Laurianne Poirier

Le déclin de l’empire Canadien

Assistons-nous à la lente agonie d’un mythe ?

Le Canadien aura une meilleure défensive, avait assuré Marc Bergevin. La fenêtre demeurait donc ouverte et un air de coupe Stanley nous chatouillait le nez. Or, à la mi-saison, il était évident que ça sentirait surtout la crotte de chien au printemps. Assistons-nous à la lente agonie d’un mythe[1] ? Enquête.


Cet article est tiré du Spécial
Nouveau Québécois du magazine URBANIA.

J’ai 40 ans et trois enfants – deux filles et un garçon – qui aiment le hockey. Mes souvenirs de l’époque glorieuse du Canadien remontent à 1986 et 1993 quand il a remporté la coupe Stanley. Les leurs se construisent à la lumière de ce que je leur raconte de la fin de cette période mythique, faute de succès récents pour nourrir l’imaginaire de cette grande institution.

Parlant d’imaginaire, ce tweet d’un influenceur québécois au sujet du Canadien, datant du 4 janvier 2017, a frappé le mien alors que j’amorçais mon enquête. Je le reproduis ici avec la permission de son auteur, qui n’a pas souhaité être identifié afin de se protéger contre la réception de nouvelles critiques haineuses venant de fans finis du Tricolore. C’est qu’il en a reçu beaucoup, souvent suivies des hashtags #fakefans et #bondébarras.

« C’est fait. Ça fait des années que je paye le gros forfait du câble juste pour avoir accès aux matchs du CH. On ne regarde presque pas la TV, mais à cause de mon intérêt pour le club, j’acceptais de débourser pour voir la Sainte-Flanelle. Avec des moves comme échanger P.K., ne pas signer Markov, mentir aux fans sur les blessures, bullshiter non-stop et perdre sans honneur, ils m’ont eu. Je viens d’annuler tous mes forfaits TV. Geoff Molson et sa gang ne recevront probablement pas de mémo au sujet de mon désintérêt, mais si moi, un fan depuis 1985, je jette l’éponge, c’est pas une super nouvelle pour une organisation qui jadis soulevait les passions et nous divertissait. »

Bon, on me dira qu’il s’agit d’un message comme les fans du Canadien en beau joualvert en écrivent des centaines par jour sur les réseaux sociaux. Vrai. En revanche, ce tweet ayant été liké 400 fois et retweeté 100 fois, j’y ai vu là le début, peut-être, d’une nouvelle étape : celle du fan qui passe de la parole aux actes et qui se dit qu’il en a assez vu, baswell.

Et puisqu’il s’agit d’une enquête, j’ai enquêté. J’ai écrit à cet homme afin de vérifier s’il s’était désabonné du câble pour vrai. Eh bien oui, il l’a fait. Du Canadien, il en a eu marre.

DIVORCE ENTAMÉ

J’ai écrit à Chantal Machabée, journaliste bien connue du monde sportif québécois, qui couvre les activités du Canadien pour le Réseau des sports (RDS) depuis des dizaines d’années. Je lui ai fait part du tweet en question, et je lui ai demandé si les fans et l’organisation du Canadien en était arrivés à un carrefour, voire même, sait-on jamais, à un point de rupture. « Les gestes d’impatience de la part de partisans à l’égard du Canadien ne sont pas une nouveauté, m’explique-t-elle. C’est fort possible, d’ailleurs, que ce fan se réabonne au câble si l’équipe connaît une bonne saison l’an prochain. » En revanche, du haut de son expérience, elle estime que c’est la première année où les gestes de mécontentement des amateurs sont si nombreux et si forts symboliquement. « Disons que c’est une année où la direction du Canadien et M. Geoff Molson doivent prendre conscience que ça s’en vient vraiment fragile. Auparavant, ç’a toujours été une relation d’amour inconditionnel, genre parents-enfants ; mais là, ça semble s’effriter et ça commence à ressembler au début d’un déclin. »

Les séparations de couple, ça se fait de même, hein. Quand les gens se rendent compte que ça ne se peut plus, ils s’éloignent.

