.jpg.webp)
Qui dit rentrée universitaire dit aussi retour de l’activité phare de cette période de l’année : les initiations. Ces activités festives destinées à accueillir les membres de la communauté étudiante qui font leurs premiers pas sur le campus sont souvent associées au sexe, à la drogue et au rock n’roll. Fortes de nombreux scandales où plusieurs limites ont été outrepassées dans les dernières années, les initiations sont désormais appelées, dans bien des facultés, les intégrations. Mais est-ce qu’un changement de nom équivaut à un changement de coutumes ?
il existe encore une certaine omertà par rapport aux intégrations universitaires.
D’abord, il est à noter que l’humble messagère qui rédige ces lignes n’a pas eu la tâche facile pour récolter des témoignages. En effet, plusieurs comités organisateurs donnent la directive aux participant.e.s de ne pas parler aux médias, sous aucun prétexte. C’est le cas des étudiant.e.s à la tête des intégrations de la faculté de communication de l’Université du Québec à Montréal (UQÀM), par exemple. Les responsables des festivités de la rentrée du bac en loisir, culture et tourisme de l’Université du Québec à Trois-Rivières préfèrent pour leur part rester « sous le radar ». Autrement dit, il existe encore une certaine omertà par rapport aux intégrations universitaires.
Mais ce n’est quand même pas ce silence qui privera notre lectorat d’une information de qualité ! Léa Delaquis est l’une des organisatrices pour les activités sociales de la rentrée du bac en enseignement secondaire de l’UQÀM. Elle explique que les célébrations se dérouleront pendant une journée : « On va commencer par faire un rallye, suivi d’activités au parc Lafontaine en petits groupes d’une dizaine de personnes. On a un souci de respecter les règles sanitaires. » Elle explique qu’avant la pandémie, les jeunes fêtard.e.s se rendaient en autobus sur une base de plein air pour y passer la nuit. « Mais moi, l’année dernière, j’ai vécu mes intégrations dans un contexte pandémique, et j’ai quand même adoré ça. Alors j’ai décidé de m’impliquer à nouveau en tant qu’organisatrice cette année », ajoute-t-elle. On reste quand même loin de l’ambiance du Camping Sauvage.
«Cette année, on a prévu plein d’évènements éparpillés, comme des marathons de films, du génie en herbe ou des olympiades»
Mais avant de lancer les hauts cris en s’imaginant de jeunes universitaires s’inonder de Heineken au parc Lafontaine alors qu’une pandémie sévit tout autour, il faut garder en tête l’isolement dont ont souffert ces électrons (enfin) libres dans la dernière année. Le désir de retrouver un semblant de vie sociale tout en respectant les mesures sanitaires est possible d’après Chloé Blais-Lemelin, cheffe d’intégration à la Polytechnique Montréal. « On va étaler les activités sur deux semaines. En raison de la pandémie, le nombre de personnes admises est limité », mentionne-t-elle. Elle ajoute qu’avant la peste covidienne, les intégrations étaient beaucoup plus condensées et intenses. « Cette année, on a prévu plein d’évènements éparpillés, comme des marathons de films, du génie en herbe ou des olympiades », se réjouit-elle. On a déjà vu plus trash que ça, quand même.
On lui souhaite de la modération, des BONS jeux de camp de jour et un baril d’élixir houblonné.
Espérons que les intégrations ne défraieront pas les manchettes dans les prochaines semaines avec des dizaines d’histoires choquantes. Mais malgré le désir des étudiant.e.s de renouer avec la vie nocturne tout en changeant les mœurs des traditions universitaires, il semble que la réalité de la pandémie teintera à nouveau l’ambiance des campus cet automne.
Le constat qui s’impose est que la pandémie a forcé les intégrations à devenir davantage bon enfant que dévergondées. C’est ce qu’Alexis Langevin, étudiant de première année en enseignement primaire et préscolaire à l’UQÀM, a pu constater lors de sa journée d’intégrations à la fin du mois d’août. « On a joué au parc à des jeux de style camp de jour, comme du volleyball ou police-voleur », relate-t-il. Même chose pour Thomas Ring, étudiant en littérature de langue française à l’UdeM : « Ça a commencé avec des jeux comme la boulette et au spikeball au parc, puis on a fini la journée sur la terrasse d’un bar », se remémore-t-il. Il ajoute que le port du masque était requis quand la distanciation physique ne pouvait pas être respectée.
L’étudiant de première année en droit à l’Université d’Ottawa Thomas Guillemette se prépare quant à lui à vivre son rite de la rentrée au début du mois de septembre. Avoir ses deux doses de vaccin sera requis pour participer, et une journée d’activités en ligne est prévue pendant la semaine. « Il y a un coût de 80 $ pour participer, on devrait aller à une plage et faire un rallye dans la ville », mentionne-t-il. On lui souhaite de la modération, des bons jeux de camp de jour et un baril d’élixir houblonné.