Conseil des ministres : la photo de classe qui change

On suit le groupe !

L’élection fédérale nous semble déjà bien loin, n’est-ce pas? À l’époque, on osait encore sortir dehors en coton ouaté pis on se rendait même à l’Assemblée nationale en le portant ! Mais tel que prêché par nos académiciens en 2003, non c’est pas fini, c’est rien qu’un début. Dès le lendemain du 21 octobre, Justin Trudeau avait la lourde tâche de planifier la composition de son conseil des ministres. Le fruit de sa réflexion nous sera livré aujourd’hui, le mercredi 20 novembre, quand son nouveau Cabinet sera assermenté.

À première vue, tout cela peut sembler bien insignifiant, mais c’est souvent ce qui définit un gouvernement. Justin Trudeau s’était d’ailleurs fait remarquer lors de son précédent mandat en raison de la parité observé dans la première mouture du conseil. Because it was 2015.

Sauf que le conseil des ministres change aussi de forme pendant le mandat, lors des fameux remaniements. Et c’est lors de ces occasions qu’on peut voir le drama interne chez ceux qui dirigent le pays. Alors pourquoi ne pas faire un retour sur quelques moments forts ayant marqué, entre 2015 et 2019, l’évolution du groupe qui prend les décisions les plus importantes du gouvernement?

Ça bat pas OD, mais il y a de la bisbille pareil. Une vraie cour d’école…

Janvier 2017

En 2015, Chrystia Freeland avait été nommé ministre de la Diversification du commerce international et Stéphane Dion, lui, était responsable du ministère des Affaires étrangères. Le tout petit problème c’est que l’honorable Stéphane Dion et le très honorable Justin Trudeau ne se sont jamais vraiment très bien entendus… Donc quand est venu le temps de parler de choses sérieuses (aka de discuter de l’ALENA avec le voisin de classe turbulent), Trudeau a décidé que Dion avait fait son temps. Le premier ministre s’est donc dit qu’il aurait une meilleure note s’il se mettait en équipe avec Chrystia Freeland. Celle-ci avait scoré gros à l’examen d’entrée et avait fait ses preuves aux intras. C’est ainsi qu’est né l’Accord Canada-États-Unis-Mexique. On leur donne une note de B, mais vraiment à cause de l’acronyme impossible à prononcer (ACEUM).

Août 2017

Quelques élèves changent de place. Rien de majeur.

Juillet 2018

Le 18 juillet 2018, la première de classe Mélanie Joly est envoyée dans le coin, après avoir coulé l’examen Netflix. À la question « devrait-on taxer le géant du web? », elle a répondu « non ». Une erreur fatale, même si c’est la réponse qu’avait donné le prof une semaine avant en classe… Peu importe, Justin Trudeau se voit obligé de reléguer son chouchou au ministère du Tourisme, des langues officielles et de la francophonie. C’est le petit nouveau, Pablo Rodriguez, qui prend la place de Mélanie Joly au Patrimoine.

Pendant ce temps, en pleines vacances scolaires, le très jeune et cool Justin Trudeau s’auto proclame ministre de la Jeunesse…

Janvier 2019

C’est la deuxième fois en six mois que Justin Trudeau doit discipliner sa classe. On sent qu’il est fâché contre une parti du groupe : certains élèves sont envoyé à la dernière rangée, et certains sont tout simplement renvoyés.

Jane Philpott devient présidente du Conseil du Trésor et son ancien ministère, celui des Services aux Autochtones, est légué à Seamus O’Regan. Sa place à la tête du ministère des Anciens Combattant est ensuite reprise par Jody Wilson-Raybould. Son ancien ministère, celui de la Justice est repris par un petit nouveau : David Lametti. La boucle est bouclée.

Tous ces changements de places, à neuf mois seulement des élections, ça fait pas mal jaser dans la classe du 4ème pouvoir. À l’intercom, Justin Trudeau tente de rassurer le reste des étudiants et assure que personne n’est en punition. Sauf que…

Badabing badaboum, un mois plus tard, Jody Wilson-Raybould démissionne pour poursuivre son parcours scolaire à l’école alternative : elle dit ne plus faire confiance à Justin. En mars, elle est suivi par Jane Philpott. Il s’avère que les deux ex-ministres ne font plus confiance à Justin Trudeau à la suite des pressions que celui-ci aurait exercées sur Wilson-Raybould. C’est là que le voile se lève sur ce qu’on appellera plus tard « l’Affaire SNC-Lavalin ». Ça parle pas mal fort dans le dos les uns des autres dans la cour du gouvernement…

Au total, entre 2015 et 2019, il y aura eu 11 remaniements ministériels. ONZE. Alors quand vous verrez la photo du nouveau conseil des ministres, regardez tous les visages souriants et dites-vous qu’ils ne seront pas tous là en bout de course, 4 ans plus tard. Qui sera envoyé en punition? Qui sera expulsé de la classe? Qui devra se rendre au bureau du directeur? Difficile à dire.

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