Même son de cloche du côté du comédien Claude Legault, ardent partisan du Canadien depuis l’âge de cinq ans, qui ne se cache pas pour partager régulièrement sur Facebook son mécontentement envers ses favoris. Je lui ai aussi fait part du tweet. Il m’a répondu avec ses tripes. « Moi, je prends pour le Canadien depuis presque 50 ans. Faque je peux-tu te dire que ça me déchire de voir ce qui se passe avec mon club ? Tsé, je le comprends, le gars, de s’être désabonné du câble pour cette raison-là. Moi-même, je ne consacre plus aussi souvent qu’avant des soirées à les regarder jouer. Pire, des billets, j’en achète pu. J’y vais seulement quand on m’en donne. Pourtant, j’ai les moyens de m’en acheter. Je lui souhaite évidemment pas de malheur, au contraire même, parce que je suis un fan fini, mais je suis rendu désabusé de cette équipe-là et j’oserais même dire qu’elle ne me donne aucune chance de rêver à un avenir glorieux. Les séparations de couple, ça se fait de même, hein. Quand les gens se rendent compte que ça ne se peut plus, ils s’éloignent. Ben je suis en train de m’éloigner de cette équipe-là. Beaucoup. »

Et moi, dans tout ça ? Je dois dire que je regarde jouer de plus en plus souvent Toronto. En cachette. Mais je pourrais sortir du garde-robe bientôt.

 

C’ÉTAIT AU TEMPS DES CHANDAILS LAINEUX

À Radio-Canada, je travaille avec l’anthropologue et homme de radio Serge Bouchard ; nous coanimons l’émission d’idées et de réflexion C’est fou. Je sais qu’il est un redoutable partisan du Canadien et surtout un fin connaisseur de hockey. Pour ma petite enquête, je n’ai pas pu m’empêcher de lui demander ce qu’il pensait de cette hypothèse du déclin de l’empire Canadien.

« Ce qui se passe avec le Canadien, c’est ce qu’on observe au sein de beaucoup d’entreprises. À la tête de l’équipe, il semble y avoir des gens qui sont déconnectés de la valeur de la marque du Canadien, et insensibles au rêve et à l’imaginaire populaire. Ils sont assis sur un trésor qui brille encore, mais ils ne le voient plus. C’est un peu comme si un dirigeant de la marque Caramilk ignorait que cette barre de chocolat a une histoire, que les gens la trouvent bonne et qu’elle représente un élément puissant de l’imaginaire collectif des mangeurs de chocolat d’ici. Si ce dirigeant-là décidait un matin d’en modifier les ingrédients, sans en respecter la tradition, ou encore pire, s’il décidait d’en changer le nom pour Caramoulk parce que ça sonne mieux selon lui, ça se pourrait que les gens changent leurs habitudes de consommation de barres de chocolat. Pour revenir au Canadien, les joueurs n’ont pas encore changé d’uniforme, mais ils se sont installés depuis des années dans une posture de platitude sur la glace ainsi que dans leurs communications avec les fans. Si on n’est pas rendu au point de rupture, j’ai l’impression qu’on y touche du bout du bâton. Et j’en suis l’exemple parfait : je suis un fan inconditionnel et je commence à être écœuré très sérieusement. »

Lorsqu’on discute ensemble du Canadien, Serge Bouchard me met régulièrement au parfum des nouvelles de l’équipe. Untel reviendra au jeu plus tôt que prévu. La léthargie de l’autre est enfin terminée. Mais surtout, on l’entend souvent dire qu’il a vu Maurice Richard jouer au vieux Forum, et pas dans un match d’anciens Canadiens, à part de ça. Pour certains, ça pourrait sonner comme un hoquet, genre : c’était donc ben mieux dans le temps des six équipes.

