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Comment mieux répartir le coût de la charge mentale?

Parce que oui, la charge mentale coûte plus cher aux femmes

Présenté par
Banque Nationale

URBANIA et la Banque Nationale s’unissent pour offrir un espace sans tabous ni préjugés où parler de charge mentale, ce poids invisible qui empêche parfois les femmes de dormir.

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Liste des tâches ménagères à faire qui défile en boucle, incapacité à se concentrer sur autre chose que tout ce qu’il y a à faire pour les enfants, trafic dans les pensées : les façons dont s’exprime la charge mentale sont multiples. Même si tout le monde ou presque a déjà flirté avec elle, la charge mentale demeure un problème qui, encore aujourd’hui, touche principalement les femmes.

Statistique Canada révèle d’ailleurs que de 1986 à 2015, le temps que consacrent les hommes aux activités domestiques n’a que très peu augmenté, soit précisément de 24 minutes.
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Plaidoyer pour un meilleur partage des tâches domestiques

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J e pense qu’il y a une certaine déresponsabilisation chez les hommes en ce qui concerne les tâches de la maison », nous confie Amélie, une jeune femme de 30 ans qui est aussi maman et professionnelle. Dans les faits, les études démontrent que la division sexuée du travail domestique apparaît souvent en même temps que les enfants. D’un côté, les femmes font passer la famille avant leur carrière alors que de l’autre, les hommes misent davantage sur leur avancement professionnel. Parce qu’elles sont socialisées à être de bonnes mamans, les femmes sont nombreuses à se sentir coupables lorsqu’elles n’arrivent pas à tout faire. Résultat : elles n’osent pas demander d’aide à leur partenaire et continuent d’assumer la plus grande partie des tâches domestiques, ce travail invisible sans rémunération ni valorisation.

Selon des données analysées par l’Institut de la statistique du Québec sur le temps consacré aux activités domestiques, les femmes de 15 ans et plus y accordent environ une heure de plus par jour que les hommes. Plus précisément, c’est 3 h 29 min chez les femmes contre 2 h 27 min chez les hommes.
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« On a une génération qui essaie de rendre le travail domestique un peu plus égalitaire. Ce n’est pas le cas pour tout le monde, mais je trouve ça beau qu’on en parle de plus en plus et qu’on travaille collectivement à trouver des solutions », dit à son tour Evelyne, qui, elle aussi jeune maman, a dû apprendre à jongler entre les sphères professionnelle, familiale, amoureuse de sa vie et le temps qu’elle s’accorde.

Evelyne a refusé une promotion pour pouvoir limiter sa charge professionnelle et faire passer sa fille en premier. Elle n’est certes pas la seule :

les femmes sont plus nombreuses que les hommes à diminuer le nombre de leurs heures de travail, voire à ne pas accepter de nouvelles responsabilités professionnelles avec l’arrivée des enfants. Elles se voient donc privées de revenus supplémentaires.

La charge mentale de 1980 à aujourd’hui

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Si l’expression « charge mentale » est utilisée depuis les années 1980, elle l’a d’abord été dans un contexte de sociologie du travail. Ce n’est que depuis 1984 qu’on s’en sert pour faire référence à la charge mentale que vivent les femmes au croisement des sphères domestique et du travail. En 2023, bien que le travail invisible soit de plus en plus partagé, ce sont encore majoritairement les femmes qui sont les cheffes d’orchestre de la maison, révèlent les études.

« Je me demande souvent si le fait que je m’en mets automatiquement plus sur les épaules ne vient pas du fait que j’ai vu ma mère en prendre plus que mon père. Pourtant, ma mère nous a éduqués de la même façon, mon frère et moi, en nous donnant autant de tâches à l’un.e qu’à l’autre », raconte à son tour Mélissa, qui, comme Amélie et Evelyne, pense constamment à ce qu’elle a à faire comme jeune femme, mère et professionnelle.

La charge mentale, dans sa plus simple expression, désigne donc l’ensemble des sollicitations de notre cerveau en lien avec les différentes sphères de notre vie (amoureuse, professionnelle, familiale…).

Le coût de la charge mentale pour les femmes

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Bien qu’il soit difficile de mettre un chiffre exact sur ce que la charge mentale coûte aux femmes, il est tout de même possible de calculer quelques montants pour nous aider à mieux comprendre qu’elle a bel et bien un impact sur les revenus de la femme.

