Deuxième impression

Ma deuxième semaine seulement comme blogueuse à Urbania et j’ai le syndrome de la page blanche. Ça m’arrive rarement.

Peut-être que je ressens le besoin d’être aussi intense que la dernière fois. La semaine dernière, j’ai écrit en pleine nuit, la larme à l’œil, en tapant si fort sur le clavier que la lettre L fonctionne mal depuis. Vous m’avez reproché des fautes d’orthographe, mais j’étais tellement épuisée  après avoir livré mes états d’âme après une semaine éprouvante, que j’ai dû envoyer mon texte aux corrections inachevées avant de littéralement m’effondrer.

Pour la première fois de ma vie, je comprends comment se sentent les polémistes, ceux qui cherchent à faire réagir à chaque papier, à chaque chronique. Ceux qui recherchent les sensations fortes, les commentaires élogieux ou hargneux, les réactions démesurées. C’est une sensation à laquelle on peut développer une dépendance, j’en suis certaine.

Cette foutue recherche de résonance. J’ose espérer que j’ai la décence de ne pas vouloir « provoquer pour provoquer ». Le fameux « Parlez-en bien, parlez-en mal, mais parlez-en » me répugne. Je sais que ça peut paraître paradoxal, mais je vous assure que je choisis mes batailles et que je ne m’aventure pas en terrain inconnu, juste pour déranger.

Je pourrais profiter du moment pour me présenter, chose que je n’ai pas fait la semaine passée.

Je m’appelle Kim. Je déteste écrire avant le coucher du soleil.

Je suis une gauchiste. En fait, je ne me considère pas « gauchiste ». Je le dis seulement pour être claire et pour que les gens comprennent d’emblée que je suis contre les gaz de schiste et que je n’écoute pas Sun News. Juste pour avoir à éviter des débats inutiles sur « pour ou contre la fermeture du Gentilly-2 ». En m’affichant de gauche, je deviens plus prévisible et je m’évite de me justifier sans arrêt sur mes convictions.

En fait, j’aime défendre les valeurs sociales-démocrates. À quoi me servirait de réussir, d’être riche, d’avoir un statut social enviable, si c’est pour évoluer dans une société où les gens qui m’entourent sont trop endettés pour s’épanouir et profiter de la vie ? Qui veut vivre dans une société où les gens n’ont pas de services adéquats et où ils ne peuvent avoir une bonne qualité de vie ?

C’est ça, mon problème. Je veux que tout le monde soit heureux, bon ! C’est ça, mon côté gau-gauche.

Ça ne veut pas dire que je n’aime pas l’argent et que je veux nationaliser le Québec au complet, des rivières jusqu’au pain tranché. Bien sûr que je suis pour le développement économique et qu’on exploite nos richesses, etc ! J’aime bien avoir de l’argent dans mon porte-feuille et boire du champagne qui coûte très cher, juste pour le fun ! Arrêtons d’associer la gauche à la pauvreté, bon sang !

Deuxième coming-out de la matinée : Je suis souverainiste.

Bon ça y est. Vous êtes en train de me dessiner une tuque de Loco Locass sur la tête, un drapeau du Québec autour du cou, une guitare à la main, et vous m’imaginez chanter à tue-tête du Paul Piché, le pied sur une caisse de 24 au pied de la statue de De Lorimier.

Je vous rassure, je ne suis ni une cégépienne hippie qui trippe trop sur la St-Jean-Baptiste, ni une relique des années 70 qui scande des poèmes sur la beauté des grands espaces de ma patrie, des splendeurs de la toundra et du Rocher Percé….

J’aimerais mettre au clair tout de suite que je n’ai absolument rien contre les hippies cégépiens qui se promènent avec des drapeaux des patriotes à chaque manif plus ou moins reliée à la cause et je n’ai rien non plus contre le Rocher Percé. Là n’est pas la question. Il est « ben beau », le Rocher Percé.

Ce qui est dommage, c’est que lorsqu’on entend parler de souveraineté, c’est par des gens qui aiment nous rappeler qu’elle n’est plus une priorité. Ça m’attriste. L’image de la souveraineté devrait arrêter d’être manipulée par ceux qui s’y opposent.

Dernier point : Je joue de la guitare.

Conclusion : Je suis une ostie de gratteuse de guitare, carré rouge, d’artiste, de mangeux de marde.

Passionnée, critique et enflammée, Kim participe à plusieurs soirées d’humour pour présenter son humour social et partager sa vision de la société, des humains, de la vie. Car derrière son air coquin et bon enfant, se cache une fille indignée, qui cherche à éveiller les esprits et vous faire rire!

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