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Comment attirer des employés dans les milieux en manque de main-d’oeuvre

On a demandé à gens en reconversion professionnelle ce qu'ils attendent de leur futur métier.

14 juin 2021
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La crise de la COVID-19 a aggravé la pénurie de main-d’œuvre à laquelle fait face la province depuis déjà plusieurs années. Au dernier trimestre de 2020, 148 000 emplois étaient vacants au Québec. «De 2019 à 2023, on prévoit 600 000 départs à la retraite. Si on additionne ces départs à la création anticipée de 150 000 emplois, cela représente 750 000 postes à combler», a fait remarquer cette semaine le ministre du Travail Jean Boulet à l’Assemblée nationale.

Dans un monde post-pandémique, où le télétravail et les contrats à la pige sont omniprésents, de quoi rêvent vraiment les futurs employés de certains des secteurs les plus touchés par la pénurie de main-d’œuvre?

On a demandé à trois personnes qui sont en processus de reconversion professionnelle ce qu’ils attendent de leur futur employeur.

Technologies et informatique

Après plusieurs années comme chef de cuisine dans plusieurs restaurants réputés de Montréal, Thomas s’est retrouvé mis à pied lorsque le deuxième confinement a été annoncé l’an dernier. Une sérieuse remise en question s’est alors effectuée tout au long de l’hiver pour lui. Il a finalement opté pour un retour sur les bancs d’école, où il étudiera en génie informatique.

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«Les ordinateurs, ça a toujours été mon hobby à l’extérieur de la cuisine. Donc je crois que ça va me plaire, comme carrière», dit Thomas. «Je vois déjà tout le bien que ça me fait de ne plus travailler en cuisine. Je veux pouvoir me concentrer sur une tâche et faire travailler mon cerveau comme je le faisais quand j’étais cuisinier, mais sans niquer mon corps!»

L’industrie des technologies et de l’informatique est bien ancrée au Québec, et elle pourrait certainement continuer de fleurir beaucoup plus vite, si elle parvenait à combler ses emplois vacants. Selon le ministre du Travail, il y a près de 6500 postes à pourvoir dans ce secteur d’industrie, et l’hyperconnectivité qu’a provoquée la pandémie a créé une demande pour encore plus d’employés de soutien en technologie.

«Je veux pouvoir me concentrer sur une tâche et faire travailler mon cerveau comme je le faisais quand j’étais cuisinier, mais sans niquer mon corps!»

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«Je ne sais pas ce que ça prendrait, au-delà d’un bon salaire, pour me convaincre de prendre une job. Il me faut un environnement de travail dynamique, ce que les compagnies de technologie font habituellement assez bien. Je veux des endroits de détente, une flexibilité dans mes heures de travail. Et plus il y a d’avantages sociaux, mieux c’est», dit Thomas, ajoutant qu’avoir l’option de télétravail n’est pas particulièrement important pour lui. « Peu importe, je serai probablement mieux payé et traité qu’en cuisine!»

Construction

Musicien de longue date, Étienne travaillait dans des bars pour arrondir ses fins de mois. La pandémie ayant coupé court à ses projets et ses sources de revenus, il a commencé à se poser des questions sur son avenir, et sur quoi il pourrait se tourner, si la situation devait se prolonger.

«Je ne m’étais pas trop préparé à un monde où je ne pourrais pas faire de shows, encore moins à un monde où je peux même pas travailler derrière un bar!», lance-t-il avec un petit rire jaune. «Je me suis dit que ça pourrait être une bonne idée d’ouvrir un nouveau champ de compétences; quelque chose qui pourrait toujours me servir, et qui serait toujours en demande.»

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Il s’est donc tourné vers une carrière de charpentier-menuisier, qu’il apprend dans une école des métiers en région montréalaise. Le cours dure environ un an, après quoi il aura sa carte lui permettant d’effectuer son travail sur des chantiers de construction partout dans la province.

«C’est un emploi qui pourrait me convenir, je pense», dit Étienne. «Je peux prendre des contrats quand j’en ai envie, et si je dois partir en tournée pendant plusieurs mois, je peux revenir et trouver un nouveau chantier sur lequel travailler pendant quelques semaines avant de passer au prochain.»

«Plus le gouvernement fait des coupes budgétaires, plus les travailleurs de la santé doivent couper des coins ronds! C’est un cercle vicieux.

Cette industrie, qui a été particulièrement touchée par la pénurie de main-d’oeuvre, s’est récemment dotée de nouvelles mesures afin de contrer le problème. Entre autres, les étudiants en construction pourront commencer à travailler durant leurs études, un plus grand nombre d’apprentis pourra être embauché, et l’entrée de personnes diplômées dans des emplois plus spécialisés sera facilitée.

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Santé

Lassée de l’industrie de la restauration et de sa complaisance malsaine, Stéphanie a quitté son emploi de serveuse au début de la pandémie. Diplômée en commercialisation, elle décide plutôt de se lancer dans la gueule du loup. Contre toute attente et sans expérience dans le domaine, Stéphanie suit une courte formation pour devenir assistante-préposée aux bénéficiaires dans le système de santé public.

«Je suis arrivée quand c’était le chaos! Je n’ai vraiment pas encore pu voir les aspects plus positifs de mon emploi. Il y a eu plusieurs fois où ça devenait difficile de voir la rigidité bureaucratique du système de santé, tout était un peu mal organisé», regrette Stéphanie. «Je m’étais imaginé que de travailler dans une maison de soins se rapprocherait plus de travail communautaire.»

Par contre, elle avoue que sa proximité avec les personnes âgées qu’elle côtoie chaque jour lui apporte beaucoup de plénitude. Elle a quand même quelques idées sur ce qui pourrait être fait pour attirer plus de travailleurs dans ce secteur. «Plus le gouvernement fait des coupes budgétaires, plus les travailleurs de la santé doivent couper des coins ronds! C’est un cercle vicieux. Je suis certain qu’il y a plein de gens qui auraient voulu venir prêter main forte durant la pandémie. Mais ça a aussi eu comme effet de montrer à la population générale à quel point c’est un métier difficile, demandant, sous-valorisé et sous-payé.»

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Au-delà d’un salaire représentatif de leur travail, Stéphanie estime que les travailleurs en santé devraient mieux être équipés pour faire leur travail. «On sait que ça sera un métier difficile, mais ça pourrait être plus simple. Quand il manque de l’équipement, ou quand il y a un problème et qu’on ne sait pas à qui parler dans l’organisation pour le régler, c’est vraiment frustrant. C’est de la santé des gens dont il est question!»

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