Les 5 à 7 sont en voie de disparition. L’époque où on se pétait la face entre collègues le vendredi après le boulot laisse progressivement sa place aux midis yoga et au chacun chez-soi devant notre écran. Une situation que déplorent les restaurateurs, mais qui réjouit les Netflix de ce monde.
Explorons les causes de ce déclin.
#1. Le monde du travail a changé, et nous aussi
Télétravail, inflation, salaires qui stagnent, mouvements « antiwork »… Depuis quelques années, on a redéfini notre relation au travail.
Quand le travail mène au burn-out, il ne faut pas s’étonner que l’amitié au bureau en prenne un coup et l’idée voulant que nos collègues soient notre « deuxième famille » nous donne maintenant des boutons. Ce sont des collègues. Point. Nos amis, les vrais, ne sont pas ceux avec qui on travaille.
#2. Nos salons font compétition aux bars
Il y a vingt ans, sortir de chez soi était juste… nécessaire. Fallait aller à l’épicerie, au club vidéo, au boulot.
Et plus on sortait, plus c’était facile de socialiser. La sociabilité, c’est comme un muscle : faut le travailler, sinon il s’atrophie.
Aujourd’hui? Netflix, le télétravail, et les applications de livraison ont réduit la nécessité de sortir de chez soi. Maux modernes, la sédentarité et la solitude sont aussi… plutôt tentants. Et moins on sort, moins on en a envie, et plus l’effort semble énorme. Résultat : chaque sortie, incluant le 5 à 7, exige un sérieux effort, encore plus après une journée de travail.
#3. On ne sait plus comment jaser
Un sondage canadien effectué en 2024 auprès de 1 500 jeunes révélait que plus de 50 % d’entre eux trouvaient que leurs aptitudes sociales avaient décliné. De ce nombre, un sur quatre disait même avoir de la misère à entretenir une simple conversation.
Pas étonnant que le 5 à 7, jadis un prétexte pour tisser des liens avec nos collègues, soit maintenant perçu comme une épreuve de plus après le boulot. Quand le stress du 9 à 5 est doubl é d’une anxiété sociale, ce n’est pas un verre de blanc avec votre boss qui règlera ça.
#4. On boit moins
Depuis les années 2000, la consommation d’alcool est en baisse constante — mis à part un petit rebond en pleine pandémie, tsé.
Les jeunes d’aujourd’hui boivent moins; ils sont plus conscients, plus lucides… même s’ils consomment parfois d’autres substances pour s’aider à relaxer, mais qui sont moins acceptées dans un contexte de 5 à 7. De nos jours, il faut croire que pour décompresser, le CBD et l’Ativan valent mieux que quatre pintes de blonde.
#5. Moins de dérapages
Si la baisse de la consommation d’alcool est une cause « positive » de la baisse des 5 à 7, le mouvement #MeToo entre aussi dans cette catégorie. La sensibilisation aux enjeux de harcèlement et d’abus sexuels en milieu de travail a révélé que les 5 à 7 ont souvent donné lieu à des situations malaisantes (au mieux), voire traumatisantes (au pire).
À la place? Une ligue de pickleball interne. Une petite course de 5 km sur l’heure du midi. Une soirée quiz avec de l’eau pétillante. Est-ce moins sexy? Peut-être. Est-ce moins risqué? Clairement.
Et vous, déplorez-vous la disparition des 5 à 7?
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