On est où?

Californie #jalousie

Chronique d'un (pas si vieux) camper van.

Avec les chroniques d’un (pas si vieux) « camper van », Mélanie Leblanc vous emmène sur la route, la vraie. Des chemins sans filtre Instagram, pas toujours glam, souvent bordéliques, mais ô combien divertissants. À bord de John Mel & Camper, son truck de 21 ans (pas de rouille, pas de trou), c’est un départ vers la liberté… et le chaos.

Californiens, je vous déteste (un tout petit peu)

Mon chum est en train de hacher de l’ail, ça se mélange à l’air salin. Miam. Ce soir, on dort au bord du Pacifique étatsuniens pour la première fois. Sur l’autoroute 1. Je dis « dormir ». Comment savoir. L’expérience me dit que moi je dormirai comme une grosse loutre et Antoine va refaire le lit 100 fois à force de tourner. Bref. Cher Pacifique, comme tu nous a manqué. On te connait bien au Mexique, mais c’est la première fois qu’on te goûte en anglais.

Arborant fièrement le kit du yéti trucker,  il a pris une pause d’ail pour ouvrir le blanc. L’état du truck? Bordélique? Je ne le remarque plus. Bienvenue dans la vanlife.

Je rêvais de cette côte Californienne. Là où cette idée de roadtrip a germé, il y a deux ans, alors que je visitais Los Angeles pour un petit quatre jours. Journée parfaite aujourd’hui, tout ça gratuit, en plus de se faire des drinks dans le truck qu’on boit sur la playa et ¡viva la pura vida! Les journées sont toujours spéciales, mais pas toujours parfaites. On savoure.

Couchée sur le sable, j’observais les familles californiennes belles et reluisantes et POW. Ça m’a pris dans le ventre. Un gros rat vicieux qui gruge par en dedans: la jalousie… Je suis JALOUSE DES CALIFORNIENS. Moi?!! Jalouse?? Première fois que je ressens ce sentiment de ma vie et je trippe pas. C’est ben dégueulasse être jaloux! Ark.

Destination liberté. Ou jalousie.

Californie, je t’adore. Californiens, je vous déteste d’être nés ici. J’exagère. Mais je vous envie parce que votre maison c’est :

Palm Springs

Ici, je me sens comme dans Mad Men, même si je sais que la série se passait à New York. L’architecture mid century modern me chavire de beauté. On a fait ce que je détestais tant, ado: des beaux tours de machine. J’ai arpenté chaque rue en m’imaginant habiter ces maisons. Directe dans le désert, Palm Springs est comme une bulle sortie du temps. D’un côté les bons restos et boutiques de produits fins (tout ce qu’on ne peut pas se permettre dans cette fin de voyage), de l’autre les montagnes et les randos. Initiation personnelle. Oui, comme tout le monde, j’ai déjà monté le Mont St-Hilaire avec très peu de plaisir, d’ailleurs.

La randonnée m’ennuie profondément: je rush au début, mon cardio suit pas, je rush à la fin, mes genoux veulent sortir de mon corps pour aller se faire rouler dessus, dans la rue. Je trouve ça long, je comprends pas le but… J’aimerais mieux faire de la randonnée pour une raison précise: genre arriver au top, trouver un dépanneur et repartir avec une pinte de lait.

Si Antoine est né avec des bottes de marche dans les pieds, moi j’avais des pantoufles. D’un côté la ville, de l’autre, la montagne. Beaucoup de compromis de part et d’autre dans ce roadtrip, ça donne une diversité divertissant!

On a donc monté et redescendu, sans but précis, une montagne pendant quatre heures. Mais c’était beau. D’ailleurs, c’est pas ça le but de la randonnée? Arriver en haut et trouver ça beau?

Clairement une des deux personnes apprécie plus sa journée que l’autre.

Merci à mes nouvelles amies de m’aider à apprécier ma ballade.

On s’est arrêtés ici pour mettre de l’eau. On a demandé à Dieu si on pouvait se remplir. Dieu a dit oui.

