Rien de mieux que d’avoir quelqu’un de « l’extérieur » en visite pour nous forcer à vulgariser ce qui se passe ici.
Appelons-le Thomas Le Français en visite. Souper tardif. Thomas nous écoute parler politique, content de ne pas être dans les souliers de Rebello, à l’égard duquel nous ne sommes pas tendres. Nous visionnons quelques vidéos, puis soudainement…
-Pauline web-télé, c’est le nom de la chanson ?
-On ne sait pas. Personne ne le sait.
Les discussions se poursuivent, on se demande bien comment se dérouleront les votes de grève à la rentrée scolaire.
-GND, on parle de quoi, le nouveau quartier branché de Montréal ?
-Non Thomas. Mais peut-être qu’un jour, il aura sa rue.
Ce fut facile de lui raconter Gabriel Nadeau Dubois. Je me rappelle encore le frisson de dégoût qui m’a parcouru lorsque je suis tombée sur l’entrevue entre GND et Christian Dufour à l’émission de Denis Lévesque. Il a pris du temps à se dissiper.
La haine. La haine pure. Ou la médiocrité des esprits vils, ils sont si proches parfois.
Le prof écumait, littéralement. On a longuement salué le calme, l’attitude posée et réfléchie du porte-parole de la CLASSE devant les coups de bas étage, les raccourcis idéologiques. On avait aussi depuis longtemps condamné la jeunesse, léthargique, apathique ; le stigmate « adolescent », la grande généralisation des jeunes qui ne veulent rien, ne croient en rien, ne foutent rien.
Le gouvernement a appelé à la désolidarisation, a invoqué l’intimidation, a joué au discrédit des idéaux. Et il s’en est trouvé pour servir cette propagande, pour diaboliser le mouvement.
-Tu sais Thomas, c’est ça qui me reste en travers de la gorge, le sentiment qu’en quelque part, ils l’ont eu. Les salopards.
Jeunesse debout, qui a prise sur le monde, qui a des idées, qui s’exprime, se fait valoir. Les attaques personnelles, la démagogie, ça finit par meurtrir. On comprend.
Léo, c’est le petit dernier de Star Académie?
-Non Thomas. C’est peut-être un futur député.
Léo veut redonner l’espoir aux jeunes en la chose politique.
Léo veut donner le quart de son salaire s’il est élu.
Les manchettes ne trompent personne. Léo veut. Beaucoup.
Est-ce que le virement web de Pauline suffira à rajeunir l’image de ce parti trop souvent invoqué au nom du « moins pire » ou du « tant qu’à se faire fourrer… » ?
Est-ce que GND nous reviendra reposé, ressourcé ? Saura-t-il résister à l’appel tentant de la tribune médiatique?
Tout compte fait, Thomas avait peut-être visé juste. Derrière sa vacuité apparente (Je t’aime, Thomas) se cachait d’intuitives questions de fond. Au fait, Thomas, t’es sûr sûr sûr que tu peux pas venir voter le 4 septembre ?