Des nouvelles de moi (Gone Fishin’)

Ça doit être dans l’air. Ça fait plusieurs personnes que je vois, sur Facebook, dire des choses comme “Maudit que je suis tanné de Facebook”. Même les Stars Du Web semblent au bord de la crise.

Vous savez ce que vous pouvez faire? Arrêter d’y aller.

Je sais, c’est assez révolutionnaire comme idée. Mais ça se fait. Moi-même, je suis passé à deux doigts de commettre le fameux statut « tanné de Facebook », l’autre vendredi. Vraiment, j’ai rasé proche. Il était écrit, et tout: restait juste à cliquer sur Publier.

À la place, j’ai décidé de décrisser.

Mon Dieu que ça fait du bien.

Ne serait-ce que pour se rendre compte d’une chose: c’est follement rafraîchissant de lire un article et de ne pas avoir le réflexe de le partager avec un petit commentaire éditorial. C’est libérateur de ne pas se sentir obligé d’écrire quelque chose, d’être drôle, d’avoir une opinion, de prendre des photos d’où on est.  De dire qu’on est en train de vivre des affaires.

Je ne dis pas que tout le monde devrait faire ça. Attention. Ceci n’est pas un mode d’emploi.

Mais on dirait que la relation que certaines personnes ont avec Facebook se rapproche du syndrome de Stockholm. Sérieusement, si ça vous tanne: partez.

Je viens de passer 12 jours* sans aller sur Facebook, Twitter, Instagram, Foursquare, Vine, et même (surtout) Google+. J’y retourne aujourd’hui, et je n’ai grosso modo aucune idée de ce qui a pu se passer sur la Planète Internet™ depuis le 23 août.

Une chose qui m’a surpris, c’est la réaction de mes amis qui m’écrivaient (ailleurs) pour me parler. Certains me parlaient de potins Facebook (« on dirait qu’ils couchent ensemble, eux autres, tu devrais voir les commentaires qu’ils s’écrivent! »), d’autres me disaient qu’ils ont eu 100 likes sur un statut, encore d’autres m’ont dit que mon texte de la semaine passée s’était promené pas mal et avait parti de fous débats.

Et, pour vrai, je m’en contre-crissais. Comme quand un collègue (que t’as ajouté sur Facebook) vient te parler de ce qui se passe à la job pendant que t’es en voyage.

Voilà. C’est exactement ça: je filais comme si j’étais en vacances.

Malgré les potins, les statistiques et les comptes-rendus, une autre chose m’a surpris: tout le monde, sans exception, comprenait. Et la plupart, apprenant la raison de mon absence apparente, m’ont répondu quelque chose comme « Ouais, je songe à faire ça aussi, j’suis pus capable. »

Ça m’a rappelé l’an passé, à peu près à la même date; au retour du FME, j’ai décidé d’arrêter de boire. Sans date déterminée, sans but précis, sans objectif ni raison particulière: juste, voir si jamais ça se pouvait, ne pas boire une goutte d’alcool, et continuer à vivre normalement en société. Et c’est étonnant à quel point c’est difficile: on a tendance à penser qu’il n’y a que les alcooliques qui « arrêtent de boire »; que si on n’a pas de « problème de boisson », ce serait vraiment une drôle d’idée que de ne pas prendre une pinte quand on est entre amis. Le regard qu’on me lançait quand je commandais un Coke dans un bar! Quelque chose comme la pitié, ou plus précisément: la commisération. « Ah ouain, t’as arrêté de boire… ben, good for you…» Pourquoi, donc? Est-ce qu’on pense que quelqu’un devient végétarien parce qu’il a un problème de viande?

Je ne crois pas qu’il existe, réellement et concrètement, une « dépendance aux médias sociaux ». Je ne crois pas que des gens soient accro, qu’on puisse vraiment avoir un problème de Facebook.

Pourquoi, alors, est-ce si libérateur de vivre deux semaines sans réseaux sociaux? Pourquoi, quand les gens (#lesgens) annoncent sur Facebook qu’ils partent en vacances dans le bois, la plupart ajoutent « Pus d’internet! Enfin! »? En complémentaire, pourquoi est-ce que je vois passer au moins dix statuts d’écoeuré-de-Facebook par jour, et souvent par les mêmes personnes, qui ne désactivent jamais leur compte?

Gang. Je vais le redire encore: vous avez le droit de ne pas être là. Vous avez le droit de sauter une semaine, ou cinq. Pas obligé d’être en fin de session, perdu en forêt, dans le coma ou en dépression nerveuse profonde. Vous savez quoi? La plupart des gens ne s’en rendront même pas compte.

Ce n’est pas moi qui vous dira d’aller jouer dehors au lieu d’attendre les likes ou qui vous lancera des platitudes comme « la vraie vie n’est pas sur internet ». Ce que je vais vous dire, par contre, c’est, s’il-vous-plaît, d’arrêter de vous plaindre des médias sociaux, sur les médias sociaux. Prenez un break, si c’est ça que ça vous prend. Désactivez les notifications sur votre cellulaire, si vous trouvez ça rushant.

Personne ne vous en voudra.

—-
*: Exception/disclaimer: Je m’y suis rendu à quelques reprises, pour la job. J’en ai profité pour répondre à mes messages inbox. Vous avez le droit de penser que ça annule mon « sevrage » si ça vous fait plaisir.

Chu crissement sweet.

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