Sequoia National Park

URBANIA, je vais être franche: le 5e mois, pour toutes sortes de raisons, on l’a un peu dans les dents. Et ça fait du bien de se retrouver dans un terrain « connu »: LE BOIS. Oui le désert, oui l’océan, mais le BOIS. La forêt. Enfin (et je réalisais pas que ça me manquait).  Et surtout, je savais pas que c’était ça, aussi, la Cali: les Parcs nationaux.

Truc de pauvre en fin de voyage: même si tu n’es pas sûr de beaucoup l’utiliser, prends ta carte annuelle des Parcs nationaux à 80$ (entrées illimitées).  Une fois dans le parc, il y a souvent des campings que tu paies « sur l’honneur »: tu paies ta nuit en laissant tes sous ou ton numéro de carte de crédit dans une boîte. Après, à toi de décider si tu as de l’honneur ou pas! Ce bout-là t’appartient.

Quatre jours qu’on a passés dans le bois, à Sequoia. Quatre jours comme chez nous: de la laine polaire autour du feu  (on est à 2000 mètres d’altitude) et de la IPA pour se réchauffer (on s’ennuie beaucoup du Mexique, mais moins de sa bière).

Dans la Forêt des géants, j’ai pogné de quoi. Les deux pieds dans le gigantesque, je me suis regroundée pour les prochaines semaines. Ces arbres-là ont des milliers d’années, il en ont vu d’autres. J’ai ramassé le max d’énergie forestière possible et j’ai juste rempli mes poumons de WOW.

Bien ancrée dans la magie, dans le fantastique, dans le surréel.

Santa Monica + Venice Beach

Vivre dans sa van, c’est génial et peu coûteux, si on dort dans la rue. Ici, c’est plus difficile, comme les pancartes de no parking stipulent que tu ne peux stationner toute la nuit si ton véhicule fait plus de 7 pieds de haut et 22 pieds de long. Ouin. Pas simple. On a fini par trouver, comme toujours. On s’est posés  dans un quartier résidentiel que tu n’as sans doute JAMAIS visité, si tu es venu ici en hôtel. J’avais l’impression d’être stationnée à Victoriaville, exactement comme quand je cherche une place sur le Plateau-Mont-Royal.

Ma fitbit confirme: on était stationnés à Victoriaville.

Monica et Venice, je retiendrai de vous votre ambiance peace and love, votre humour,  votre sourire et vos odeurs de printemps ben franches. La vie est facile ici. Comme si tout était possible, comme si on pouvait tout faire,  à la condition d’avoir 5000 $ par mois pour louer un appartement.

Gentils Californiens, c’est peut être pas directement dans votre cours, mais vous êtes quand même pas loin de l’Utah et il y a quoi en Utah?

Le Zion National Park

« On peut pas tout faire ». Cette phrase, on se la radote depuis cinq mois. Dans cette catégorie il y a le Grand Canyon… Mais à quel point on a adoré LE Canyon Zion. En plus on s’est fait de nouveaux amis vaners de chez nous. En plus Karine fait de la télé. Man, potiner entre filles. EN QUÉBECOIS. Gratitude de ce 5e mois sur la route. D’ailleurs on les verra à Montréal et chaque fois que je les reverrai je m’excuserai d’avoir parlé autant. À croire que j’avais une muselière les 4 premiers mois!

*Truc de pauvre: on arrive sur le camping, c’est plein. Pas de place pour la nuit. On rencontre nos nouveaux amis qui nous offrent de dormir sur leur terrain. Ouiiiii on peut dormir 2 véhicules par terrain! On se connait pas pis on dort déjà ensemble le 1er soir. Déso de la joke de matante. Je vous le dis: chus pas tenable quand je rencontre des Québécois.

Sourire aussi grand que ma trappe que j’ai pas réussi à fermer avec elle.

Et comme je l’ai eu dans la tête pendant quatre jours (y’aurait peut-être fallu que j’arrête de l’appeler le Muzion Canyon), je finis ça en musique. Sorry si tu l’as maintenant de collée dans le cerveau.

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