe perd ?
En jasant avec Béatrice, je comprends que je pose la question à l’envers. Les gens ne sont pas moins généreux lorsque leur équipe perd ; ils sont PLUS généreux quand leur équipe gagne : « Dans une soirée normale, je fais environ 200 $, 250 $ de pourboire. »
Lorsque les troupes de Martin St-Louis repartent bredouilles, l’aiguille ne bouge pas beaucoup, selon Béatrice. Elle m’explique que sur la machine du bar où elle travaille, le pourboire minimum proposé est de 18 % avant taxes (l’équivalent de 15 % après taxes) : « Souvent, tout le monde tip comme ça ».
Mais quand les Habs (c’est fou comment y a beaucoup de synonymes pour la même équipe, hein ?) terminent victorieux, les gens sont soudainement plus généreux : « Quand on gagne, ça peut monter à du 20, 22 % […]. Ça peut monter à 400 dollars. »
Même son de cloche du côté du Café Lézard : « Oui, les gens donnent plus de pourboire quand on gagne. C’est sûr, ils sont de bonne humeur, ça les rend plus généreux », m’explique Rachel.
Mais les soirées sont plus payantes pour les employés des établissements qui diffusent les matchs du Canadien pour une raison qui dépasse la question du pourboire. Quand la Sainte-Flanelle gagne, les gens sont plus dépensiers : « Les gens consomment plus, ça, c’est certain. Pas nécessairement de la nourriture, mais de l’alcool, définitivement ! » me confie Rachel du Café Lézard.
Béatrice du West Shefford confirme que c’est pareil chez elle : « Oui, 100 %. Ça se commande un pichet après la game, ça se commande une autre bière, juste parce qu’on l’a chugguée, parce qu’on était content. Ça va commander une tournée de shooters. C’est beaucoup plus festif! »
Ces dollars de plus dépensés en consommations, ça se traduit évidemment en revenus plus intéressants pour les serveurs.
Cependant, Rachel du Café Lézard émet un petit bémol : « J’ai quand même senti un essoufflement en deuxième ronde. En première ronde, c’était plein super rapidement, les gens venaient en groupes de 8, de 10. Là, c’est des plus petits groupes, des duos, surtout. Ça se remplit pareil, mais c’est plus long.
Mais c’est normal, c’est pas tout le monde qui peut dépenser 75 $ quatre fois par semaine. Ça coûte cher, ces séries-là ! ».
En tant que fan nouvellement converti qui a dépensé pas mal d’argent en bières depuis le début des séries, je suis certain que les fans de Montréal et du reste du Québec continueront de trouver un petit lousse dans leur portefeuille, tant et aussi longtemps que le Canadien continuera son avancée.
Et surtout, qu’ils n’oublieront pas de tipper leurs serveurs et serveuses !