Camille Gladu-Drouin

Dans les coulisses du Cabaret biodégradable 2.0

Lecture humoristique de biographies de has-been.

Quand on m’a envoyé couvrir le « Cabaret Bio Dégradable 2.0 », je pensais assister à un événement poétique sur le compost. Mais c’est (heureusement) pas ça pantoute! Il s’agit en fait d’un cabaret humoristique où des comédien.ne.s lisent les extraits des pires biographies de vedettes.

Durant la soirée, on baigne dans le deuxième degré en riant des has-been, mais surtout, des souvenirs parfaitement insignifiants qu’ils ont jugés bons de publier dans leurs mémoires. Par exemple, on ne peut s’empêcher de s’esclaffer en entendant cet extrait de la biographie de Marie-Chantal Toupin : « Ce n’est qu’à l’âge de 16 ans que j’ai mangé du brocoli pour la première fois. » Ça vous donne une idée du genre de lieu commun auquel on aura droit.

500 biographies à lire

Je rejoins l’équipe pour souper au Petit Extra, le restaurant adjacent au Lion d’Or, salle où a lieu le spectacle. Le producteur, Didier Morissonneau, est immensément fier de me parler de ce show qu’il a créé il y a plus de 10 ans. « J’ai lu au-dessus de 500 biographies avant de choisir celles qui font partie du spectacle », me confie-t-il.

Peu à peu les comédiens se joignent à nous pour souper. Certains sont des habitués, d’autres, comme Geneviève Schmidt, en sont à leur première participation à la soirée. Entre deux bouchées de bavette, elle avoue avoir lu son texte 2-3 fois, mais ne pas s’être préparée outre mesure.

Tout le monde la rassure rapidement : le but est d’interpréter les extraits de façon réaliste pour que l’humour ressorte du texte. Les biographies ne sont pas délibérément drôles, c’est de les lire sérieusement qui fait ressortir l’absurdité d’avoir publié de telles idioties.

On sort de table vers 19 h 40, 20 minutes seulement avant le début du spectacle. Aussitôt arrivés dans la loge, les comédiens empoignent chacun leur vieux livre annoté sur lequel se trouve encore l’étiquette orange 1,99 $ du (feu) Colisée du livre. Tous sont relaxes et s’amusent en se lisant les uns, les autres des extraits qu’ils auront à jouer.

Tout le monde veut voir le show

Quand le spectacle commence, presque tous les comédiens s’entassent en coulisses pour entendre leurs collègues. Le format de la soirée est simple : chaque acteur arrive sur scène sans déguisement, s’installe derrière le micro et montre la couverture du livre qu’il va lire.

Il se présente en tant que personnage, par exemple « Je suis Éliane Gamache Latourelle » et ça part. Rien de compliqué. Au fond, cette soirée c’est un cabaret littéraire, mais sans le balai dans le cul!

Je ris fort à de nombreuses reprises. Deux légers bémols toutefois : les transitions entre les bios pour remettre en contexte les « biographiés » à venir, bien que nécessaires (surtout pour les gens comme moi qui ne savent pas c’est qui Andrée Boucher) gagneraient à être plus courtes afin de garder le rythme ET j’aurais été curieuse de voir plus de biographies récentes au menu.

Des gros noms dans la salle

Après deux lectures, je vais m’asseoir dans la salle pour sentir la vibe, mais aussi parce que les coulisses sont minuscules et que tous les comédiens y restent pour se bidonner devant l’interprétation de leurs collègues. Dans le public, j’entends fréquemment de sonores « Ben voyons! » et des « Ça s’peut pas! » L’ambiance est sans contredit festive!

Dans la salle, je spotte Denys Arcand, Éric-Emmanuel Schmidt et Phil Bond qui rient à l’unisson. Faut croire que ça a quelque chose d’universel, les écrits d’une ancienne lofteuse. Durant l’entracte, Phil Bond descend voir les comédiens pour les féliciter : « Ça me fait chier, ça rit plus que dans un show d’humour! »

Et il a raison : on assiste à un événement kitsch et décontracté où on rit à en avoir mal aux joues. Même après onze textes, on n’en revient toujours pas que des arbres aient été coupés pour publier de telles conneries.

Fait cocasse à ce sujet : une partie des profits de la soirée est remise à la fondation Arbres Canada pour s’excuser au nom des artistes d’avoir tué autant de feuillus pour imprimer leurs insignifiantes biographies.

Si ça vous tente de sortir votre deuxième degré et votre côté moqueur, le Cabaret se produira de nouveau au Lion d’Or le samedi 18 mai prochain à 20 h.

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