Or, selon moi, Serge Bouchard touche la cible lorsqu’il regarde dans le rétroviseur de l’Histoire pour expliquer le déclin actuel de l’équipe. D’après lui, on peut même élargir la critique et faire l’hypothèse que c’est l’ensemble du jeu du hockey qui s’est transformé en 40 ans. « Qu’est-ce que tu veux… Moi, j’ai grandi là-dedans jusqu’en 1980. Le Canadien, mais c’était le cas des équipes en général, était fondé jusque-là sur des stratégies imaginatives et créatives. On n’en est plus là ! En fait, moi, j’affirme le contraire de tout ce que les amateurs actuels disent par rapport au hockey de l’ancien temps. Je les accuse d’être paresseux intellectuellement lorsqu’ils affirment que jadis, c’était pas des bons joueurs, que les gardiens n’étaient pas aussi alertes et que le jeu n’était pas aussi rapide. Parce qu’aujourd’hui, soyons honnêtes, on a inventé un autre jeu que celui que j’ai connu. Les patinoires sont trop petites pour la grosseur et la rapidité des joueurs ; les joueurs ne savent plus créer des jeux imaginatifs, mais appliquent simplement un système qui fait office de recette ; et les gardiens sont devenus des techniciens du bouchage de trous dans le filet. Des jeux de passe comme on en voyait dans le temps, ça n’existe plus, sauf en prolongation quand ça joue à 3 contre 3. Tout à coup, là, je retrouve le plaisir de regarder le hockey. »

SE SENTIR COMME UN FAN DES NORDIQUES

Parfois, et ce n’est même pas pour être baveux, je me dis que ça devait ressembler à ça être un fan des Nordiques à la fin des années 1980. L’équipe se vantait avec son slogan Le meilleur est à venir et pourtant, les saisons misérables s’accumulaient. En 1989-1990, l’équipe a même terminé la saison avec un maigre total de 31 points, soit le résultat de 12 victoires, 61 défaites et 7 matchs nuls.

« Haha ! Tu me fais rire », me dit l’humoriste Jean-Thomas Jobin, ancien fan des Nordiques, lorsque je lui demande au téléphone s’il voit des similitudes entre son ancienne équipe chouchou et le Canadien, qu’il suit assidûment, mais simplement faute d’un retour des Nordiques à Québec. « Voyons donc. C’est pas pareil pantoute. Cette année-là, la première ligne des Nordiques était formée du duo Tony Hrkac-Mike Hough et l’équipe avait fait jouer sept gardiens de but différents dans la saison. Sérieux, c’était un désastre. En fait, c’était carrément épouvantable d’être un fan ; il fallait aimer se faire violence. Là, chez le Canadien, on est quelque part entre le passé glorieux et les années de grande misère des Nordiques. Mais surtout, moi je pense que tout ça peut changer rapidement. D’abord, les fans sont trop des fans finis pour laisser tomber leur équipe. Ensuite, si la direction a réussi à défaire le club comme elle l’a défait en un été l’an dernier, ça peut revirer aussi vite de l’autre bord. Si RDS m’invitait à participer à l’émission L’Antichambre, je ferais une manchette positive du genre : “Oui, les partisans sont frustrés, mais avec une bonne direction et une bonne stratégie appliquée par la direction, ça pourrait revirer vite, mais en ce moment, on n’a pas les signaux comme quoi ça va revirer vite.” Haha ! Bon, c’est vraiment pas une bonne phrase pour une manchette, mais c’est l’idée que je voudrais communiquer. »

Et si on faisait le pari de l’optimisme de Jean-Thomas Jobin ? Qu’est-ce que ça prendrait, alors, pour que le vent tourne rapidement ? Claude Legault et Serge Bouchard avancent tout de suite l’idée entendue mille fois : l’importance d’un repêchage de qualité. Jean-Thomas Jobin rappelle une autre solution nécessaire aux yeux de tous les fans : trouver un vrai joueur de centre numéro un, lequel manque cruellement à l’équipe depuis le départ de Vincent Damphousse au cours de la saison 1998-1999.

Mais surtout, les trois évoquent l’idée que le Canadien devrait être plus transparent avec les amateurs. Claude Legault est le plus incisif à ce sujet : « Autant on nous bullshite en nous parlant de blessures au haut du corps alors qu’on sait tous que tel joueur, mettons, est blessé à la tête, autant on nous bulleshite solide en nous disant que la défensive de l’équipe de cette année est meilleure que celle de l’année passée alors qu’aucun fan n’observe ça sur la glace. À quoi ça sert de mentir à tes partisans si tu espères fidéliser ta clientèle, développer une bonne relation ? »

LA FRACTURE AVEC LES FANS

J’ai bien sûr eu envie de poser cette question à Geoff Molson, et quelques autres au sujet du passé mythique du Canadien et de la survie de ce mythe. Partage-t-il les inquiétudes des fans ? Croit-il encore au plan de Marc Bergevin ? Voici la réponse que j’ai reçue de la direction des communications de l’équipe : « Bonjour. Malheureusement, il ne sera pas possible de coordonner d’entrevues avec M. Molson pour votre article. Merci de votre compréhension. »

Jouer au hockey, ce n’est plus ce que fait le Canadien, aux yeux de Claude Legault.

