« Bro » pas ma romance, bro

Quelle est la différence entre une bromance et une simple amitié ? Apparemment, ce n'est pas la romance.

J’ai besoin d’aide. Help. Admettons que j’ai envie de vivre ça, moé, une bromance, comment j’fais? J’ai tu l’droit, considérant le fait que j’suis gai, ou bedon non? C’est quoi les règlements?

Bon j’avoue, l’envie m’a pogné à cause de la fois où j’ai stalké sexay Jay (yeux-de-bébé-chien-qui-font-fondre-mon-âme) Du Temple sur Instagram et que j’ai constaté qu’il vivait pleinement au moins 97 bromances simultanément. Qu’on s’le dise, émoustillé je fus. Maintenant, la question c’est : puis-je être le 98ième? PUIS-JE.

Ça va faire 3 ans que mon chum et moi sommes en couple mais dans le fond, le sommes-nous vraiment? J’suis même pu sûr qu’on soit gai.

Pour commencer, par contre, je dois comprendre concrètement ce que signifie le terme bromance parce que c’pas clair. Y’a tu ben un mâle hétéro dans le vent qui voudrait m’expliquer admettons c’est quoi la différence entre une bromance pis une amitié. J’la comprends pas. Vous écoutez le hockey ensemble mais genre, aux chandelles? Vous jouez au basket avec une rose dans yeule?

Ça va faire 3 ans que mon chum et moi sommes en couple mais dans le fond, le sommes-nous vraiment? J’suis même pu sûr qu’on soit gai. Peut-être sommes-nous seulement dans une osti de belle grosse bromance turbo. À moins qu’il y ait des règles dans une bromance pis qu’on les ait enfreintes. On a quand même joué à touche-wiwi pas pire souvent… Est-ce qu’on a le droit, dans une bromance, de jouer à touche-wiwi? Ou alors est-ce plutôt de l’amour entre gars mais pas de sexe. Mais encore là, c’est quand même la réalité de certains couples, de l’amour sans le sexe, alors sont-ils eux aussi plutôt dans une bromance? À moins que vous, les bros, c’est de l’amour, mais pas CE genre d’amour-là. Fak dans le fond, c’est une relation mais sans le grand amour pi sans le sexe. Fak dans le fond, une relation… d’amitié?

C’TU JUSTE ÇA? Une A-Mi-Tié. Me v’la déçu. La romance là-dedans, est où? J’LA CHARCHE. Parce que ça s’appelle quand même bromance. Moé j’veux imaginer sexy Jay vivre une romance avec un gars (moé), pas une osti de relation d’amitié plate. Imagine que c’est juste ça, une bromance, un mot cave pour décrire une relation platonique entre deux gars. Méchante joke. Imagine que j’suis un colon zéro progressif qui croit encore à la friendzone pis imagine que j’me tape des soirées à m’faire chier en faisant des activités de bro avec Jay pi qu’à la fin, j’ai même pas l’droit à quelques bisous ou à du tâtage de cuisse. WHAT THE HELL.

El’cœur me saigne. J’sais ben que ce n’est pas parce que j’passe quelques soirées avec mon bro qu’il me doit automatiquement un tâtage de cuisse. En fait, il ne me doit absolument rien pentoute. Mais dans l’optique où une bromance représente plus qu’une simple amitié, c’est à partir de quand que la nuance entre les deux va se manifester pis que j’vais avoir droit à l’upgrade? À des p’tites tendresses pis à des p’tits colleux. À partir de quand qu’on se donne des bisous en bro? Des bro-bisous. C’est quand, l’amour pi l’gros sexe plein d’passion? C’est quand qu’on bro-adopte un bro-chien pi qu’on se bro-marie?

J’suis jaloux. Moi j’suis gai. J’fais pas partie de ce club exclusif des bros minoucheux. Moi j’suis dans l’autre catégorie. La catégorie moins cool. Moi, si j’vis une bromance, les chances sont que l’envie va m’prendre pis que les p’tits bisous vont finir en autre chose pi ça, c’est pas ben ben bro… À moins que dans les « bromances » aussi, ils se grignotent parfois l’entrejambe. Peut-être que ça fait partie du code secret bro cool ouvert d’esprit mais pas trop. Après les bisous, ça s’donne une bine su’l’épaule pis ça s’annule.

