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Arrêter de s’assurer pour économiser, une bonne idée?

Assurance vie, assurance dentaire, assurance chien, en avez-vous vraiment besoin ?

2 octobre 2026
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Y’a des dépenses qui sont plus le fun que d’autres. Acheter un billet de spectacle? Fun. Se payer un repas avec sa date? Fun. Voir des centaines de dollars débités chaque mois dans notre compte pour une foule d’assurances de toutes sortes? Moins le fun.

Surtout que c’est pas toujours clair si on en a pour notre argent. On le sait; les assurances, ça fonctionne juste parce qu’ils redonnent moins d’argent qu’ils en reçoivent. Sinon, ben, ça ne serait pas aussi lucratif.

Est-ce que c’est possible de sauver de l’argent en laissant faire les assurances et en gardant cet argent de côté? Ou est-ce qu’on se met trop à risque si un imprévu arrive?

On en a parlé avec deux personnes qui ont décidé de se passer de certaines assurances, ainsi qu’à un planificateur financier.

Les assurances, obligatoires?

Avant tout, y’a une chose à mettre au clair: au Québec, seules deux assurances sont obligatoires.

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La première, c’est l’assurance responsabilité civile quand on possède une voiture. C’est le fameux «assuré juste d’un bord ». Avec cette assurance, les dommages que vous causez dans un accident seront remboursés, mais pas les dommages à votre voiture si vous êtes jugés responsable de l’accident.

L’autre assurance obligatoire, c’est l’assurance médicaments. La bonne nouvelle, c’est que c’est possible de ne pas avoir à payer. Si vous n’êtes pas admissibles à un régime privé (par votre employeur, votre conjoint.e ou votre syndicat, par exemple), vous pouvez alors vous inscrire au régime public offert par la RAMQ.

Mais si vous avez la possibilité de souscrire à un régime privé, ben là vous êtes obligés. Désolé.

On entend parfois que l’assurance habitation est obligatoire si vous êtes locataire, mais c’est faux. Cela dit, votre propriétaire peut mettre cette condition sur le bail.

Tout le reste (assurance vie, assurance dentaire, assurance pour les animaux de compagnie, etc.), c’est optionnel… et coûteux.

Les Québécois déboursent en moyenne entre 800 $ et 1800 $ par an pour les assurances habitation (et leur prix augmente plus vite que l’inflation) et plus de 1000$ pour les assurances auto.

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Économiser en se passant des assurances

L’an dernier, Simon, réalisateur en télé, a constaté les difficultés économiques auxquelles son milieu fait face, ce qui a nourri une petite anxiété financière: « Si je ne peux pas augmenter mes revenus, je peux-tu baisser mes dépenses? ».

C’est ce qu’il a entrepris en passant toutes ses dépenses au peigne fin. C’est ainsi qu’il a réalisé qu’il déboursait plusieurs centaines de dollars par mois en assurances de toutes sortes. « Je payais une assurance vie, une assurance invalidité, une assurance ci, une assurance ça, en plus de mon assurance collective ».

Simon a donc réévalué ses besoins, et il a décidé d’arrêter de souscrire à son assurance vie, ce qui l’a soulagé de plus d’une centaine de dollars par mois.

« Ma conseillère, elle me l’avait vendue en disant: ‘’c’est un produit d’épargne’’». On lui avait fait miroiter la fameuse valeur de rachat: en gros, il pourrait retirer tout l’argent versé avant son décès s’il le souhaitait. Ce montant serait toutefois moindre que l’indemnité de 100 000 $ qui serait versée advenant son décès.

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Sauf qu’il a réalisé qu’une tous les frais associés à un rachat payés, il n’était pas si gagnant que ça, surtout en comparaison à de véritables produits d’épargnes comme le REER ou le CELI.

Simon a surtout réalisé quelque chose d’important: « Hey, je veux profiter de mon argent pendant que je suis en vie! »

Depuis, il a souscrit à une assurance invalidité beaucoup moins chère: « C’est une assurance qui est vraiment plus ciblée pour le besoin que j’ai. Parce que moi, j’ai pas de succession. »

En effet, Simon est en couple, son conjoint est déjà bénéficiaire de ses REER s’il décède, les deux n’ont pas d’enfants et ne songent pas à en avoir.

On lui souhaite de profiter de son argent de son vivant!

La vie change, les besoins aussi

Étienne est dans une situation différente, mais il est arrivé à des conclusions semblables. Quand il a eu son premier enfant à 19 ans, il a décidé de souscrire à une assurance vie; il voulait s’assurer que ses enfants et sa conjointe soient protégés si le pire devait arriver.

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Mais 26 ans plus tard, le pire n’est pas arrivé, et la situation d’Étienne a changé. « Ma valeur nette est positive, mon hypothèque est remboursée… si je décède, il n’y a pas de problème. »

Sachant que l’héritage qu’il va léguer à son décès couvrira amplement les dépenses, Étienne a donc choisi de renoncer à cette assurance vie et de placer les paiements mensuels dans son épargne, d’autant plus que la valeur de sa police n’était plus aussi alléchante qu’en 2000.

