La politique m’inspire par les temps qui courent. Regarder tous ces messieurs en cravates et ces mesdames en tailleurs se battre pour avoir le pouvoir, s’obstiner pour savoir qui a raison et rabaisser leurs adversaires pour se remonter l’estime, ça m’aide étonnamment à comprendre mes relations interpersonnelles. Cette semaine, c’est l’actualité en politique municipale qui a provoqué chez moi une véritable illumination.
La Ville congédie deux hauts fonctionnaires et, simultanément, leur offre le gros traitement de faveur ; c’est comme si un jeune homme rompait avec moi et me disait «Fais-toi en pas, je vais continuer de te dorloter. Cet après-midi, je te paye le spa et demain, ce sera le souper aux chandelles et le massage aux huiles essentielles.» N’importe quoi. On ne peut pas dire à quelqu’un «Désolé, mais toi et moi, c’est fini, t’es trop con » et du même coup lui affirmer «Mais tu mérites ce qu’il y a de mieux, alors laisse-moi prendre soin de toi.» Cohérence mon homme, cohérence.
Les réflexions provoquées par toutes ces histoires m’ont amenée à me rappeler mes propres ruptures. J’ai essayé de me souvenir comment ça s’était passé. Une chose est sûre : les gars qui m’ont jadis crisséelà ont tous été très conséquents avec leurs actes. Après m’avoir envoyer promener, ils ont cessé toute démonstration de gentillesse à mon égard. Certains ont simplement arrêté de me parler, d’autres ont cru bon me faire quelques coups chiens, pour me prouver que c’était vraiment terminé. C’était des salauds, mais au moins, ils agissaient de façon logique.
Ce n’est jamais évident de laisser quelqu’un, mais il y a quand même des façons plus élégantes que d’autres de le faire. Parmi les pires méthodes de «brisage de couple» que j’ai connues, il y a évidemment ces fois où le mec n’a pas eu les couilles de me dire en face que c’était overet a préféré m’annoncer la chose par courriel, prenant bien soin de disparaître dans la brume par la suite. Puis, il y a eu cette fois où mon copain a choisi de «casser» avec moi alors que nous revenions de faire les courses et que j’avais les bras pleins de sacs d’épicerie. «Ça me tente pu de sortir avec toi», qu’il a balancé. T’aurais pas pu attendre qu’on ait rangé les cannes de soupe tomate et les boîtes de Kraft Dinner dans le garde-manger avant de me faire ta grande annonce ?
On est habitué aux palmarès des meilleurs pick up linesutilisés par les dragueurs, mais je trouve qu’un palmarès des pires drop off linemanque cruellement. Et c’est ce que je propose qu’on dresse ici. Faites-vous allez le web 2.0 et participez en grand nombre à l’élaboration de la liste des plusse pireshistoires de rupture. Une fois celle-ci complétée, je me chargerai de l’envoyer au maire Tremblay, afin qu’il puisse s’en inspirer la prochaine fois qu’il aura besoin de mettre un de ses employés à la porte.