 

Vivre la bromance

J’veux vivre une bromance  avec Jay. Une VRAH. J’vais jouer le tout pour le tout (OMG le film de cheer avec Kirsten Dunst). J’vais me mettre des vêtements funky beaux pis laids en même temps, gage de mon ouverture d’esprit de jeune homme hip. J’vais même mettre mes bobettes neuves fancy, mais pas celles en polyester parce que ça respire mal pis que tu finis par sentir le yâble après cinq minutes. J’vais passer ma soirée à pluguer mes ex-copines (LOL) un peu partout dans les conversations pour être sûr que mon bro ne se doute de rien pi là, après quelques pintes de rousse (ou plutôt quelques drinks parce que la bière me fait puer d’la yeule) et après l’avoir amadoué à grand coup de références à Friends comme la fois où Ross pis Joey font des dodos collés sul’couch en bros, (je sais qu’il aime ça Friends, Jay, il l’a déjà dit), bref, après tout ça, j’vais m’garrocher dessus. IT’S A LOVE STORY, BABY JUST SAY YES.

En même temps, c’pas correct de m’garrocher dessus d’même. Pauvre p’tit chat. C’est tout de ben pas un morceau d’viande. Faut que j’lui demande la permission. Mais comment? Des bros, ça s’parle pas de t’ça. C’EST QUOI LE CODE.

En tant qu’homme homosexuel, m’semble que j’devrais me réjouir de voir cette mode bromance permettre à plein d’hommes hétéros d’être plus à l’aise de démontrer leur affection entre eux. Une p’tite zone grise, y’ont ben le droit à ça. Mais non. J’me réjouis pas.

Bout d’viarge, c’est ben compliqué, une bromance. Qu’on m’sorte mon Benadryl, ça m’pique partout. Peut-être que c’est parce qu’au fond, c’pas faite pour moi, une « bromance ». Peut-être même qu’en réalité, j’haïs ça, ce mot-là. Ouin… J’haïs ça. J’haïs ça parce que c’est vide. C’est rien, une « bromance ». Ça existe pas. C’est une amitié. Mais alors pourquoi ne pas l’appeler ainsi?

En tant qu’homme homosexuel, m’semble que j’devrais me réjouir de voir cette mode bromance permettre à plein d’hommes hétéros d’être plus à l’aise de démontrer leur affection entre eux. Une p’tite zone grise, y’ont ben le droit à ça. Mais non. J’me réjouis pas.

Comprenez, j’le sais ben que nos bros ne sont pas mal intentionnés. Au contraire. Sont plein d’amour, ces p’tites bêtes-là. J’le sais ben aussi que y’a des affaires beeen pire dans vie que l’utilisation du terme bromance. Mais n’empêche.

Quand j’entends bromance, j’entends « no homo ». T’sais, cette délicieuse expression devenue populaire à la fin des années 2000 lorsque les rappeurs se sont mis à l’utiliser comme complément de phrase à chaque fois qu’ils osaient donner un compliment à un autre acolyte du même sexe et qu’ils voulaient dont faire sûr que ça ne sonne pas gai. Bromance c’est comme un soft « no homo ».

Hey Bob, toé j’t’aime en criss. #bromance

Hey Bob, toé j’t’aime en criss. #nohomo

Même combat. Pourquoi clarifier? Tu sais que les straights sont encore très mal à l’aise d’exprimer leur affection mutuelle lorsqu’un terme comme bromance sort.

Admettons : «Hey Bob, toé j’t’aime en criss».

Point. C’est tout. Rien à la fin d’la phrase. Pas besoin de clarifier. Pas besoin de donner un nom à ce que tu viens de faire. C’est correct. Tu peux démontrer de l’affection envers quelqu’un sans avoir peur de porter à confusion.

Finalement, j’cancelle mes plans. J’en veux pu, une bromance. Juste l’idée d’en avoir une me fait sentir exactement comme le terme en question… vide.

Du même auteur

Vous n'allez pas rester là sans rien dire ?
Faites-vous entendre...

mode_comment Afficher les commentaires keyboard_arrow_down keyboard_arrow_up

Dans la même catégorie

Lettre à l’hétéro qui couche secrètement avec d’autres hommes

URBANIA s'associe à "Prêt pour l'action" afin de rappeler aux hommes hétéros l'importance de se faire dépister, peu importe où ils sont allés jouer!

Dans le même esprit