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Avez-vous déjà entendu le terme babymoon? Non, ce n’est pas le pendant nocturne du bébé dans le soleil des Télétubbies. Ça désigne plutôt le voyage que font de futurs parents avant l’arrivée de leur nouveau-né. C’est comme une lune de miel, mais en faisant la cuillère avec un oreiller de grossesse plutôt qu’avec l’être cher.
Depuis quelques années, la pratique est en hausse de popularité. La preuve : sur TikTok, plus de 65 000 publications sont affublées du mot-clic #babymoon.
Mais au-delà de flasher votre vie parfaite sur les réseaux sociaux pour impressionner des amis que vous n’avez pas vu depuis le secondaire, ça sert à quoi, un babymoon? Est-ce réellement bénéfique pour les futurs parents ou est-ce une autre invention de l’industrie touristique pour faire du cash sur le dos de pauvres voyageurs crédules?
J’ai mené ma petite enquête.
Le terme babymoon est apparu au milieu des années 1990. C’est l’autrice et anthropologue Sheila Kitzinger qui aurait été la première à l’utiliser dans son livre The Year After Childbirth pour décrire les moments magiques que les parents passent avec leur bébé après sa naissance. (Après tout, quoi de plus magique que le méconium et les nuits blanches?)
Ce n’est qu’une quinzaine d’années plus tard que l’expression est devenue synonyme de voyage pré-accouchement, propulsée par les escapades médiatisées de vedettes enceintes dans des destinations exotiques.
En 2013, le prince William et Kate Middleton ont fait les manchettes avec leur séjour dans une villa à 40 000 $ par semaine sur une île privée des Caraïbes. Les Kardashian, Beyoncé et d’innombrables stars ont aussi succombé à l’appel de l’étranger pour leurs derniers moments à deux.
Un chroniqueur du magazine d’actualité The Week décrit d’ailleurs le terme babymoon comme « un truc ridicule que les couples qui attendent un bébé font quand ils sont riches et célèbres ». Pas amer du tout, le dude.
Mais peu à peu, le babymoon est passé de privilège de riche à pratique courante pour monsieur et madame Tout-le-Monde.
Il y a quelques années, un article de La Presse mentionnait qu’entre « 38 et 59 % des futurs parents s’accordent une lune de miel prénatale ».
Même Google Trends le confirme : depuis le milieu des années 2000, l’intérêt pour le terme babymoon est en croissance constante, malgré un creux en 2020 pour des raisons évidentes (*tousse tousse* la COVID).
Vous avez décidé de partir en babymoon, mais ne savez pas trop par où commencer? S’il y a une chose sur laquelle tous les experts s’entendent, c’est que le deuxième trimestre (entre la 14e et la 27e semaine de grossesse) est le meilleur moment pour voyager.
Au premier trimestre, la fatigue et les nausées pourraient transformer votre escapade de rêve en cauchemar éveillé et au troisième, les inconforts physiques et les risques de complications devraient être suffisants pour vous inciter à ne pas trop vous éloigner de chez vous.
Remarquez, accoucher d’urgence au Louvre devant la Mona Lisa vous garantirait la meilleure anecdote de party jusqu’à la fin de vos jours.
Par ailleurs, pas besoin d’aller loin pour un babymoon réussi. Des vacances à la maison ou une fin de semaine dans un chalet à moins d’une heure de route peuvent très bien faire l’affaire. C’est pas tout le monde qui peut compter sur des siècles de fortune familiale accumulée comme Will et Kate.
Mais peu importe où vous allez, parlez-en d’abord avec votre médecin pour vous assurer que votre voyage est sans risque pour bébé.
Et le plus important (si on se fie au fait que pratiquement chaque source consultée pour la rédaction de cet article en parle) : n’oubliez pas vos bas de contention.
Alors, le babymoon : gimmick marketing ou incontournable avant de passer de duo à trio?
D’un côté, difficile de ne pas être cynique quand on voit des forfaits babymoon à 2000 $ la nuit qui incluent une séance de soins énergétiques avec la pierre du mois de naissance de votre bébé.
De l’autre, c’est l’occasion de vivre un dernier moment de calme avant la tempête. On oublie à quel point ça peut être précieux de se lever à l’heure qu’on veut et de manger chaud.
Une fois bébé arrivé, la vie de couple passe souvent au second plan. Un babymoon permet de se recentrer sur l’autre, de renforcer les liens et de décrocher un brin des préparatifs en vue de l’arrivée de l’enfant.
Vous pouvez même en profiter pour discuter de prénoms potentiels dans un environnement calme et sans jugement, loin des « Ah, c’est original… » de votre mère ou des « Vous avez pensé à Marie-Steve? » de votre oncle.
En bout de ligne, c’est à vous de décider si vous avez le temps, le budget ou même l’intérêt pour partir en babymoon. Mais si vous allez de l’avant, n’oubliez surtout pas d’inclure le mot-clic #babymoon sous vos photos. Sinon, aussi bien rester chez vous.
Côté destination, vous avez l’embarras du choix. Vous pouvez prioriser le le dépaysement culturel dans une grande capitale ou y aller pour la farniente sur une plage des tropiques. Vous pouvez aussi faire une petite escapade en nature ou une retraite bien-être. Évitez par contre la Grande Bataille de Bicolline. Pas mal sûr que les combats d’épée, même en mousse, sont contre-indiqués pour les femmes enceintes.