Ceux qui font de l’argent avec vos fautes de frappe sur le web

Derrière le marché (noir) du www.

Tsé, quand vous êtes pressé d’aller voir vos notifications Facebook et que vous tapez plutôt facebiik.com?

Votre navigateur entre alors dans une tempête qui vous transportera d’un site publicitaire sketch à un autre pendant quelques secondes. Et ça, ça rapporte gros à des compagnies qui capitalisent sur vos doigts maladroits, à condition d’avoir été capables de payer le prix d’un nom de domaine si convoité.

Site web à vendre!

Trave.com, ça ne veut rien dire. Pourtant, il est aux enchères en ce moment même sur GoDaddy, un hébergeur web. On parle de 30 000 $US minimum pour enchérir, et de 50 000 $US, pour obtenir le domaine tout de suite.

Parce que trave, c’est travel (voyage), avec un L en moins. Aussi niaiseux que ça!

Livewell.com est également aux enchères. Au moment d’écrire ces lignes, la plus haute mise atteint 11 500 $US. Est-ce que ce sera bientôt l’URL d’une compagnie de smoothies bio? Peut-être. Mais il est aussi probable qu’il retourne sur le marché.

Vous le devinez… certaines personnes font une profession d’acheter et de revendre des sites web!

Ce n’est pas la première fois qu’il change de propriétaire : lors de sa précédente transaction, il a récolté 20 000 $US. Vous le devinez… certaines personnes font une profession d’acheter et de revendre des sites web!

Après tout, les domaines, c’est un produit. Et 20 000 $US pour Livewell, ça demeure plus raisonnable que les 10 millions $US demandés sur eBay pour… jewishtower.com.

Et que les 872 millions $US qu’a coûté Cars.com!

Les pirates de Google

Le marché du clic ne s’arrête pas aux noms de site web funky. Il entraîne les hyperliens dans son sillage!

« Il y a souvent des gens louches qui m’écrivent pour que j’ajoute des liens louches vers leurs sites louches », m’a confié Ben, notre gestionnaire de communauté. C’est qu’à part travailler pour URBANIA, Ben est aussi auteur à Dead End Folies, espace web où il partage ses critiques culturelles.

Et il a l’habitude de recevoir ce genre de message.

Qu’est-ce que les voyages et la traduction code binaire/français ont en commun? Ce bon Hussnain nous l’expliquera peut-être.

Mais qui paye pour avoir son site référé sur un blogue n’ayant aucun rapport avec son contenu?

Pas mal de monde, en fait. On n’a qu’à aller sur Fiverr pour constater que plusieurs vendeurs offrent de glisser des backlinks, soit des liens menant vers le site d’un acheteur, un peu partout sur le web. Par exemple, seoclubx propose d’insérer 70 liens pour 35$.

L’idée est d’augmenter la visibilité du site sur les moteurs de recherche en le rendant en apparence plus riche. C’est une technique qualifiée de black hat, c’est-à-dire qu’elle simule de l’engouement plutôt que de le produire de façon organique.

Sans surprise, ça ne marche pas vraiment, ou pas très longtemps.

Sans surprise, ça ne marche pas vraiment, ou pas très longtemps. Google tente activement d’empêcher les sites ayant recourt à ces techniques de monter dans la liste de résultats.

Généralement, ceux utilisant ce genre de service sont à la recherche d’un gain rapide de visibilité, peu importe les risques. Autrement dit : ce sont des entreprises wack. Des casinos en ligne, ou encore des sites de « création de contenu » qui s’apparentent plus à de la publicité qu’autre chose.

Mais d’autres vont plus loin.

Ramener les URL mortes à la vie

Imaginez avoir votre site web référencé par le New York Times. Une idée séduisante, ne serait-ce que pour pouvoir le mentionner lors de votre prochain 5 à 7 de réseautage.

C’est possible! Sauf que l’hyperlien se retrouvera potentiellement dans un article random de 2011 traitant d’un bouchon de circulation majeur à Brooklyn, et attaché à une phrase n’ayant aucun rapport avec votre business.

Pour réussir ce petit tour de magie, le truc est de repérer un hyperlien du NYT menant à un site web expiré. Le nom de domaine en question doit ensuite être racheté, puis redirigé vers votre site. Et voilà!

La manœuvre n’entraînera pas beaucoup de lecteurs chez vous. Mais qu’importe? Encore une fois, l’objectif est de rendre votre site web crédible aux yeux de Google. Et quoi de plus crédible qu’être référé par un site de nouvelles réputé?

C’est un service « professionnel » obscur, mais actif, rapporte Buzzfeed News. Par exemple, surajk85 vous promet un backlink de Mashable, The Guardian, Chicago Tribune ou encore BusinessWeek pour… 35$!

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