On est oû?

Bière sur la rivière et pompiers en surprise

Chronique d'un (pas si vieux) camper van.

Avec les chroniques d’un (pas si vieux) « camper van », Mélanie Leblanc vous emmène sur la route, la vraie. Des chemins sans filtre Instagram, pas toujours glam, souvent bordéliques, mais ô combien divertissants. À bord de John Mel & Camper, son truck de 21 ans (pas de rouille, pas de trou), c’est un départ vers la liberté… et le chaos.

Okanagan Valley, tu sais vivre.

« Ouin, mais vous étiez pas en Alberta, la dernière fois? C’est pas tant vers l’est, la Colombie-Britannique. » Bravo, bonne observation ! La pluie, le frette et le Lac Louise qui jouait tout seul à la cachette ont eu raison de nous. Finir le voyage comme on l’avait commencé, ça passe en janvier, mais pas en été. On a donc décidé de se payer des petites vacances, au soleil, en faisant un léger détour de douze heures. Notre exploration canadienne va bon train, enfin on se sent chez-nous. Je me verrais bien prendre ma retraite et me balader l’existence dans un vignoble de la Vallée de l’Okanagan. Faut dire qu’on se l’est joué facile. Je l’ai dit, on est en vacances ! Et dans les vacances, on retrouve: 

La plus chill descente de rivière

C’est la plus belle invention du monde. Et ça coûte gratuit. Cette rivière à Pentincton semble exister pour une seule raison: en profiter, avec une petite bièrette dans le nez. Google m’apprend que « Pentincton » signifie « là où on veut rester pour toujours ». Ça ne peut pas être plus vrai. Sur la Pentincton Channel,  les gens apportent leurs pneumatiques et autres licornes gonflées pour venir « descendre la rivière en flottant ». Littéralement. Certains ont une version plus « bungalow » de leur pneumatique : six places, glacières intégrées, parc pour les enfants, aire de détente pour le chien. Tout ça sur l’eau.

La plupart des gens descendent en chambre à air avec le cooler qui suit, bien installé sur un petit bateau. La journée consiste à te faire bronzer, les fesses dans l’eau, faire des caplouchs quand il fait trop chaud, remonter sur ta « trippe », boire une bière et enjoyer ta vie sur 7 km. On l’a fait en quatre heures! Avoir sur que ça allait prendre autant de temps (faut dire qu’on s’arrêtait un peu partout pour pas que ça passe trop vite), on se serait apporté un p’tit lunch!

Antoine devient très lâche quand il se fait des nouveaux amis sur l’eau. 

Wow les fruits

Les deux pieds dans le clichés, les deux mains dans les cerises. Le temps qu’Antoine remplissait notre chaudière, moi je me remplissais la panse. Non non, j’ai pas du tout fait exprès de ne pas déjeuner ce matin-là! Théorique, je suis allée cueillir des cerises, moi aussi. En pratique, j’ai dû en manger cinq livres. Il y a quelque chose d’exotique à acheter des abricots et des pêches fraîchement cueillis par des Mexicains et vendus par des Indiens (originaires de l’Inde). Grande et souriante surprise, d’ailleurs. Sourires éclatants, il va s’en dire, la communauté indienne est partout. Tu peux, en même temps que tes tomates, acheter des samosas (si bon moelleux et paaaaaaaaarfaits ) cuisinés par la la maman indienne, qui a aussi fait tes futures confitures et marinades…. Tout ça au son de la musique indienne, petit pas de danse compris. Wow, juste wow! 

N’importe quand le camping

Possiblement la place où on a eu le plus de facilité à faire du camping depuis le départ. Premièrement, les camping sauvages aménagés sont partout dans les Provincial Parks. Pas de chichi, y’a une place? Elle est pour toi, reste juste à remplir le formulaire et mettre l’argent dans l’enveloppe. Le prix varie entre 18$ et 30$ selon les endroits, ce qui comprend la table à pique-nique la plus respectable de toutes les tables à pique-nique, un emplacement de feu de camp et la paix. La grosse paix sale sur trame sonore d’oiseaux sur le party. Ça chante sur un moyen temps et c’est magnifique. 

Les pompiers, pas trop souvent

Avant de découvrir les super campings, on s’est ramassés dans un stationnement où il y a des départs de randonnées en forêt. Endroit reconnu par les vaners, on est environ six véhicules ce soir-là et c’est complet. Pour dire l’exiguïté. On arrive en premier et qui dit arriver en premier, dit choisir le meilleur spot. On prend évidemment le plus beau et joie! il y a un rond de feu. On ne se permet jamais de faire un feu si quelqu’un ne l’a pas fait avant nous. On savoure les flammes, je rentre lire dans le camion et une dame arrive, sort de son auto comme si une ruche d’abeilles venait de prendre possession de son volant. « Ah ouin, c’est comme ça que vous êtes les Québécois, vous faites des feux n’importe où? » Bon, bon bon. Madame. On relaxe, on arrête de généraliser et on va se prendre une bonne petite puff d’intelligence émotionnelle. Elle finit par nous expliquer qu’il y a eu un feu dans la région en 2002 et que depuis, les feux sont interdits.

Bon, là c’est mieux. On comprend. Difficile de connaître cette loi quand il y a déjà un spot à feu et qu’aucune pancarte ne mentionne cette interdiction. On swing l’eau de vaisselle sur les braises et magie. Pus de feu. Trois minutes passent. Re-magie: on entend un camion arriver, le bruit du moteur diesel nous laisse deviner que ce nouvel ami est pas mal plus gros que le nôtre « ça doit être un gars qui a transformé un autobus en… » Antoine n’a pas le temps de terminer sa phrase que l’intérieur de la van s’est transformé en party de fond de sous-sol cheap, gracieuseté des « cerises » (pas les fruits, malheureusement) des pompiers.

Ça adonne qu’on savait que pour éteindre un feu, faut mettre de l’eau dessus. Ça adonne qu’on avait exercé nos connaissances et que le feu était convenablement éteint.

On se rappelle que le parking où on se trouve et gros comme ma narine. Il est presque minuit. C’est clair qu’on a réveillé tout le monde. L.A. H.O.N.T.E. Les pompiers avaient eu un signalement comme quoi un feu avait été allumé, ils ont bien vu feu le feu « nous allons inspecter s’il est convenablement éteint et si c’est le cas, vous n’aurez pas de ticket ». Ça adonne qu’on savait que pour éteindre un feu, faut mettre de l’eau dessus. Ça adonne qu’on avait exercé nos connaissances et que le feu était convenablement éteint. Faque pas de ticket ! Je sais, je sais, on est tellement intelligents, ça fait peur !

BC, t’as été parfaite. On va continuer de s’aimer, toi et moi, dans un avenir rapproché, avec pas de feu de camp.

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