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Sponso – ESPUM

Ça sert à quoi, la santé publique?

Ce que la santé publique révèle sur les angles morts de notre système.

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L’École de santé publique de l’Université de Montréal (ESPUM) et URBANIA s’unissent pour vous plonger dans cet univers parfois invisible.

Spoiler alert : le revenu d’une personne, son adresse, son logement, son emploi, son identité de genre, le racisme systémique, l’insécurité alimentaire, l’accès aux transports en commun, la pollution ambiante et les changements climatiques ont tous des effets sur sa santé. Et lorsqu’on étudie en santé publique, ce sont des données que l’on connaît très bien.

Au Québec, notre système de santé repose sur un grand principe : l’accès universel aux soins de santé grâce à un système public. En théorie, c’est vrai. Mais ce qu’on explique moins, c’est que de nombreux facteurs viennent se mettre dans les pattes de cet important principe. Et c’est là que la santé publique entre en jeu. Son rôle, c’est de déterminer comment on peut bâtir une société où tout le monde peut être en santé malgré ces facteurs.

Ces facteurs ont même un petit nom

On appelle ces facteurs les déterminants sociaux de la santé. Ce sont des facteurs personnels, sociaux, économiques et environnementaux qui agissent sur notre santé, pour le meilleur… ou pour le pire. Selon le gouvernement canadien, les déterminants sociaux de la santé englobent les facteurs liés à la place qu’occupe un individu dans sa société. Ça inclut son revenu, son niveau d’éducation, son emploi, mais aussi des facteurs comme la discrimination, le racisme ou le traumatisme historique vécu chez certains groupes, comme les peuples autochtones, les communautés 2SLGBTQIA+ et les communautés noires.

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Une rumeur veut même que le code postal puisse prédire aussi bien la santé d’une personne que son code génétique. On vous rassure : pas besoin de vous lancer in extremis dans la quête d’un nouveau logement ou de tenter de déchiffrer quelque chose qui ne se déchiffre pas dans le sextette de lettres et de chiffres que forme votre code postal.

Dis-moi ton code postal et je te dirai ton espérance de vie

Votre appartement est-il neuf ou en piètre état? Vivez-vous dans un quartier riche ou pauvre? Y retrouve-t-on tous les services essentiels, du transport en commun, des espaces verts? La qualité de l’air y est-elle bonne? Tout ça peut jouer sur votre santé.

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Selon le Portrait de santé de la population publié en 2025 par le CIUSSS du Centre-Sud-l’Île-de-Montréal, les personnes qui résident dans des quartiers comme Westmount, Outremont et NDG vivent en moyenne cinq ans de plus que celles du Sud-Ouest, de Verdun ou de Ville-Marie. Dans ces trois secteurs, des conditions socioéconomiques moins favorables, des habitudes de vie moins saines, un plus grand nombre de familles monoparentales et une exposition accrue à des facteurs psychosociaux et environnementaux défavorables font partie des raisons qui expliquent les résultats. En santé publique, on tente de trouver des solutions pour que les personnes qui habitent dans des quartiers « chauds » puissent vivre en bonne santé. Par exemple, on peut vouloir déployer plus d’efforts de sensibilisation dans ces quartiers, comme ce fut le cas lors de la campagne de vaccination de 2021.

Quand on dit santé, vous dites sécurité. Santé? Sécurité! Santé? Sécurité!

Les conditions dans lesquelles on travaille ont aussi des répercussions sur notre santé – c’est pas pour rien que la CNESST existe. Une personne qui passe ses journées dans une mine n’aura pas la même santé que celle qui passe les siennes assise, qui est exposée à des produits chimiques, qui a un horaire de nuit, qui est constamment stressée… et c’est précisément à tous ces éléments-là que s’intéressent les chercheurs et chercheuses qui souhaitent réduire les risques de santé liés au boulot-dodo (parce que si votre emploi vous empêche de dormir… ça les intéresse aussi).

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C’est toujours les plus riches

Le revenu d’une personne est considéré comme le déterminant social le plus important, parce qu’il a des retombées directes sur son quotidien. Avec un meilleur salaire, on peut se payer de meilleurs aliments, un abonnement au gym, de bons vêtements de plein air, des lunettes à sa vue, des médicaments, des visites plus fréquentes chez le dentiste, de meilleures paires de chaussures… et plus. Le rôle de la santé publique, c’est un peu de trouver une façon de faire en sorte que les moins riches aient accès aux mêmes soins que les plus riches.

D’ailleurs, l’accès aux soins dentaires est à la base une recommandation de la santé publique : c’est pour ça qu’un programme de santé bucco-dentaire pour les enfants est offert aux familles à faible revenu dans certaines écoles et certains CLSC.

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Un système de santé accessible, oui, mais…

Les facteurs discriminatoires dans notre société, comme le statut d’immigrant, la couleur de la peau, l’identité de genre, l’orientation sexuelle, l’âge, le poids ou une situation de handicap sont aussi des facteurs discriminatoires en santé.

Par exemple : une femme enceinte migrante non couverte par la RAMQ n’aura pas accès aux mêmes suivis de grossesse qu’une femme née ici ou ayant un statut de résidente permanente. Et le nom « Joyce Echaquan », ça vous dit quelque chose? Le décès de cette femme atikamekw, survenu le 28 septembre 2020, a soulevé beaucoup de questions sur le racisme de nos institutions et l’accès aux soins des communautés autochtones. Étudier l’accessibilité (ou l’inaccessibilité) des communautés marginalisées aux soins de santé et émettre des recommandations pour les améliorer, c’est aussi le genre de choses qu’on fait en santé publique.

Prendre les enjeux de santé par les cornes

Ça fait des années qu’au Québec, les gouvernements se renvoient la balle pour ce qui est d’améliorer un système de santé où on soigne plutôt que de prévenir. Et si on changeait notre santé d’épaule pour rendre plus visibles les différentes branches de la santé publique? (Docteur Caroline Quach-Thanh, c’est votre cue!) Après tout, avoir des urgences moins remplies, personne ne peut dire non à ça. Ça tombe bien, parce que pour accroître la prévention, ce ne sont pas les perspectives de recherche ou de carrières qui manquent : santé et sécurité au travail, maladies infectieuses, état de santé et inégalités, bioéthique, santé environnementale, analyse des données populationnelles, gestion et politiques de santé… il y en a pour tous les goûts. Et toutes les expertises!

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