Des filles et de la salsa

Vendredi soir, je me suis retrouvée dans un party dans Rosemont. Un chouette party, où tout se déroulait comme prévu, jusqu’à ce qu’une des invités vienne voir l’hôte pour lui demander : «S’cuse, t’aurais pas de la salsa sur ton iPod par hasard?» La fille correspondait exactement à ce que j’appelle (avec toute la condescendance du monde) le type «salsa». 1- Elle portait du synthétique. 2- Elle portait des vêtements équitables/en coton bio achetés a) chez Belle et Rebelle à la Plaza St-Hubert ou b) chez Smart Set. 3- Elle avait des cheveux auburn et une belle petite coupe «funky» agrémentée de pommade. 4- Elle avait des boucles d’oreilles, ainsi qu’un collier en bois et en plumes, fabriqués par un designer québécois. 5- Elle avait voyagé au Costa Rica en 2003, avec un guide de voyage dûment annoté sous le bras. À mon grand bonheur, l’hôte n’avait pas de salsa sur son iPod.  Ça tombait bien. Je hais la salsa. Ce n’est pas une question de rythme, de snobisme ou d’aversion profonde pour tout ce qui ne joue pas à CISM. Non. Je hais la salsa pour tout ce qu’elle représente : ce que je ne veux pas être et que j’ai peur de devenir. Une de ces filles contrôlantes qui oblige son chum à suivre des cours de salsa avec elle dans des locaux sans air conditionné du Plateau Mont-Royal; qui est tellement fière d’arriver avec un partenaire sous le bras, devant la horde de célibataires qui prennent des cours de salsa pour rencontrer l’amour avec un grand S et qui se retrouvent à danser avec une autre fille faute de gars; qui prenne le contrôle pendant la danse et qui compte à haute voix «1-2-3-4», même si c’est le gars qui doit leader ; qui se déhanche en pensant qu’elle est sexy ; qui est fière de montrer les nouveaux pas qu’elle a appris le mardi matin aux filles du bureau; qui achète sûrement les produits nettoyants qui vont avec la paire de souliers en cuir quand elle va chez Aldo. Mais ça, c’est une autre histoire. Un jour, quand je serai grande, je serai probablement du «type salsa» moi aussi. En attendant, j’aime mieux pratiquer mes vieux moves de macarena.

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