Boutios, druide

Il ne connaît pas la recette de Panoramix pour nous rendre plus forts, mais Michel-Gérald Boutet, alias Boutios, a toutes les qualifications requises pour qu’on l’appelle Monsieur le druide.

Qu’est-ce que le druidisme?
C’est une religion, une philosophie et un mode de vie issus de la culture celte. En tant que Québécois, la plupart d’entre-nous descendons de Celtes sans le savoir. C’est pourquoi plusieurs de nos traditions se retrouvent dans le druidisme. Au Québec, par exemple, la sorcellerie populaire était inspirée du druidisme.

Vous, qu’est-ce qui vous a emmené à devenir druide?
Quand j’étais à l’université, au début des années 70, on rejetait la religion catholique. Mes amis étaient intéressés par les religions orientales, comme l’hindouisme et le bouddhisme, mais moi je n’étais pas prêt à aller si loin de ce que je connaissais. Lors d’un voyage en Angleterre, j’ai appris que le druidisme, dont j’avais entendu parler au cours classique, existait encore.

Comment devient-on druide?

D’abord, il faut trouver un druide, et faire la formation. Quand j’ai trouvé mon druide breton, il m’a référé à un naturopathe québécois qui m’a encadré. J’ai appris la langue celtique ancienne, la religion et les sciences celtiques, qui sont l’astrologie, l’astronomie et la médecine, mais je n’ai pas fait la médecine.

C’est pour ça que vous ne faites pas de potion magique?
En fait, l’herboristerie, dans le druidisme, c’était plutôt une affaire de femmes! C’était les druidesses qui allaient cueillir les herbes et qui brassaient l’hydromel.

Quelle place occupe le druidisme dans votre vie?

Ça fait 40 ans que je m’y consacre. Je participe à toutes les fêtes, avec les autres membres de la communauté druide du Québec. Il y a quatre fêtes de feu, deux solstices et deux équinoxes. Si on était rigides, on se rencontrerait en phase avec les cycles précis de la lune, mais on s’accommode avec les fins de semaines. On se réunit, on jase et on boit de l’hydromel.

Fêtez-vous quand même Noël?
Oui, je suis né et je me suis marié dans la religion catholique, ce qui n’entre pas en contradiction avec le druidisme. D’ailleurs, plusieurs fêtes, comme Noël, tirent leurs racines dans le druidisme, qui existait environ 3000 ans avant Jésus-Christ.

Comment les gens réagissent quand ils apprennent que vous êtes druide?
Ils rient! Durant ma carrière d’enseignant au secondaire, je ne me suis jamais affiché. C’était une société plutôt secrète et quand tu fais partie d’une religion minoritaire, tu gardes ça pour toi. La plupart des gens trouvent que c’est farfelu. Mais la reine-mère et Winston Churchill étaient druides. Farfelu vous dites?!

Beaucoup de gens ont appris votre existence quand vous avez déposé un mémoire sur le projet de Charte des valeurs. Quelle est votre position?
Notre position, c’est la protection des religions minoritaires, comme le druidisme, la franc-maçonnerie, le chamanisme, et les autres spiritualités autochtones. On est pour la charte parce qu’elle va nous protéger du prosélytisme des religions majoritaires qui cherchent à nous anéantir.

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