Ce que j’ai appris en allant tirer du gun entre filles

Récit d'une fin de semaine d'initiation à la chasse et à la pêche

En juillet dernier, je me suis retrouvée au beau milieu de la forêt en Haute-Mauricie pour trois jours d’initiation à la chasse et à la pêche avec 30 autres filles à la pourvoirie Seigneurie du Triton. C’est probablement mon petit côté survivaliste (je me suis toujours demandé ce que je ferais sans skills de chasse et de pêche en cas d’invasion de zombies, parce qu’on s’entend que du tempeh en nature, c’est dur à dénicher) qui a crié OUI quand on m’a proposé de me joindre au groupe. Pas que j’avais spécialement besoin d’un safe space pour apprendre à me servir d’une 22, mais puisqu’on me l’offrait et que je like tout ce qui ressemble à un orignal sur Instagram, je me suis ruée sur mon plus beau flacon de Watkins et j’ai pris le train, direction Seigneurie du Triton.

Huit heures plus tard (deux de plus que ce qui était prévu, on se serait cru à bord d’un train exo) un fabuleux plan de match nous attendait : tir au fusil et à la carabine, tir à l’arc, pêche à la mouche, pêche à la ligne et atelier de maniement de moteur hors-bord. Ajoutez à ça des paysages que ne renierait pas une bonne carte postale et un porche qu’a foulé Winston Churchill à une autre époque et vous avez un aperçu du topo.

Allons droit au punch final. Au terme du weekend, un seul mot me viendra en tête : fun level expert. Ça en fait trois? Tant pis.

Voici cinq choses que j’ai apprises pendant ces trois jours.

C’est là que ça s’est vraiment passé.

Katniss Everdeen s’est beaucoup pratiquée

Forte de mes quelques étés passés en camps de vacances étant enfant, je me disais qu’un peu à la manière du vélo, le tir à l’arc, ça ne se perd pas. Surprise! Ou j’étais vraiment une archère poche à 10 ans et je ne m’en souvenais plus ou mes habiletés n’ont pas survécu à l’épreuve du temps. Tout ça pour dire que, malgré les bons et répétés conseils des instructrices, mes flèches refusaient obstinément d’atteindre la cible. Mais pour toucher celle de la voisine, ah ça oui, pas de problème. Bref, j’en suis venue à la conclusion que pour atteindre le niveau Hunger Games, Katniss Everdeen s’est exercée au tir au moins 5 ans à temps plein sans interruption, si on se fie à ce que nous dit Malcolm Gladwell. De mon côté, on peut dire sans trop se tromper que les chevreuils peuvent, pour l’instant, dormir en paix.

Ceci n’est pas Katniss Everdeen.

Après le tir à l’arc, trouver du réconfort avec un moteur hors-bord.

Une truite mouchetée, ça peut être gros

Trois heures. J’ai passé trois heures dans notre embarcation sans pêcher le moindre poisson, lançant et relançant ma ligne à l’eau sans relâche. Comme le veut le cliché, j’ai aussi failli crever un oeil à une de mes coéquipières de bateau quand j’ai perdu le contrôle de mes mouvements et frôlé son sourcil avec mon hameçon. De quoi insuffler une belle décharge d’adrénaline à ce paisible moment sur l’eau. L’objectif était de ramener au moins une truite sur le rivage, qu’on allait préparer et manger comme le faisaient nos ancêtres : sur un BBQ au gaz. Les mains vides, résignée, j’étais en grande réflexion sur la dictature de la performance quand j’ai vu Hélène, notre monitrice de tir à l’arc, avec deux solides grosses truites. Voyons don’ que ça peut être aussi gros! Quand je serai grande, moi aussi je vais faire partie du club des 2 livres.

#lifegoal

Truites niveau débutant.