Serge Bouchard croit qu’il n’y a rien de bien surprenant dans ce silence de la direction. Pas plus qu’il ne faut s’étonner de la manière avec laquelle elle s’adresse aux fans depuis des années. « En fait, faut quand même être honnête dans notre critique de cette équipe-là. Le Canadien est le reflet parfait de la société dans laquelle il évolue. Il se considère comme une entreprise privée, ce qu’il est évidemment, donc une entreprise qui n’a de comptes à rendre à personne. Or, le Canadien faisait jadis partie de la fibre identitaire du Québec et était en relation sociale avec ses amateurs. Non seulement ça, mais les joueurs, qui avaient l’honneur et le privilège de porter un jour l’uniforme, perdaient presque connaissance quand ils l’enfilaient pour la première fois.

Aujourd’hui, le Canadien ne véhicule plus aucune valeur morale positive d’appartenance ou de loyauté. L’objectif s’est atomisé : c’est le fameux 2 points que procure une victoire, that’s it. Et je n’ai rien dit du fait que chaque joueur joue pour lui-même et ses statistiques personnelles, en prévision de la négociation de son prochain contrat, qu’il souhaite toujours plus élévé. En fait, tu sais quoi ? Pire que l’empire du Canadien en déclin, chaque joueur est devenu lui-même un empire personnel. Le problème, c’est que le but numéro un – former une équipe – ne peut pas marcher dans un tel contexte.

Si, demain matin, on me donnait l’opportunité d’être le directeur général du Canadien, je vais te dire ce que je ferais. Avant même d’aller chercher un joueur de centre numéro un, je ferais un discours dans le vestiaire. Un discours très court, percutant, que je pourrais résumer de la façon suivante : “Vous jouez pour le Canadien de Montréal. Ça, ça veut dire que vous allez apprendre l’histoire de l’équipe. Vous allez également respecter l’équipe et la société dans laquelle vous évoluez. Ce qui veut aussi dire qu’à partir d’aujourd’hui, vous allez apprendre à parler le français. Pis on va vous soutenir là-dedans. Merci les gars. Maintenant, allez jouer au hockey.” »

LE 6 FÉVRIER 1993

Jouer au hockey, ce n’est plus ce que fait le Canadien, aux yeux de Claude Legault. Il doit changer de philosophie et revenir à la base : compter des buts et non pas jouer à essayer de ne pas s’en faire compter. « Tu vas peut-être trouver que c’est exagéré, mais non, je le crois vraiment. Personnellement, je n’aurais jamais resigné Carey Price. Il faut retrouver une équipe offensive. Le show que le Canadien offre à ses partisans avec un joueur de concession comme Carey Price, c’est celui d’un gars qui se fait bombarder à tous les soirs. Penses-y deux secondes : c’est quoi l’identité d’équipe que tu offres à tes partisans avec une philosophie comme ça ? C’est celle d’une équipe qui se défend en espérant ne pas se faire défoncer. Voyons donc, crisse. C’est de l’antispectacle. Pis sérieux, je me demande s’il y a pas des liens à faire avec notre identité comme peuple. »

Je pense que la date du 6 février 1993, sur le plan mythologique, demeure significative.

D’ailleurs, c’est assez fou quand on y pense : la fameuse émeute du Forum (voir encadré) représente pour plusieurs observateurs le début de la Révolution tranquille et voilà que là, se dessine une sorte de destruction mythique tranquille. Dans quelle mesure l’identité québécoise se trouverait affectée par l’effritement du mythe du Canadien, voire même par sa mort ? Il est sans doute trop tôt pour que la question ait véritablement un sens, mais on peut néanmoins faire l’hypothèse que ça laisserait des trous importants ici et là dans le tissu social québécois. Et même canadien. Youppi deviendrait-il la mascotte de l’Impact ? Les gens poseraient-ils des fanions des Alouettes sur leur voiture ? La ville deviendrait-elle F1 ? Oh boy. Ça, elle est l’est déjà une semaine par année et me semble que c’est en masse suffisant.

