Tripoto

La grande expérience du couchsurfing

Le couchsurfing a changé ma vie, puis il changera peut-être la vôtre aussi.

Le couchsurfing, c’est ce mouvement qui réunit des gens prêts à accueillir chez eux gratuitement des voyageurs du monde entier (sur le canapé du salon, dans une chambre d’amis ou sur un bout de matelas) et des routards de tous horizons…

On m’en avait parlé depuis longtemps déjà, j’avais même créé un compte quelques années plus tôt sans jamais l’utiliser. Soyons francs, j’étais plutôt sceptique. “Aller dormir chez quelqu’un que tu connais pas, vraiment? Et si c’est un boulet? Et si on s’entend pas? Et si c’est un pervers? Et si sa maison est dégueu? Et si j’ai pas envie de lui parler? Et si. Et si. Et si.”

Puis un beau jour, j’ai sauté dans le grand bain “du lâcher prise”, et j’ai contacté mon tout premier couchsurfer.

On va pas s’mentir, j’avais quand même un peu peur. (ça rime)

Su’ un divan à Ottawa

Mais bref, un beau matin, j’ai quitté Sherbrooke sous la tempête de neige sur le pouce, direction Ottawa. Je suis arrivée tard, épuisée et gelée en me disant que je voulais juste dormir et avoir chaud puis que j’avais aucune envie de sociabiliser et que j’étais débile d’avoir prévu de faire du couchsurfing. Mais bon, il était trop tard pour faire machine arrière…

J’avais noté l’adresse de mon hôte sur un bout de papier, je suis arrivée devant la porte, j’ai pris mon courage à deux mains et j’ai appuyé sur la sonnette. À l’intérieur, ça sentait le pot, les fauteuils étaient un peu défoncés et il faisait bien chaud. Chris m’a accueillie comme une vieille amie. C’était chouette et réconfortant. Je me sentais attendue dans cette ville nouvelle où je ne connaissais personne. On a papoté, je lui ai apporté des biscuits que j’avais préparés pour lui. Il était content et moi aussi.

J’avais ma propre chambre et donc mon petit espace à moi pour souffler un peu. Arrivée dans mon lit, j’ai réalisé que j’étais chez un inconnu plus si inconnu que ça et que c’était chouette et cool. Pendant deux jours, j’ai profité de la ville, parfois toute seule, parfois avec Chris. Il m’a donné des conseils et m’a emmené dans des endroits cool.

J’en revenais pas de tant de gentillesse.

Su’ un divan à Lisbonne

Mi-janvier, je suis revenue en Europe avec la ferme intention de voyager plus et plus souvent. Du coup, j’ai adopté définitivement le couchsurfing. Partir sans rien préparer et débarquer chez mes hôtes comme on arrive chez un vieil ami, c’est devenu ma nouvelle religion. À chaque fois, un accueil de foufou, des découvertes de dingues et une expérience humaine géniale.

Je crois que mon anecdote la plus rigolote est de m’être retrouvée dans une soirée hipster puissance 1000 dans un mini bar de Lisbonne où les gens faisaient un concours de limbo. Apparemment, ils étaient tous très connus, mais mes connaissances en showbizz portugais étant très limitées, j’étais assez décomplexée devant toutes ces vedettes. Bref, c’était drôle.

Il y a rien à faire quand t’arrives dans une nouvelle ville et que tu choisis un hôtel un peu au hasard sur booking.com, tu sais ni où t’es, ni quoi faire, ni où bouffer, ni à qui parler. Du coup, tu te retrouves à faire comme les autres touristes, un petit tour classique sans grandes surprises… Grâce au couchsurfing, j’me suis retrouvée dans des endroits incroyables que je n’aurais jamais soupçonnés si j’avais voyagé de manière “classique”. En fait, on vit la vie de quelqu’un d’autre le temps d’un moment. C’est quand même assez fascinant.

Chez moi, à Bruxelles, j’ai aussi accueilli des voyageurs. C’est une super expérience aussi qui permet de regarder la ville avec un regard neuf.

Su’ un divan, sans peur ni reproche

“Mais t’as pas peur?” C’est la question qui revient tout le temps. Nan, j’ai pas peur, mais bien sûr je fais gaffe. Les gens ont des références, laissées par leurs hôtes/invités du passé. Ce sont des sortes de commentaires pour voir un peu à qui tu as affaire. Ceux-ci sont souvent très positifs. (C’est sûr que si quelqu’un t’accueille chez lui, tu vas difficilement te plaindre parce qu’il y avait des poils dans la douche ou qu’il était un peu bruyant le matin.)

Après, il est important d’être honnête pour prévenir (et donc protéger) les futurs voyageurs d’éventuels comportements zarbi. En se “recommandant” les uns les autres, on s’aide mutuellement à obtenir la confiance de nos futurs hôtes/invités (même si écrire une note sur notre hôte est toujours un peu malaisant).

On a tous entendu des histoires un peu horribles en rapport avec le couchsurfing.

Hé ouais, des mésaventures, ça arrive. Du coup, c’est quand même mieux d’être prudent et de bien choisir votre futur correspondant. Si je peux vous donner un conseil, c’est si vous le sentez pas, n’y allez pas. Et si vous y êtes et que vous êtes pas à l’aise, allez-vous-en. Faut pas prendre de risques, l’idée c’est quand même de profiter de ses vacances en toute insouciance…

Su’ un divan avec ou sans plan cul

On va pas se mentir, parfois, ça peut ressembler à une espèce de Tinder des voyageurs (ça rime en plus). Il y a des gens qui sont assez cash en mode je-peux-te-montrer-la-ville-et-être-ton-plan-cul-du-weekend, mais c’est pas le cas de tout le monde du tout.

Par contre, dans la vraie vie, ça arrive pas souvent de passer autant de temps avec la même personne, et du coup c’est vrai que pour peu que les orientations sexuelles soient compatibles et que vous vous trouviez pas trop dégueulasses, ben ça peut devenir un peu ambigu, mais bon… À chacun de poser ses limites (ou pas).

Et si votre hôte ou votre invité est trop collant, faites-lui gentiment comprendre que rencontrer des gens c’est bien, mais avoir son espace personnel c’est chouette aussi. Mais attention, Couchsurfing c’est aussi des amis et des familles, donc faut pas s’arrêter aux stéréotypes et aux on-dit…

En tous cas, ce qui est certain c’est que c’est une expérience à tenter au moins une fois dans sa vie!

Signée : une Belge qui a débarqué à Beyrouth en Couchsurfing et qui n’est plus jamais repartie de chez son hôte…

Pour lire un autre texte de Jehanne Bergé : “Devenez Montréalais : dernière ligne droite pour le job de rêve”

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