Tirer du gun sur des cibles en papier, une manière étonnamment efficace de décrocher

Il y a quelque chose d’intimidant à tâter de l’arme à feu quand tu n’as jamais eu de fantasme à la Godless. Bon, d’accord. Ce serait mentir que de dire que je n’avais pas une envie folle de savoir l’effet que ça fait, tirer du gun. Mais c’est du sérieux et l’exercice n’est pas à prendre à la légère. Mesures de sécurité détaillées, description des armes, technique de tir, position à adopter (oui, ça recule quand le coup part, lèves ton coude) : j’étais tellement concentrée qu’au moment de mettre mon doigt sur la gâchette, les 259 dossiers urgents qui m’attendaient au bureau ont (temporairement) cessé d’exister. Ne restait plus que moi, la cible et un vague souvenir de Myriam Bédard aux J.O. de Lillehammer. Efficace pour être dans le moment présent, plus que tous les exercices de respiration de Calm et Headspace réunis.

Moment zen.

Toutes les chaises berçantes ne sont pas égales

Je l’ai glissé assez peu subtilement en introduction, mais la Seigneurie du Triton, où a lieu chaque année cette fin de semaine d’initiation, a un passé glam. Pas que le présent le soit moins, mais disons que de savoir que Churchill, Harry Truman et les Rockefeller sont passés par là à une autre époque donne un cachet particulier au vernis du plancher. Et de pouvoir s’asseoir dans la même chaise berçante que Theodore Roosevelt, qu’on soit d’accord ou non avec ses positions, c’est avoir un billet pas trop cher pour voyager au début du 20e siècle. Elle est là, dans la salle de séjour de ce qui s’appelait, à sa fondation en 1886, le Triton Fish and Game Club. Elle berce comme toutes les autres chaises berçantes de l’univers, mais avec une twist présidentielle. Vous boudez ces jours-ci les États-Unis et ce fun fact vous laisse de glace? Ce n’est pas grave, voici un hypnotisant documentaire animalier sur les tritons à regarder pour changer d’air.

Teddy s’est bercé ici.

Teddy a probablement aussi lunché là.

Les mouches noires n’ont pas toujours le dessus

La forêt luxuriante, les lacs magnifiques, la brume du petit matin, les tamias rayés qui se disputent dans les poubelles : être initiée à la chasse et à la pêche dans ces conditions, c’est précieux et inoubliable. Mais pour certaines, à la peau particulièrement succulente, ça vient aussi avec son lot de combat à finir avec mouches et moustiques. C’est là qu’entre en scène la plus formidable des inventions, avec laquelle j’ai fait connaissance sur place : le Thermacell. En ma qualité de novice, j’ai encore le droit de m’émerveiller devant ce que la vie en forêt a de plus beau à offrir, et je ne vais pas m’en priver. Allumer cette petite machine qui diffuse un frais parfum de citronnelle, c’est comme avoir un super-pouvoir, c’est comme se métamorphoser en héroïne de Marvel sur laquelle les insectes n’ont aucune emprise. Muskolgirl, ou quelque chose du genre. Ceci n’est pas une #ad, c’est un hommage aux inventions qui rendent la vie plus douce. Maintenant, on croise les doigts en espérant très fort que le dispositif en question soit aussi environnement-friendly.

Un thermacell en action en compagnie de notre monitrice de tir. Une photo sans moustique.

Si vous avez vous aussi envie de vous initier à la chasse et à la pêche, de passer un cool weekend dans le bois en plus d’investir un repaire autrefois réservé aux hommes qui dit aujourd’hui bienvenue aux dames, vous pouvez vous inscrire à Fauniquement Femme Latulippe ici ! J’en profite pour remercier Emily, son équipe, celle de la Seigneurie du Triton, et lever ma casquette à celles qui étaient aussi de l’aventure pour cette édition 2018. Et si le Père Noël est à l’écoute, un Thermacell en dessous du sapin cette année ne serait pas de refus. Ou des mouches pour pratiquer mes nouveaux skills de pêche à la mouche. Je ne serai pas difficile, promis.

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