Comment survivre au « small talk » dans le réseautage professionnel

L’art de commencer une conversation sans parler du temps qu’il fait.

Engager la conversation avec des inconnus, c’était pas mal plus facile quand on était petits. Souvenez-vous de votre premier jour de garderie. Pour faire connaissance, il suffisait de dire «Tu me passes ton camion?» ou, pour les plus vites en affaires, «Tu veux jouer au docteur?».

Sauf que dans un 5 à 7 professionnel, c’est difficile de se faire des contacts en demandant aux gens de nous ausculter le chest. C’est pour ça que c’est essentiel de maîtriser l’art du small talk.

À quoi ça sert, le small talk?

C’est un vecteur d’analyse. En posant des questions qui semblent anodines, vous mettez la table avant d’essayer de trouver des intérêts professionnels communs. Et comme dans une date, si ça clique, vous risquez de repartir avec un numéro de téléphone.

Évidemment, on passe pas de «wow, elle est belle ta robe» à «tu commences lundi!». Il faut avoir lubrifié la conversation avant. Si vous avez pensé au K-Y, je vous le déconseille.

On peut-tu se préparer?

S’il s’agit d’un événement Facebook ou d’une invitation par courriel, vous avez parfois accès à la liste des invités. Vous savez ce que ça veut dire? C’est le moment de rentabiliser toutes les heures perdues à stalker vos ex!

Faites un minimum de recherches avant l’événement et ciblez d’avance quelques personnes qui semblent être des bons contacts potentiels. Évidemment, je parle ici de googler les gens et d’aller voir leurs profils Facebook et LinkedIn, pas de trouver l’adresse de leurs parents et de vous inviter à leur roast beef du dimanche.

Comment engager la conversation

En situation de réseautage, vous ne devriez jamais commencer une conversation par «comment ça va?». C’est pas moi qui le dis, c’est des chercheurs de Harvard!

L’étude démontre que les gens qui commencent une conversation en posant des questions qui laissent transparaître un réel intérêt, donc tout l’inverse d’un plate «comment ça va», sont d’emblée perçus comme étant plus aimables. Pis on s’entend, être aimable, ça nuit jamais pour décrocher un contrat.

Engagez la discussion directement en demandant aux gens comment ils ont entendu parler de l’événement, par exemple. Ils répondront quelque chose du genre: «Je l’ai vu sur un groupe Facebook de travailleurs autonomes bla-bla-bla». Voilà, vous venez d’apprendre l’existence d’un site de réseautage qui pourrait vous être utile.

Mais bon, si la personne en face de vous n’a pas lu l’article d’Harvard et qu’elle ose vous demander «comment ça va», tournez-le à votre avantage. Essayez un enjoué «Ça va très bien, merci! Je viens justement de terminer…» et insérez ensuite des mots comme «contrat» ou «projet». Évitez de compléter la phrase avec «tour Eiffel de huit pieds en cure-dents», ça trahirait vos trop nombreux temps libres.

Comment relancer votre interlocuteur

La clef: poser des questions. Le but n’est pas de faire une Louise Deschâtelets de vous-même et de creuser dans les blessures d’enfance de l’autre. Mettez-vous plutôt dans la peau d’une Véronique Cloutier ou d’une France Beaudoin: posez des questions sincères pour éviter les trous dans la conversation.

Pour ça, il faut poser des questions ouvertes qui ne se répondent pas par «oui» ou «non». Voyez-le comme une partie de «ni oui ni non» à l’envers!

Vous pouvez aussi partager des bonnes nouvelles (et je ne parle pas ici de la Bible). Votre enfant a fait ses premiers pas? Vous venez d’adopter un cochon miniature? Parlez-en! Les autres risquent de faire du pouce sur ce que vous avez dit et vous venez de repartir la discussion. Prérequis: avoir un bébé humain ou un bébé porc.

Comment transformer le small talk en business talk

Après avoir ouvert la discussion avec des lieux communs, il est temps de faire votre move et de parler business. Faites évoluer vos questions et demandez pour quelle entreprise la personne travaille, quels sont ses plus récents contrats… mais pas pour qui elle a voté aux dernières élections.

Voyez la discussion comme une situation d’entraide. Tentez de voir si certaines de vos compétences peuvent être utiles à votre interlocuteur et, si c’est le cas, offrez-lui vos services. Attention, n’offrez pas votre aide à tout le monde sans arrêt, sinon ils comprendront bien vite que c’est vous qui avez besoin d’aide pour payer votre loyer.

Par contre, n’essayez pas de trouver des points communs s’il n’y en a pas. Comme sur Tinder, ça se peut que ça prenne plus qu’une rencontre pour tomber sur la bonne personne.

Quand et comment mettre fin à la conversation

Si la personne avec qui vous parlez regarde sa montre de façon incessante ou qu’elle finit de lire les sept livres Harry Potter dans votre face, c’est le moment de prendre les devants et de mettre fin à la discussion.

Pour quitter, les classiques excuses «Je vais me chercher quelque chose à boire» ou «Pardon, je dois aller saluer quelqu’un qui vient d’arriver» fonctionnent toujours bien. Cela dit, ne calez pas votre verre pour pouvoir aller vous en chercher un autre et ne vous inventez surtout pas d’amis imaginaires.

Petit truc: terminez l’échange en rappelant un élément de la conversation. Ça montre que vous avez bien écouté et que ça vous intéressait réellement. Partir sur un «Bonne chance pour votre offre d’achat!» ou un «En espérant vous croiser avec Pantoufle au parc à chien!» fait toujours bonne impression.

Conseil pour les introvertis: parlez

C’est chien, mais c’est ça.

Mais ce qui est rassurant, c’est que selon le site Workopolis, on devrait écouter deux fois plus qu’on parle.

Un truc: allez lire le wikiHow sur le small talk et dites que vous êtes tellement pourris en small talk, que vous êtes allez lire le wikiHow sur le small talk. C’est drôle, vous vous montrez vulnérable et vous venez de commencer une conversation de small talk sur le small talk! On se croirait dans un Inception de small talk!

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