Des guns sur Tinder, ça passe ou pas ?

Discussion sur cette nouvelle tendance avec une chasseuse.

J’ai délaissé l’univers Tinder depuis un bout. Principalement parce que je ne sais pas jouer la game de cruise, mais aussi parce que les seules personnes à qui je donnais des super likes c’était mes amis, pour rire.

Dans mes derniers moments de swipage, je remarquais par contre quelques hommes qui s’affichaient sans vergogne avec leur arme à feu. Quand je traversais la frontière vers les États-Unis, le «quelques» passait à «plusieurs».

Cette tendance serait en fait l’avènement de la «glamourisation» des armes à feu chez les milléniauxs, selon un article du Washington Post. Ces cas de figure seraient plus marginaux dans la belle province, comme en témoigne notre sondage Instagram zéro scientifique (mais ayant quand même plus de 500 répondants).

Notre communauté penche dans le même sens et avoue être très peu «turn on» par une fille ou un gars photographié.e tirant du gun dans une prairie. À 79%, ils «swiperaient à gauche», comme on dit.

J’ai voulu savoir ce qu’en pensait Véronique Lévesque, présidente de Buck Hunter et panéliste lors du dernier épisode de Zone Franche qui abordait le contrôle des armes à feu. Pour elle, les personnes qui se photographient avec leur fusil le font parce que l’arme fait partie de leur quotidien. «Pour eux, c’est un outil aussi normal que d’avoir une auto. Pour les chasseurs ou les adeptes de champs de tirs, c’est très naturel de faire valoir leur sport, leur loisir. Ils ne veulent pas provoquer.»

Pour la majorité, il semble quand même y avoir un monde qui sépare le soccer, le hockey ou tout autre sport, de la chasse et des champs de tirs. C’est probablement ce qui explique qu’aussi peu de gens de notre communauté sont prêts à donner une chance sur Tinder à ces adeptes d’armes à feu. Véronique croit que ça s’expliquerait surtout par une méconnaissance de cet univers. «Une personne qui ne connait pas du tout les armes à feu, qui s’est fait dire qu’un fusil peut être dangereux ou qui a vécu un drame de près ou de loin peut être réticente envers les adeptes des armes.»

« Pour les chasseurs ou les adeptes de champs de tirs, c’est très naturel de faire valoir leur sport, leur loisir. Ils ne veulent pas provoquer. »

Certains, comme exprimé dans l’article du Washington Post, vont plus loin et s’affichent dans des positions aguichantes en compagnie de leurs amies les armes à feu. Séduction ou dérapage? Véronique croit que ces photos répondent à des fantasmes et ne sont pas synonymes de glamourisation. «Si on parle du portrait typique de la fille super sexy avec une arme à feu, oui, c’est sûr que ça peut attirer les gars qui aiment ça. Mais je pense que c’est aussi minime que des gens qui veulent être sexy avec une canne à pêche. Ça dépend quel créneau te plait. Ça répond à un fantasme que certaines personnes peuvent avoir, mais je ne pense pas que ça représente un danger si les gens sont bien éduqués.»

Les armes à feu, leur utilisation et leur législation demeurent un sujet qui divise et qui soulève les passions. Si vous avez envie d’entendre tous les points de vues, vous pouvez réécouter l’épisode de Zone franche de jeudi dernier sur Télé-Québec.

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