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Démystifier les simulations boursières

Quand vendre des actions fictives devient le fun.

Par
Violette Cantin
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Les activités parascolaires universitaires les plus capitalistes sont assurément les simulations boursières. Une compétition, certes, mais aussi une activité d’apprentissage organisée par des passionné.e.s. Incursion dans les coulisses des simulations boursières de HEC Montréal.

Quelques recherches suffisent pour constater que la Simulation boursière interuniversitaire (SBIU), qui aura lieu le 20 mars prochain, est l’une des plus importantes du genre au Québec. Celle-ci est organisée par la Société de relations d’affaires de HEC Montréal, dont trois représentant.e.s m’ont accordé une entrevue.

Le déroulement

Pendant plus de 30 minutes, la présidente Alycia Brodeur-Charron, la vice-présidente Élisabeth Viau, et le vice-président financier Maxime Poiré ont répondu à mes questions avec le sourire aux lèvres. Leur générosité et leur enthousiasme manifeste pour la simulation contrastent avec le cliché poussiéreux de l’étudiant en finances un brin machiste qui veut faire fortune en vendant ses actions.

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L’équipe m’explique que l’activité se déroule sur une seule journée. Quatre trimestres d’une durée de 30 minutes chacun sont répartis à raison de deux le matin et de deux en après-midi, le tout entrecoupé d’activités comme des conférences ou même une séance de yoga. Après une édition en ligne l’année dernière – croyez-le ou non, c’était en raison de la pandémie! – le comité organisateur prévoit un retour en présentiel cette année et espère accueillir entre 250 et 300 concurrent.e.s.

Surprenant, mais vrai : il y a une part de théâtre dans l’événement. Trois personnes membres de l’organisation élaborent un « scénario » pendant toute l’année. Elles doivent créer dix entreprises dans lesquelles les participant.e.s pourront trader ainsi que des évènements qui affecteront les cycles économiques. Ça y est, la fiction rencontre l’économie.

Les mythes

Bien que le principe d’une simulation boursière puisse sembler intimidant, le comité organisateur tient à ce que l’événement soit le plus accessible possible. « La seule qualité requise, c’est de s’intéresser à la finance, on n’a même pas besoin de savoir vendre ou acheter des actions », explique le VP Financier Maxime Poirier.

« On fait le travail nécessaire pour que tout le monde se sente bienvenu », confirme la vice-présidente Élisabeth Viau, qui faisait aussi partie du comité organisateur de l’événement l’an dernier, alors formé presque exclusivement de femmes. « Quand on a travaillé sur une vidéo publicitaire l’année dernière, on a surtout mis des femmes en vedette », se souvient-elle.

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Dans un élan féministe spontané, je demande à la petite équipe si le milieu des finances est encore un boy’s club. « C’est encore dominé par les hommes, mais il faut des femmes en finances, on a une manière de réfléchir qui est différente. Et il y a de plus en plus de femmes dans des postes importants », me répond la présidente, Alycia Brodeur-Charron.

Les qualités requises

Qui de mieux placé pour instruire le public sur la manière de remporter une simulation boursière que le gagnant de la dernière édition? L’étudiant de HEC William Baril-Furino, qui s’oriente vers la comptabilité, n’a pas encore statué à savoir s’il défendrait son titre en mars prochain. Il a tout de même plusieurs conseils pour les futur.e.s participant.e.s.

Pour se démarquer lors d’une simulation, William mise sur la rapidité d’action. « Il faut avoir une capacité d’analyse et de synthèse avancée pour être en mesure de répondre à des situations qui évoluent extrêmement rapidement », mentionne-t-il. La bourse, ça se passe sous haute pression.

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Pour bien performer, il faut aussi bien se préparer. « Il est essentiel d’étudier en profondeur tous les titres avant le début de la simulation afin de prendre des décisions éclairées lorsque l’activité débute », recommande-t-il. Et moi qui croyais, après avoir vu The Wolf of Wall Street, qu’il ne fallait que quelques lignes de poudre et un yacht pour avoir du succès à la bourse…

Une option à plus petite échelle

La Simulation boursière interuniversitaire est certes l’une des plus imposantes au Québec, mais d’autres simulations à plus petite échelle existent pour qui veut débuter dans le monde de la bourse. C’est notamment le cas de la Simulation des marchés financiers organisée par HEConomie, un comité de HEC Montréal. Cette simulation se déroule entièrement en ligne du 15 au 19 novembre et regroupe environ 80 participant.e.s.

Le vice-président compétition de HEConomie, Maxime Amyot, est ravi d’organiser cette simulation. « J’adore le monde de la finance, donc ça suit mes intérêts », explique-t-il. Le président, Louis Vion, renchérit : « J’aime les réunions hebdomadaires avec notre comité, j’aime apporter de la richesse à la vie étudiante de l’école. »

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Au fond, les simulations boursières universitaires, c’est une gang de passionné.e.s qui trippent à créer un projet d’envergure ensemble.

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