C’tu normal si… j’ai 30 ans et j’ai des problèmes érectiles ?

Vous avez des questions ? Julie a des réponses !

Salut Julie,

J’ai 30 ans et je suis célibataire, ça fait un an. Je freak à rencontrer quelqu’un parce qu’avec mon ex, j’avais des gros problèmes à avoir des érections pis je ne veux pas que ça se reproduise avec une autre fille. Là je flirte pas mal, mais chaque fois je choke si c’est pour aller plus loin.

D.

Oh, merci pour cette question! Je suis CONVAINCUE qu’on va aider beaucoup beaucoup beaucoup de monde en y répondant. On le dit trop peu, mais c’est normal de ne pas être constamment en érection-sur-demande, tel le jeune fringant qui s’peut pu d’avoir du sexe.

Avoir des difficultés érectiles peut entraîner une détresse certaine qu’il faut aborder. En plus, ici d’dans, le phallus tendant vigoureusement vers son destin tel le conquérant peut être étroitement lié au sentiment de masculinité et à l’estime de soi. Alors quand la mécanique flanche, ça peut engendrer une remise en question limite identitaire.

Relation sexuelle ne rime pas seulement avec érection et pénétration.

Pourtant, avoir du mal à obtenir et/ou à maintenir des érections, c’est une situation qui peut être couramment expérimentée par les hommes de 30 ans. Ou de moins de 30 ans. Ou de plus de 30 ans. Bref, quand t’as un pénis, fortes sont les possibilités que ce soit déjà arrivé.

D’entrée de jeu, c’est clair qu’il est important de rappeler que les relations sexuelles ne riment pas seulement avec érection et pénétration: il est possible et même souhaitable d’investir dans le plaisir sans le rattacher à la performance phallique.

«La théorie du pinball»

Ça, on le sait souvent rationnellement.
Mais émotivement, ça peut être plus dur à intégrer.
C’est pour ça que des fois, on se met à faire de l’évitement. On peut être porté à se rapprocher, tout en gardant une certaine distance. Un peu comme tu le mentionnes quand tu dis que tu te sens à l’aise de flirter, sans pour autant développer plus de proximité sexuelle.
Sortez clairons et trompettes, tout cela m’amène à présenter en grande première une (MAGISTRALE!) théorie:
«La théorie du pinball».

Pour déclencher la game sur une machine de pinball, il faut tirer sur une barre métallique dotée d’un ressort.
Il faut la tendre vers soi et la lâcher pour créer un élan qui propulse ta bille dans le festival de leviers et de patentes lumineuses-machin-qui-crées-des-points.
Quand t’envoies la bille dans le jeu, tu ne sais pas trop où elle va revoler…
Ça peut scorer. Ça peut moins scorer.
Dans le passé, si chaque fois que tu tentais d’initier quelque chose ladite bille manquait de puissance pour entrer dans la game, ça se peut que t’aies intégré le «à quoi bon me réessayer». Ça se peut que tu doutes de tes compétences. Ça se peut que ça ne te tente plus de jouer parce que tu te dis que tu ne scoreras pas.
FUCK LE PINBALL.

Nouvelle relation = nouvelle dynamique = nouvelle façon de se sentir!

Comme façon de faire, tu te sens plus à l’aise de demeurer au stade du démarrage de la game. Tu tires sur la barre de métal, mais sans la lâcher… Tu tires, tires, tires, tu augmentes la tension, confirmant que OUI ça pourrait aller quelques part, sans avoir l’impulsion de lâcher la barre.
Tu gardes donc pleinement le contrôle.
C’est compréhensible; ç’a pour résultat de te protéger.
Mais la question demeure: te protéger de quoi?

Question de mieux comprendre, reprenons donc de la base.
Comment ça marche c’te concept d’érection là?
L’érection, c’est l’engorgement sanguin des tissus du pénis. Le membre gonfle et se raidit parce que le sang s’y trouve en plus grande quantité. Tu comprendras que les hommes ne sont pas constamment en érection parce qu’il y a des p’tites portes à la base du pénis qui sont semi-fermées et qui empêchent une trop forte affluence sanguine (sérieusement je simplifie à outrance: on n’a pas véritablement des p’tites portes, quoique ce serait un détail architectural intéressant).