« L’assurance que j’avais à l’époque était super intéressante, mais ce n’est pas indexé. C’est beau, 50 000$ en l’an 2000, quand tu as 19 ans. Mais rendu aujourd’hui, ç’aurait payé pas grand-chose de toute façon. Ça va payer mes frais funéraires, puis c’est tout. »

Il ne regrette pas d’avoir pris cette assurance. Il croit simplement qu’il n’en a plus besoin aujourd’hui: « À l’époque, on était très jeunes avec des enfants. On n’avait pas d’argent, donc cette assurance-là, pour moi, c’était nécessaire. S’il y avait eu vraiment une personne du couple qui décédait, l’autre aurait été dans le trouble. »

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De la même façon, il a toujours refusé de prendre l’assurance dentaire offerte par son employeur: « Je l’ai jamais pris parce que ça coûtait environ 500$ par année de plus que mon assurance collective. Pis, tu sais, dans les 9 ans où j’étais là, j’ai probablement économisé plus que mes dépenses chez le dentiste, parce que c’était pas couvert à 100%.

Il y a des gens qui payent pour avoir une tranquillité d’esprit, j’imagine. Moi, je préférais mettre ces 500$-là dans un compte d’épargne, puis payer mes frais dentaires quand j’en avais besoin. [Les assurances], c’est un faux sentiment de sécurité qui peut coûter cher ».

Les assurances, ça peut être très utile, mais parfois, c’est plus payant d’économiser et d’investir nous même cet argent-là pour avoir un coussin pour les imprévus. Mais encore faut-il pouvoir économiser!

Arrêter de s’assurer: l’avis d’un expert

Zacharie Poudrier, conseiller en sécurité financière, nous a partagé son avis.

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D’abord, cette recherche d’économies en arrêtant de souscrire à des assurances ne le surprend pas outre mesure: « Disons que les temps sont quand même un petit peu difficiles pour beaucoup de personnes! »

Il voit moins de gens arrêter de souscrire à leur assurance-vie, parce qu’elle est souvent liée à l’achat d’un actif, comme une maison: «l’assurance-vie est presque obligatoire dans bien des cas, parce que tu ne veux pas laisser tes bénéficiaires avec une grosse dette ».

Par contre, il a bel et bien vu la popularité des assurances invalidité tomber en chute libre, ce qu’il considère malheureux dans certains cas: « L’assurance invalidité, je n’ai pas beaucoup de monde qui embarque, mettons. Puis ce qui est plate, c’est que moins que tu as d’argent, plus que c’est important de l’avoir. Parce que, quand tu as beaucoup d’argent, si tu manques une couple de mois [de travail], c’est pas la fin du monde. […] Mais si t’as pas de sous, c’est là où ça devient vraiment un problème ».

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Il avoue tout de même qu’il est raisonnable de vouloir économiser sur les assurances invalidité et d’opter pour une assurance maladie grave, qui coûte généralement moins cher, mais qui paie dans un plus petit éventail de cas.

Zacharie n’est pas, de son propre aveu, un « trippeux » d’assurances; il est conseiller en sécurité financière, et les assurances font partie des services qu’il offre, mais il s’intéresse surtout à la planification financière. Il ne tient donc pas à vendre des assurances à tout prix.

Selon lui, tout dépendant des situations, certaines protections d’assurances peuvent être plus indispensables que d’autres : « L’assurance-vie, tu ne peux pas niaiser avec ça, parce que tu vas laisser des dettes à tes bénéficiaires ».

Par contre, il fait la distinction entre l’assurance-vie temporaire, beaucoup moins coûteuse mais limitée dans le temps (par exemple 25 ans, le temps que vous ayez terminé de payer votre hypothèque) et l’assurance-vie entière, qui est versée à votre décès peu importe le moment: «Je vois des fois des gens qui vont prendre des assurances-vie entières très élevées alors qu’ils n’en ont pas besoin. Quand tu décèdes, là, mettons que tu es rendu à 75 ou 80 ans, d’habitude la maison est payée […] C’est un produit qui est bien affectionné des vendeux d’assurance, parce que c’est des grosses commissions! ».

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Bref, est-ce qu’il faut arrêter de souscrire à nos assurances facultatives? Y’a pas de réponse claire, parce que ça dépend de notre situation et de nos plans d’avenir.

La solution pour s’y retrouver, selon Zacharie?

« Je vais prêcher pour ma paroisse. Le conseiller en sécurité financière peut faire vraiment un bilan de ce qui va se passer si, disons, tu décèdes demain. ou si tu as une invalidité. […] Fait que je pense que d’avoir un professionnel de confiance va pouvoir aider ».

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