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C’est-tu si pire de manquer l’école pour un voyage en famille ?

C’est-tu si pire de manquer l’école pour un voyage en famille ?

De la pertinence (ou pas) d’être formé à l’école de la vie.

2 septembre 2026
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On dit que les voyages forment la jeunesse, mais savez-vous ce qui est encore plus formateur ? L’école. Pourtant, de plus en plus de parents font sécher les cours à leurs enfants pour les emmener en vacances. La preuve : une compagnie de voyages rapporte que la demande pour les escapades familiales au mois de mai a quadruplé entre 2023 et 2025.

Selon la Fédération des centres de services scolaires du Québec, les vacances familiales font partie des causes d’absences les plus fréquentes, après les virus respiratoires.

Mais c’est-tu si pire de faire manquer l’école à vos enfants pour une virée à Varadero ou à Tokyo ? La question suscite beaucoup d’échanges (pas toujours édifiants) sur Reddit. Certains enseignants donnent leur sceau d’approbation aux parents globe-trotteurs, alors que d’autres les traitent de sales irresponsables.

Et si la vérité se trouvait quelque part au milieu ?

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Pourquoi vous devriez rester chez vous

Quand on analyse l’enjeu d’un point de vue strictement légal, inciter vos enfants à faire l’école buissonnière fait de vous un hors-la-loi. Au Québec, l’instruction n’est pas seulement un droit, c’est une obligation. Tout enfant résidant dans la Belle Province est tenu de fréquenter l’école de 6 à 16 ans. (L’école de la vie n’est malheureusement pas une institution reconnue.)

Des absences répétées ou prolongées peuvent mener à un signalement à la DPJ. En France, ça peut même aller jusqu’à deux ans de prison accompagnés d’une amende de 30 000 €.

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Ça peut paraître drastique, mais il y a des raisons derrière tout ça. Les recherches démontrent qu’à huit jours d’absence dans l’année scolaire, le risque d’échec aux examens finaux est multiplié par deux. Et à 18 jours, c’est la réussite scolaire complète qui est en péril. C’est cher payé pour une photo de votre enfant qui fait semblant de soutenir la tour de Pise.

L’absence d’un élève peut également pénaliser la classe au complet, puisqu’elle force le prof à réenseigner la matière pour rattraper le retard accumulé par les aspirants citoyens du monde de son groupe.

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Et certains mentionnent que faire manquer des cours à votre enfant lui envoie un drôle de message. C’est comme si vous lui disiez que l’école, au fond, c’est pas si important.

Pourquoi vous devriez partir

Les arguments ci-haut s’appliquent à tous les types d’absences, du petit rhume aux funérailles, en passant par le rendez-vous chez le dentiste. Mais les voyages constituent-ils une catégorie à part ?

Pour plusieurs, les apprentissages acquis à l’étranger compensent largement ceux que l’enfant va rater en classe. Selon une neuropsychologue, voyager permet de renforcer l’adaptabilité, la résolution de problèmes, le sens de l’organisation et l’indépendance. Une spécialiste de la petite enfance parle quant à elle du développement du vocabulaire, de la curiosité et de la confiance en soi. Ça doit être ça que Pauline Marois appelait les compétences transversales.

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Dans le même esprit, il y a ce classique qu’on entend souvent : « Pendant notre semaine à Paris, notre fille a beaucoup plus appris sur l’histoire, l’art et la culture que dans n’importe quel manuel scolaire ».

C’est sûr que voir la tour Eiffel en personne n’aide pas vraiment à assimiler les tables de multiplication, mais ce genre d’expérience permet des apprentissages qui, bien qu’intangibles et difficiles à quantifier, sont réels et précieux.

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On sous-estime aussi les bénéfices du temps passé en famille. À une époque où il devient de plus en plus compliqué de synchroniser les horaires de tout le monde, se retrouver ne serait-ce qu’une semaine en cellule familiale, ça n’a pas de prix.

Ce qui a un prix, par contre, c’est les billets d’avion. Si autant de parents sont prêts à sacrifier des journées scolaires pour partir en voyage, c’est en bonne partie pour des raisons budgétaires. Selon Bloomberg, le coût d’un voyage pendant la semaine de relâche a plus que doublé entre 2019 et 2025. Ça pénalise les familles à faible revenu, qui n’ont souvent pas le choix de partir hors congés scolaires si elles veulent voyager. Une réalité qui échappe probablement aux Luc Poirier de ce monde.

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Cela dit, même ceux pour qui l’argent n’est pas un problème n’attendent plus que l’école soit finie avant de s’envoler vers des cieux plus cléments. Les avantages sont nombreux : moins de touristes, files d’attente plus courtes, réservations d’hébergement plus faciles, visites avec guide privé, etc. Avoir moins d’inconnus dans votre selfie devant la fontaine de Trevi, ça vaut bien quelques points de moins sur le bulletin de votre enfant, non ?

Mettez toutes les chances de votre côté

Vous avez pesé le pour et le contre, et vous avez finalement décidé de partir pendant l’année scolaire. Comment minimiser le plus possible l’impact des journées manquées par votre enfant ?

D’abord, il faut bien choisir le moment. Voyager pendant une période d’examens aura évidemment plus de conséquences qu’à un moment moins névralgique. Vous pouvez aussi planifier votre périple durant une semaine où il y a déjà des congés ou des journées pédagogiques, question de faire manquer moins de cours à votre enfant.

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Il y a aussi la question de la fréquence et de la durée. Un voyage d’une semaine, une fois dans l’année, ça passe toujours. Mais partir plus longtemps, plusieurs fois par an, c’est jouer avec le feu. Et comme l’a déjà dit une philosophe réputée : « Attention, le feu, c’est chaud, c’est dangereux ».

L’âge et la facilité d’apprentissage de votre enfant sont également des facteurs à considérer. Règle générale, plus il est jeune, moins son absence des bancs d’école aura d’impact. Rater la journée du bricolage en macaronis sera effectivement moins dommageable que de sauter des notions complexes d’algèbre.

De la même manière, un premier de classe rattrapera probablement plus rapidement le temps perdu qu’un élève en difficulté.

Dans tous les cas, communiquer tôt et efficacement avec les enseignants et la direction est primordial. Ils sont les mieux placés pour vous informer de ce qui est au programme pendant vos vacances. Certains enseignants fournissent même de la matière à étudier et des travaux à compléter durant le voyage pour que votre enfant reste à jour.

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Finalement, demandez donc l’avis de votre enfant avant d’acheter les billets d’avion. Après tout, c’est lui qui devra vivre avec les conséquences de son absence à votre retour. Peut-être qu’il n’a pas envie de passer ses soirées à étudier à l’hôtel pour ne pas prendre de retard pendant que vous buvez un piña colada au bar de la piscine. Peut-être aussi qu’il angoisse à l’idée de ne pas voir ses amis pendant une semaine ou deux. Sa ou son BFF a le temps de changer de chum ou de blonde quatre fois pendant ce temps-là.

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