D’abord, une charge mentale trop élevée peut mener à des troubles anxieux, à un épuisement professionnel et même à la dépression. Prenons l’exemple suivant : une femme dont le revenu est de 50 000 $ qui arrête de travailler pendant 12 semaines sera finalement payée 44 808 $, un peu plus si elle possède une assurance invalidité qui s’ajoute aux prestations d’assurance-emploi, qui peuvent représenter jusqu’à 55 % de son salaire.

De manière très simplifiée, c’est donc dire que sur une base annuelle, si on se fie à ce cas de figure, la charge mentale pourrait coûter à cette femme 5 192 $ de son salaire annuel. Évidemment, le coût réel de cette charge est pas mal plus élevé que ça.
Cours de Karaté + Dentiste + Réunion + Lunch + Courses + Devoirs + Ménage + Lavage + Garderie + Vaiselle + Épicerie + Repas de la semaine +...+++++++++++++++ @#$%%@@#$%%@@#$%%@@#$%%@@#$%%@@#$%%@@#$%%@@#$%%@@#$%%@@#$%%@@#$%%@@#$%%@@#$%%@@#$%%@@#$%%@@#$%%@@#++++++++
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Il n’est également pas rare qu’une femme qui a besoin d’une plus grande conciliation travail-famille voie son salaire en souffrir. Parce qu’on est dans une société hyperperformante qui valorise les heures supplémentaires, une femme qui ne peut se permettre de travailler plus que ses 35 heures/semaine parce qu’elle doit prendre en charge les tâches domestiques pourrait se voir offrir une moins grosse augmentation de salaire qu’un homme qui en travaille 50, par exemple. Un employeur pourrait également décider d’offrir un salaire de départ plus bas à une femme parce qu’il suppose qu’elle sera moins productive qu’un homme.
Rappelons par ailleurs qu’une femme ne gagne en moyenne que 91 % du salaire d’un homme qui occupe le même poste.

Comment peut-on rendre l’invisible visible?

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Les femmes n’ont qu’à déléguer plus » : cette phrase polarisante fait partie du discours public sur la charge mentale, et on peut comprendre pourquoi. Si les femmes en ont trop, pourquoi ne déchargent-elles pas leurs to-do lists en refilant certaines des tâches à l’autre partenaire? (Notons ici l’utilisation du terme « partenaire », puisque même si la problématique touche davantage les couples hétérosexuels, elle est également présente au sein des couples féminins, par exemple.)

S’il n’existe pas de solution miracle pour mieux répartir le poids de la charge mentale, les spécialistes s’entendent sur le fait qu’on se doit de rendre plus visibles les tâches comme la gestion des rendez-vous médicaux et des entraînements sportifs, l’élaboration du menu de la semaine, le choix du cadeau de fête pour la camarade de classe ou encore l’achat du costume d’Halloween.

« Un samedi après-midi, je me suis mise à écrire tout ce que j’avais dans la tête. Mon chum a tout de suite compris la lourdeur de ma charge mentale. Si on ne l’écrit pas et que ce n’est pas visible, on ne pourra jamais changer les choses », explique Amélie.

Elle recommande aux femmes d’écrire tout ce qui leur passe par la tête.
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Une autre façon de mieux répartir la charge mentale est de déterminer l’essentiel à deux, question de respecter les besoins et les limites de chacun.e. Pour ça, on doit s’entendre sur ce qui est primordial et ce qui l’est moins, et accepter qu’on ne peut pas toujours tout faire. Il importe également de s’assurer que les deux membres du couple comprennent bien ce qu’il y a à faire, afin d’éviter que l’un se débarrasse d’une tâche parce qu’il juge qu’il est moins bon pour la faire ou qu’il ne sait pas la faire.

Une fois que les tâches sont bien visibles et qu’on s’est bien entendus sur ce qu’on considère comme essentiel, là, c’est le bon moment de séparer les obligations familiales.

« Quand j’étais enceinte, j’ai dit à mon conjoint que de trouver une garderie était sa responsabilité : je n’ai donc jamais eu à me stresser avec ça », nous confie Evelyne.

Mélissa, de son côté, ne comprend pas qu’on soit encore en train de se demander comment l’homme pourrait en faire plus pour « aider » la femme. « En faisant ça, on perpétue l’idée que c’est d’abord aux femmes de penser l’organisation familiale », explique-t-elle. Selon elle, la prémisse des couples qui partagent une maison, et potentiellement une famille, devrait être que tout doit se faire à deux – pas que l’homme doit « aider » davantage la femme.

Pour atteindre cet idéal, les hommes devront accorder en moyenne 31 minutes de plus aux tâches ménagères par jour, et les femmes, 31 minutes de moins, selon Statistique Canada.