Derek Branscombe

Daniela Andrade : entre covers musicaux et histoire d’amour

Arriver à percer dans le milieu de la musique en se faisant connaître par des covers, est-ce possible? Daniela Andrade n’avait que 16 ans lorsqu’elle a commencé à diffuser ses performances acoustiques sur sa chaîne YouTube. La jeune auteure-compositrice-interprète originaire d’Edmonton n’a pas tardé à se faire connaître pour ses reprises doucereuses de hits populaires d’artistes tels que Radiohead, Beyoncé, Drake et Nirvana.

Aujourd’hui, elle compte plus d’un million d’abonnés sur YouTube et approche les 300 millions de vues sur ses vidéos (rien que ça!). Elle s’apprête à partir en tournée pour lancer son projet personnel, Shore, un EP imagé relatant les derniers moments d’une histoire d’amour qui sera dévoilé au Centre Phi le 15 juillet!

URBANIA a profité de ce lancement pour jaser avec cette jeune étoile montante.

Penses-tu que c’est une bonne idée de faire des covers de chansons connues sur YouTube dans l’espoir de lancer sa carrière musicale?
Il existe beaucoup d’histoires uniques de gens qui finissent par faire de leur passion un métier. Les débuts de certains ne pourraient pas nécessairement être qualifiés de “réussis”, mais il existe plus d’une façon de faire les choses, particulièrement dans les domaines créatifs. Dans mon cas, chanter a toujours fait partie de ma vie.

Au-delà des accords, ces chansons que j’interprétais revêtaient pour moi une signification toute particulière. La progression a été naturelle chez moi; c’est en écoutant de la musique et en lisant des livres que j’ai développé ma manière de penser ainsi qu’un style d’écriture musicale bien à moi. Je n’aurais vraiment pas pu demander mieux comme parcours professionnel.

Carol Vernallis, chercheuse au département de musique de l’université Stanford, et auteure du livre intitulé Unruly Media: YouTube, Music Video, and the New Digital Cinema, soutient que les musiciens qui font des reprises de chansons ont du succès justement parce qu’ils ne possèdent pas l’originalité qui caractérise les chanteurs populaires. Que penses-tu de ça?
Je crois que c’est de la généralisation; je ne suis pas vraiment d’accord avec elle. Dans le domaine des arts, c’est particulièrement difficile de dire si quelqu’un réussit grâce à son talent, ses efforts ou ses années de pratique. Je connais beaucoup de musiciens et autres créatifs qui possèdent une combinaison de ces trois éléments, alors que d’autres n’en possèdent qu’un.

Pour ce qui est de déterminer l’individualité d’un artiste, c’est vraiment davantage une question de perception. Les musiciens qui font des reprises ont du succès auprès de gens qui les trouvent fascinants. Je peux comprendre qu’on stigmatise les musiciens qui font des reprises parce qu’on a l’impression qu’ils copient les chansons des autres par manque d’originalité. Cela dit, il y a aussi des artistes que j’admire énormément, comme Nina Simone, Ella Fitzgerald et Louis Armstrong, qui ont eux aussi déjà repris les chansons des autres. Ces artistes ont eu une influence durable parce qu’ils chantaient avec leurs tripes.

Pour moi, tout est une question de pourquoi tu fais ce que tu fais. Qu’il s’agisse de chanter ou n’importe quoi d’autre, quand ta motivation vient du plus profond de toi-même, il en émanera toujours une vérité qui est indéniable et magnétique.

Tu partages ton temps entre Toronto et Montréal. De quel côté ton cœur penche-t-il?
Ces deux villes sont spéciales pour différentes raisons. Montréal, c’est l’endroit où je suis né et où j’ai enregistré mon EP, donc j’ai un grand sentiment d’appartenance pour cette ville. Toronto est la ville qui m’a permis de m’émanciper du nid familial et d’explorer mon indépendance. Quand je vais à Toronto, je me sens toujours prête à suivre la cadence rapide de cette ville avec enthousiasme. En même temps, ma petite rue tranquille du Plateau plane toujours dans mon esprit.

Tu vas bientôt sortir Shore, ton premier EP de chansons originales, un genre d’album visuel à la Beyoncé. Penses-tu que de nos jours, la musique et les images sont devenues indissociables?
J’adorais regarder les nouveaux vidéoclips qui passaient à MuchMusic quand j’étais adolescente. Fouiller sur YouTube pour trouver une chanson m’a toujours aidé à mieux comprendre la musique que j’écoutais, ou du moins ça m’a toujours donné envie d’essayer de comprendre. Ces temps-ci, je trouve ça formidable de voir de plus en plus de chansons accompagnées de visuels. Ça rend l’expérience plus complète pour moi. Pour Shore en particulier, les chansons ont pris cette forme dans ma tête et il était important pour moi qu’elles soient représentées comme telles.

Dans les vidéoclips qui accompagnent les 4 chansons de ton EP, tu parles des derniers moments d’une relation amoureuse. Qu’est-ce qui t’a inspiré?
Dans le passé, j’ai été dans une relation avec quelqu’un dont la vie prenait une tout autre direction; nous étions en train de devenir deux personnes complètement différentes. C’était comme tirer la plogue sur quelque chose qui avait une fin inévitable. Il fallait accepter ce qui se passait pour pouvoir résoudre la situation et passer à autre chose. C’est de là que j’ai eu l’idée de parler de “désamour” d’une façon qui n’était pas littérale, parce que ce n’est pas aussi simple que de ressentir la colère, la trahison, la tristesse ou la déception. Tu peux parfois ressentir tout ça en même temps quand tu quittes quelqu’un.

Quelles sont tes attentes par rapport au dernier show de cette tournée, qui se déroulera au Centre Phi, à Montréal?
Cette tournée est une manière bien spéciale pour toute mon équipe et moi de souligner et de célébrer le travail de la dernière année. C’était important pour moi de pouvoir remercier tous les gens qui ont participé au projet, y compris les fans qui viennent nous voir en spectacle.

Montréal, c’est vraiment l’endroit rêvé pour finir la tournée. 

Pour lire une autre entrevue d’Ariane Brien-Legault : “L’apnée, mais sans les p’tits dauphins et poissons souriants”

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