Pour les besoins de cette enquête, j’ai longtemps cherché ce qui symbolisait la fracture du mythe du Canadien. Bien sûr, on évoque généralement l’échange de Patrick Roy, en 1995, aux anciens Nordiques devenus l’Avalanche du Colorado. Mais je pense que la date du 6 février 1993, sur le plan mythologique, demeure plus significative. La coupe Stanley célébrait cette année-là son 100e anniversaire et le match des étoiles se déroulait à Montréal, dans le bon vieux Forum qui n’avait pas été encore «stripé» pour devenir un complexe archilaid de divertissement cinématographique.

Je revois encore au micro l’annonceur maison, Claude Mouton, fortement amaigri – il allait rendre l’âme un mois plus tard –, prononcer avec sa voix de stentor les noms de Guy Lafleur, Jean Béliveau et Maurice Richard. Le plan était le suivant : les trois héros du passé feraient un tour protocolaire sur la glace, la coupe Stanley tendue à bout de bras. L’honneur reviendrait à Maurice Richard d’ouvrir la parade.

Je me souviens des images à la télévision : alors âgé de 72 ans, et patinant difficilement, le Rocket est tombé en pleine face sur la glace du Forum avec la coupe Stanley dans les mains. Il s’est relevé péniblement et c’est à ce moment-là qu’on a découvert l’horreur : il y avait une bosse importante à la base du précieux trophée. La coupe Stanley a fait le tour de la glace du Forum au bout des bras meurtris de ces héros, certes, mais surtout, ce qu’on voyait en gros plan, c’était cette bosse.

Je pense que l’institution du Canadien est devenue ce jour-là une organisation. Elle a cessé de carburer à l’honneur et à la transcendance pour se laisser guider par le spectacle. Maurice Richard s’est retrouvé pris au piège d’une exposition ethnologique nouveau genre : le Rocket s’était transformé en animal de cirque et avait tenté de faire tourner la coupe Stanley sur son nez.

Et si l’année 1993 était la dernière année où le Canadien avait gagné la coupe Stanley à tout jamais ? Je pense qu’on tient là une nouvelle mythologie : la malédiction du Rocket.

L’HISTOIRE MYTHOLOGIQUE DU CANADIEN EN 7 DATES

1909 : Match fondateur du mythe (1er match, 1re victoire de 7-6)

Édouard Charles « Newsy » Lalonde, première vedette du club, enfile 2 buts.

Années 1950 : 6 coupes Stanley

Dont 5 consécutives : 1955-1956, 1956-1957, 1957-1958, 1958-1959, 1959-1960.

1955 : Émeute du Forum (aussi appelée émeute Maurice Richard)

Le 13 mars 1955, après avoir frappé un juge de ligne, Maurice Richard est suspendu pour la fin de la saison et les séries éliminatoires. Le 17 mars, les partisans profitent de la présence du président de la Ligue nationale de hockey au Forum de Montréal pour manifester brutalement leur désaccord avec la décision. Plusieurs observateurs considèrent cette émeute comme le début de la Révolution tranquille.

Années 1970 : 6 coupes Stanley

Larry Pleau, le seul Pleau de l’histoire du Canadien, remporte la coupe avec l’équipe en 1970-1971.

1993 : Début de la malédiction du Rocket ?

Maurice Richard tombe en pleine face sur la glace du Forum, la coupe dans les mains.

2016 : P.K. Subban échangé à Nashville

Dans le monde du sport, on appelle ça un trade de marde.

2018 : Mort du mythe du Canadien ?

Faudrait appeler Ron Fournier pour savoir ce qu’il en pense.

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[1] Je n’entends pas ici par mythe l’opposé de la réalité, comme dans la fameuse expression « mythe ou réalité », mais simplement une parole, au sens du philosophe Roland Barthes, voire un récit qui relate des faits à connotations historiques et qui ont été magnifiés par l’imaginaire.

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