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Cri du coeur d’une chercheuse de job découragée
J’ai 31 ans, deux bacs en sciences sociales, un CV qui se tient, de l’expérience de travail dans mon domaine… et pourtant, je suis activement en recherche d’emploi depuis plus de quatre mois (send help).
Croyez-moi, écrire ces mots n’est pas facile. Je l’avoue, je suis une personne un peu orgueilleuse et jamais de ma vie j’aurais cru en arriver là. Et pourtant, look at me.
C’est pour cette raison qu’aujourd’hui, je lance un cri du cœur. J’ai pas mal atteint le boutte de la pensée positive et je sais que je suis loin d’être la seule à me sentir ainsi. La preuve : c’est actuellement un jeune sur sept qui est activement en recherche d’emploi, sans succès.
Le but de ce texte n’est pas de m’apitoyer sur mon sort, mais de mettre en lumière un enjeu dont on ne parle pas assez : les difficultés liées à une recherche d’emploi prolongée, particulièrement chez les jeunes adultes.
Je déclare ouvert les Hunger Games
Je ne sais pas exactement comment ça se passe dans les autres domaines, mais laissez-moi vous dire que le domaine des communications est plus saturé que du shortening.
Malgré mes efforts, sur 40 emplois pour lesquels j’ai postulé, j’ai reçu… quatre retours. Quatre.
Chaque matin, j’ai l’impression de vivre le jour de la marmotte : un poste est affiché depuis moins de 24h, et surprise, déjà « plus de 100 candidats ont postulé pour ce poste ». Mon café goûte plus amer tout d’un coup…
J’ai pris l’habitude, avant même de lire la description du poste, d’aller directement voir le nombre d’années d’expérience exigées. Et, sans surprises, 5 ans d’expérience est devenu la nouvelle normalité. En bas de 3 ans, c’est presque un miracle.
Peut-être que la guerre commerciale avec les États-Unis et l’essor de l’intelligence artificielle jouent aussi contre moi : entre les gels d’embauche et les tâches automatisées, on dirait que les postes qui étaient autrefois accessibles aux diplômés récents se font de plus en plus rares.
On m’avait pourtant promis l’Eldorado : « Tu vas voir quand les boomers vont aller à la retraite il va y en avoir d’ la job ». Les boomers sont partis à la retraite. Moi, j’attends toujours ma ruée vers l’or…Je n’ai pas de mal à croire que le taux de chômage chez les jeunes s’est établi à près de 15 % cet été, selon les dernières données de Statistique Canada.
Une course à obstacles pour laquelle j’ai jamais signé
Ce n’est pas faute d’avoir essayé de me démarquer. En plus d’envoyer un CV et une lettre de présentation personnalisée, je joins aussi un magazine à mon effigie pour montrer à quel point j’ai de la créativité et de l’audaceee (et que je me débrouille pas pire avec Canva).
Et partez-moi surtout pas sur le processus d’embauche. I.N.T.E.R.M.I.N.A.B.L.E. Deux mois, c’est la durée que ça aura pris pour avoir des nouvelles d’un poste sur lequel j’ai appliqué. À ce jour, le processus d’embauche n’est toujours pas terminé. Ça va bientôt faire 3 mois que j’ai envoyé mon CV…
Si par miracle, vous avez la chance d’entrer dans le processus de sélection, attendez-vous à devoir faire des tests, un minimum de deux entrevues et la danse du Soleil. Tout ça pour potentiellement vous faire ghoster à la fin (je suis sur Tinder ou quoi?).
Après autant de refus silencieux et d’espoir mis à la poubelle, c’est pas toujours facile de garder confiance en moi. Mais comme vous n’avez pas vraiment d’autres options, vous continuez d’arborer votre plus beau sourire et de vanter vos mérites. Fake it till you make it, comme ils disent.
Peu à peu, je suis entrée dans un cercle vicieux : le non-emploi a miné ma santé mentale, et une santé mentale fragilisée a rendu la recherche d’emploi encore plus difficile. Les études confirment que je ne suis pas seule à vivre cette réalité.
Mes économies fondent aussi vite que mon optimisme
Je me sens vraiment impuissante face à cette situation. Il n’y a pas une nuit depuis 3 mois que je ne me réveille pas en panique. Je vois mon fond d’urgence fondre sans réussir à y faire quoi que ce soit. J’étais partie avec 8 000 $ d’économies. Mais avec le coût de la vie, même en me limitant aux dépenses de base (loyer, épicerie, Hydro, internet, téléphone), je suis descendue rapidement sous les 3 000 $.
J’ai essayé de trouver des façons de gagner un peu d’argent en attendant : j’ai postulé pour un traiteur, j’ai ouvert un compte Etsy pour vendre des produits numériques et je me suis inscrite à des sites pour faire des sondages en ligne. À 10 sous le sondage, je suis pas prête à mettre un cashdown sur une maison…
Derrière les chiffres, des humains un peu fatigués
Mais aujourd’hui, je veux surtout mettre de l’importance sur les humains. Parce que oui, derrière les statistiques, il y a des humains qui essaient fort de contribuer à la société, mais qui ont l’impression de se faire rire au visage. Je suis prête et motivée à travailler, mais aussi un peu écorchée par tout ce processus.
Donc, si comme moi, vous êtes dans cette situation, je compatis à 100%. Je vous envoie du soutien (c’est pas mal juste ça que j’ai à offrir en ce moment).
Sur ce, je retourne mettre à jour ma lettre de présentation (encore).
PS J’ai choisi de rester anonyme, histoire de ne pas nuire à ma recherche d’emploi (c’est déjà assez compliqué comme ça).
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