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URBANIA et la Faculté de génie de l’Université de Sherbrooke s’unissent pour vous présenter deux diplômées en génie de l’UdeS au parcours remarquable.
Au chapitre des programmes en génie, la Faculté de génie de l’Université de Sherbrooke constitue l’un des plus grands pôles de recherche et de formation au Canada. Il suffit d’arpenter les rues du campus pour remarquer l’importance de cette faculté émérite à l’aura décomplexée. Et ses étudiantes, qui de jour se donnent corps et âme à leurs travaux, bravent fièrement les soirées, bandanas émeraude au cou. Car il faut dire qu’à Sherbrooke, les étudiantes en génie ne font jamais dans la demi-mesure – et Gwénaëlle Hamon et Gabrielle Richer en sont de parfaits exemples.
Gwénaëlle Hamon a quitté la France fin 2018 pour faire son postdoctorat à l’Institut interdisciplinaire d’innovation technologique de l’Université de Sherbrooke (3IT). Se spécialisant dans la microfabrication de cellules solaires pour panneaux solaires, cette passionnée d’astronomie et de sciences s’est vite taillé une place en recherche et développement de matériaux pour la création d’énergies renouvelables. Aujourd’hui, elle annonce, sourire aux lèvres, qu’elle deviendra professeure à l’Université de Sherbrooke cette année, une étape toute naturelle dans son parcours. Ce poste lui permettra à la fois de poursuivre ses activités de recherche et de guider de nouveaux étudiants dans les programmes de génie électrique et de génie informatique.
Gabrielle Richer est quant à elle arrivée à l’Université de Sherbrooke en 2017 afin d’entreprendre son baccalauréat en génie mécanique avec concentration en bio-ingénierie. Fraîchement diplômée, elle a eu la chance de contribuer à plusieurs innovations en santé et de faire le pont entre ses passions pour la médecine et l’ingénierie durant son stage, en travaillant sur un robot ayant comme mission d’assister une équipe de chirurgie lors d’opérations au genou.
«Les études sur les femmes en entreprise et dans certains domaines plus masculins le démontrent : il faut développer sa confiance en soi.»
Gabrielle a également planché sur le développement de bâtons de hockey ergonomiques, en plus d’avoir adapté un véhicule tout-terrain afin qu’il serve à des soins préhospitaliers d’urgence pour des applications militaires dans le cadre de son projet de fin de baccalauréat. Étudiante aux multiples champs d’intérêt, elle s’est également impliquée à fond dans les Jeux de Génie et en est sortie médaille au cou, une expérience qu’elle souhaite à quiconque étudie en génie!
Sur le marché du travail, Gwénaëlle dit qu’elle s’est rarement retrouvée dans des situations où le fait d’être une femme a eu un impact sur la manière dont son expertise a été perçue au sein d’une équipe. Son arrière-grand-mère, qui fut elle-même une pionnière en devenant ingénieure en 1922, l’a inspirée tout au long de ses études. Gwénaëlle souligne tout de même avoir vu un changement de mentalité s’opérer ces dernières années. Certains comportements ne passent plus aujourd’hui, et la communauté est beaucoup plus conscientisée aux enjeux d’équité dans les milieux d’apprentissage et de travail.
La chercheuse conseille aux jeunes femmes qui s’intéressent au monde du génie de se lancer : « Les études sur les femmes en entreprise et dans certains domaines plus masculins le démontrent : il faut développer sa confiance en soi. Beaucoup de femmes ont tendance à remarquer les gens super forts et bons, qui ont l’air intelligents et qui se présentent bien, et elles se disent qu’en comparaison, elles ne sont pas à la hauteur, ou alors qu’il leur est inutile d’essayer de l’être. Le premier conseil que je leur donnerais, c’est d’aller au-delà de cette petite voix, de passer par-dessus, et de foncer! Souvent la seule chose qui les distingue de ces personnes qu’elles admirent est la confiance que ces dernières ont en elles-mêmes. »
«On dit souvent que c’est dur d’être une femme en génie, mais on oublie souvent de dire que c’est le fun aussi.»
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Dans le même ordre d’idée, Gwénaëlle dit être très sensible à la prise de parole de chacun, homme ou femme, lors de réunions. Lorsqu’une personne coupe la parole à une autre, elle tente de s’en souvenir et de relancer le propos interrompu plus tard afin que tous puissent s’exprimer équitablement. Elle croit qu’il est de la responsabilité de tous de porter attention à ce genre de situation, susceptible de nuire à la cohésion et à la performance d’une équipe de travail.
Tout cela étant dit, Gwénaëlle et Gabrielle admettent qu’entrer dans un programme de génie est encore parfois intimidant pour une femme. « Mon principal défi a été de m’y faire une place et de prouver que j’avais raison d’être là. On dit souvent que c’est dur d’être une femme en génie, mais on oublie souvent de dire que c’est le fun aussi. Pour moi, être one of the boys, d’égale à égal, c’est montrer que je suis en mesure d’en faire autant que les autres, sinon plus! », déclare Gabrielle. L’ingénieure donne l’exemple de la façon dont elle a partagé avec ses collègues les tâches des projets à réaliser : « Il faut s’imposer comme les autres et se charger des parties de projets qui nous intéressent vraiment. Il ne faut surtout pas attendre qu’on nous laisse seulement l’introduction, la conclusion ou la mise en page. Il n’y a personne de mieux placé que soi-même pour prouver qu’on est apte à faire le même travail qu’un autre. Je crois qu’il est important que les femmes montrent qu’elles désirent être traitées de façon égale. »
Gabrielle ajoute qu’étrangement, à son arrivée au baccalauréat, les filles de sa classe n’osaient pas se parler entre elles. Plus tard, elles se sont finalement rencontrées en bonne et due forme et, au fil des discussions, se sont rendu compte qu’elles avaient toutes les mêmes craintes. Avec le recul, elles estiment qu’elles auraient dû se parler plus tôt, pour développer la camaraderie qui s’est créée par la suite. D’ailleurs, à Sherbrooke, il existe un club étudiant où tisser des liens entre consœurs, Génie au féminin.
Gwénaëlle et Gabrielle souhaitent voir plus de femmes s’inscrire dans des programmes de génie. Elles ne sont pas les seules. L’Ordre des ingénieurs du Canada s’est fixé l’objectif d’augmenter à 30 % la proportion de femmes en génie d’ici 2030. Et la Chaire pour les femmes en science et en génie au Québec, instaurée en 2015, vise également à accroître le recrutement, la rétention et la progression des femmes en science et en génie afin de contrer le problème de sous-représentation féminine dans le domaine.
Nos deux passionnées de l’ingénierie sont la preuve que les femmes ont tout à gagner à poursuivre leurs études en science et en génie. Bien qu’il y ait encore du travail à faire pour atteindre l’objectif de l’Ordre des ingénieurs, les deux femmes voient l’avenir avec optimisme. Selon elles, les femmes doivent prendre leur place en génie. Elles doivent aussi croire en elles et en ce qu’elles peuvent faire pour contribuer aussi bien au développement du monde scientifique qu’à celui de la société en général.