URBANIA et la Banque Nationale s’unissent pour offrir un espace sans tabous ni préjugés où parler de charge mentale, ce poids invisible qui empêche parfois les femmes de dormir.
« On a une génération qui essaie de rendre le travail domestique un peu plus égalitaire. Ce n’est pas le cas pour tout le monde, mais je trouve ça beau qu’on en parle de plus en plus et qu’on travaille collectivement à trouver des solutions », dit à son tour Evelyne, qui, elle aussi jeune maman, a dû apprendre à jongler entre les sphères professionnelle, familiale, amoureuse de sa vie et le temps qu’elle s’accorde.
Evelyne a refusé une promotion pour pouvoir limiter sa charge professionnelle et faire passer sa fille en premier. Elle n’est certes pas la seule :
« Je me demande souvent si le fait que je m’en mets automatiquement plus sur les épaules ne vient pas du fait que j’ai vu ma mère en prendre plus que mon père. Pourtant, ma mère nous a éduqués de la même façon, mon frère et moi, en nous donnant autant de tâches à l’un.e qu’à l’autre », raconte à son tour Mélissa, qui, comme Amélie et Evelyne, pense constamment à ce qu’elle a à faire comme jeune femme, mère et professionnelle.
D’abord, une charge mentale trop élevée peut mener à des troubles anxieux, à un épuisement professionnel et même à la dépression. Prenons l’exemple suivant : une femme dont le revenu est de 50 000 $ qui arrête de travailler pendant 12 semaines sera finalement payée 44 808 $, un peu plus si elle possède une assurance invalidité qui s’ajoute aux prestations d’assurance-emploi, qui peuvent représenter jusqu’à 55 % de son salaire.
S’il n’existe pas de solution miracle pour mieux répartir le poids de la charge mentale, les spécialistes s’entendent sur le fait qu’on se doit de rendre plus visibles les tâches comme la gestion des rendez-vous médicaux et des entraînements sportifs, l’élaboration du menu de la semaine, le choix du cadeau de fête pour la camarade de classe ou encore l’achat du costume d’Halloween.
« Un samedi après-midi, je me suis mise à écrire tout ce que j’avais dans la tête. Mon chum a tout de suite compris la lourdeur de ma charge mentale. Si on ne l’écrit pas et que ce n’est pas visible, on ne pourra jamais changer les choses », explique Amélie.
Une autre façon de mieux répartir la charge mentale est de déterminer l’essentiel à deux, question de respecter les besoins et les limites de chacun.e. Pour ça, on doit s’entendre sur ce qui est primordial et ce qui l’est moins, et accepter qu’on ne peut pas toujours tout faire. Il importe également de s’assurer que les deux membres du couple comprennent bien ce qu’il y a à faire, afin d’éviter que l’un se débarrasse d’une tâche parce qu’il juge qu’il est moins bon pour la faire ou qu’il ne sait pas la faire.
Une fois que les tâches sont bien visibles et qu’on s’est bien entendus sur ce qu’on considère comme essentiel, là, c’est le bon moment de séparer les obligations familiales.
« Quand j’étais enceinte, j’ai dit à mon conjoint que de trouver une garderie était sa responsabilité : je n’ai donc jamais eu à me stresser avec ça », nous confie Evelyne.
Mélissa, de son côté, ne comprend pas qu’on soit encore en train de se demander comment l’homme pourrait en faire plus pour « aider » la femme. « En faisant ça, on perpétue l’idée que c’est d’abord aux femmes de penser l’organisation familiale », explique-t-elle. Selon elle, la prémisse des couples qui partagent une maison, et potentiellement une famille, devrait être que tout doit se faire à deux – pas que l’homme doit « aider » davantage la femme.