Pour que le sang engorge les tissus, eh bien ça prend une forme «d’ouverture». Une stimulation sexuelle peut ouvrir les portes. Une vibration sur un siège d’autobus peut ouvrir les portes. Un sentiment de détente peut ouvrir les portes. Tu vois, c’est pour ça qu’on peut avoir une érection non-libidinale sur une table de massage. L’état de relâchement. L’ouverture des p’tites portes. Le sang qui s’garoche. That’s it.

Non ta vie sexuelle n’est pas finie.

Maintenant qu’on maîtrise le volet physiologique tel l’urologue d’expérience (hum hum), voici quelques questions quiz permettant d’y voir plus clair:
As-tu des érections spontanées?
As-tu des érections matinales?
As-tu des érections en te masturbant?

Si tu as répondu «oui» à une de ces questions, dis-toi que niveau mécanique biologique, la potentialité y est. Si tu as répondu «non», je te conseille de consulter un médecin. Certaines conditions physiologiques et/ou certaines médications peuvent avoir un impact sur les capacités érectiles. En jaser avec Dr.Chose [inclure le nom de ton choix] pourrait être très productif.

Ceci dit, si ce n’est pas fondamentalement biologique (comme dans la plupart des cas), on fait quoi, hein?

Il y a tout plein d’hypothèses qui peuvent expliquer des difficultés érectiles. Depuis quand t’as perçu que c’était moins évident d’obtenir ou de maintenir une érection? Peux-tu rattacher des évènements? Un contexte? Des émotions? Je ne sais pas comment tu feelais dans ton feu-couple, mais c’est aussi possible que votre dynamique ait un rôle à jouer. Dans ce cas, nouvelle relation = nouvelle dynamique = nouvelle façon de se sentir = forte probabilité que les choses se passent différemment.

Et qu’en est-il du stress là-dedans? J’ai déjà écrit au sujet de ses impacts sur la façon de vivre sa sexualité. Comme mon enthousiasme n’a pas de boutte, je t’invite à le consulter en cliquant ici, sans quoi ma réponse à ton courrier sera éternelle.

Il faut tendre vers des partenaires avec qui tu te sens en confiance, tendre vers l’exploration de plein de zones érogènes…

On pourrait croire que la logique «je vais agir sur le pénis pour avoir des résultats au niveau du pénis, car c’est mon pénis qui ne «fonctionne» pas» serait efficace, mais ça peut être extrêmement positif de décentraliser la chose, du moins, temporairement. À ce sujet, je te shoot des mots-clé: Désirer (oui, le désir est complexe, mais voici une charmante B.D. qui clarifie efficacement la patente!). S’exciter graduellement. Jouir de plein de manières. À différentes intensités. Ressentir… juste ressentir plein de petites subtilités tactiles (et affectives). Se laisser toucher (dans tous les sens du terme). Tout ça, ça peut être profitable.

Aie confiance et tends vers ton bonheur et ta satisfaction.

Conclusion?
«Ça ne reviendra JAMAIIIS! Ma vie sexuelle est finiiie!», que tu pourrais être porté à te dire. Mais c’est loin, très TRÈS loin d’être le cas.
Je te rassure.

Non seulement ta vie sexuelle n’est pas finie, mais si jamais tu rencontres une nouvelle partenaire et tu n’as pas d’érection dès le départ, la relation sexuelle n’est pas finie non plus. La satisfaction sexuelle est un concept plutôt vaste qui n’implique pas nécessairement un phallus érigé. S’il ne tend pas, toi tu peux tendre, à plein de niveaux: tendre vers des partenaires avec qui tu te sens en confiance, tendre vers l’exploration de plein de zones érogènes, tendre vers de l’aide si tu sens que ça pourrait être nécessaire… N’hésite pas: il y a plein de sexologues compétents qui seront tout ouïe.

Alors aie confiance! Et oui, tends! Tends vers ton bonheur et ta satisfaction. De cette façon, je suis convaincue que ça ne peut que mieux aller!

Vous avez envie de partager un questionnement existentiel affectico-émotivo-relationnel-sexuel? Le courrier du coeur du Filles d’Aujourd’hui vous manque? URBANIA vient à la rescousse! N’hésitez pas à envoyer vos questions en toute confidentialité à Julie Lemay, notre collaboratrice spécialisée en sexologie, qui répondra chaque mois à vos demandes (même les plus hurluberlues) à travers la rubrique «C’tu normal si…»: julielemay@urbania.ca

Pour lire un autre courrier du coeur de Julie Lemay: «C’tu normal si… j’pense à reprendre avec mon ex?»

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