Un après-midi à se faire humilier à FIFA 18 avec LyesMTL, joueur professionnel représentant l’Impact

Ouch et re-ouch.

URBANIA et l’Impact de Montréal s’associent le temps d’un duel amical mais sans pitié à FIFA 18.

Mercredi dernier a été une journée bien spéciale pour nous, simples mortels employés d’URBANIA, car on a reçu la visite d’un tout nouveau membre de l’équipe de l’Impact de Montréal. Non, ce n’est pas le défenseur Rod Fanni qui est venu nous piquer un brin de jasette, mais bien Lyes Ould-Ramoul, mieux connu sous son pseudo LyesMTL, le représentant du club montréalais dans la ligue virtuelle de la MLS, la eMLS.

« Quoi, ça existe, ça? » Oui, oui. Si vous ne le saviez pas, les eSports sont de plus en plus populaires partout sur la planète et le jeu de soccer FIFA ne fait pas exception. La toute première Coupe eMLS avait justement lieu du 5 au 8 avril à Boston; le représentant de l’Impact y a montré toute l’étendue de son talent en baissant pavillon en grande finale du tournoi. Quand on nous a proposé qu’il vienne faire un tour pour nous parler de son expérience, on a donc accepté volontiers.

À son arrivée au bureau, on s’est rendu compte que LyesMTL était bel et bien un membre de l’Impact à part entière, hoodie officiel du club inclus. Pour rendre les choses intéressantes, le jeune Montréalais, accompagné de son entourage composé de son frère et de deux membres de l’organisation, avait aussi apporté la PS4 ainsi que la manette aux couleurs de l’équipe, question que des wannabe téméraires d’URBANIA se mesurent à lui.

Ça promettait d’être assez divertissant pour un petit mercredi après-midi à la job, disons.

On s’est donc installé dans l’entrée du bureau et on a projeté l’image sur un grand mur, question de bien voir les tactiques utilisées par LyesMTL et d’essayer de comprendre comment il s’y prenait pour dominer autant au jeu. C’est mon collègue Romain Gabriel, directeur des ventes et joueur de FIFA à ses heures, qui allait d’abord se mesurer au pro et faire son gros possible pour ne pas se faire littéralement torcher. Pendant que les deux adversaires s’installaient sur le sofa et choisissaient les paramètres du jeu, j’en ai profité pour poser quelques questions à LyesMTL sur le parcours qui l’a mené à devenir un pro de eSport.

Comment s’est faite la collaboration avec l’Impact?

Au début, c’est mon frère qui a approché le club à l’été 2017 parce qu’il savait qu’il y avait des discussions pour créer une ligue de eMLS, la ligue de eSports de la MLS. On s’est rencontré pour discuter du projet et l’organisation a ensuite fait des recherches de son côté. Par la suite, on s’est revu et finalement c’est moi qui ai été choisi pour représenter l’Impact.

Combien d’heures joues-tu par semaine? Comment tu t’entraines?

Je joue 15 à 20 heures par semaine. J’ai 2-3 partenaires d’entrainement, des joueurs professionnels en Europe, avec qui je joue; on s’envoie des messages pour coordonner les parties. Quand on finit, je fais une séance vidéo où je regarde les reprises des parties que j’ai jouées avec eux. J’ai remarqué qu’en faisant ça, je me suis beaucoup amélioré.

Es-tu d’abord un fan de soccer ou de jeux vidéo?

Je suis un fan de soccer depuis que je suis tout petit. J’ai toujours kické dans un ballon. Je suis le sport assidument à la télé. Quand j’étais petit, j’ai aussi commencé à jouer aux jeux vidéo, une panoplie d’entre eux, dont le premier FIFA, en 2002 si je me souviens bien.

À partir de quand est-ce que tu as réalisé que tu pouvais devenir un joueur professionnel de FIFA?

C’est en 2015, quand j’ai participé à la Coupe du Monde interactive, que je me suis rendu compte que j’avais un vrai potentiel. J’ai fini 4e sur les 20 joueurs qui s’étaient qualifiés, alors j’étais très content de mon travail pour ce premier tournoi officiel.

Trêve de placotage, passons aux choses sérieuses

Quand est venu le temps de choisir les équipes qui allaient s’affronter, mon collègue Romain a annoncé son intention de choisir le Real Madrid, un des clubs les mieux cotés du jeu, alors que LyesMTL, lui, allait prendre l’Impact, qui n’est tout simplement pas comparable aux meilleurs clubs européens.

– T’es sûr que je prends le Real?

– Oui, oui, c’est bon. Aucun problème.

Déjà, on voyait que le finaliste de la Coupe eMLS était très confiant en ses moyens. Alors que le joueur de l’IMFC ajustait sa stratégie et les paramètres tactiques de son équipe, son adversaire, lui, prenait ça relaxe.

– Romain, tu changes pas tes paramètres?

– Non, je fais confiance à Zizou (le coach du Real Madrid).

Spoiler : il aurait pas dû.

Une domination totale… ou presque

Avant que le duel ne débute, une petite séance d’entrainement avec des exercices se déroule et mon collègue croit que c’est lui qui contrôle les joueurs. « Tu sais que c’est l’ordinateur qui joue tout seul? », de dire LyesMTL avant que tout le monde ne rie un bon coup. Disons que ça promettait pour le reste. Ça ne faisait pas 10 secondes que la partie était débutée et déjà, on voyait que les deux joueurs n’étaient pas vraiment du même niveau.

«Je fais confiance à Zizou.» -Romain

LyesMTL a ensuite montré qu’il n’était pas venu ici pour niaiser. Son contrôle de ballon et son jeu de passes lui permettant d’attaquer très rapidement ont vite mis la confusion dans le camp adverse. Le pro du eSport nous disait justement s’inspirer du style du vrai FC Barcelone lors de ses matchs. Dans le temps de le dire, c’était rendu 3-0 Montréal.

– Pas grave, je suis plus fort en deuxième mi-temps, mentionne mon collègue, tentant probablement de se rassurer.

– Ah, c’est drôle : moi aussi, de rétorquer LyesMTL.

Avant le sifflet annonçant la fin des 45 premières minutes de la partie, Romain, profitant de l’excellence de Cristiano Ronaldo, le meilleur joueur de FIFA 18, a réussi à semer les défenseurs de l’Impact et à marquer un but. Vous comprendrez qu’il ne s’est pas fait prier pour s’en vanter auprès des quelques spectateurs assistant au duel : « Barbara… Ah, c’est mon but avec Ronaldo que tu regardes? »

Tout de suite après ce but, LyesMTL a mis fin aux espoirs de remontée de son adversaire en enfilant un 4e but en première demie, provoquant cette réaction chez ce dernier : « Tu fais un but toutes les 10 minutes, ça sent le 9-1! » Puis, il a tenté l’approche « faire pitié pour être épargné » avec un compliment : « T’as une facilité à contrôler la partie et à toujours te positionner parfaitement… » Les descripteurs de la partie étaient d’accord, si on se fie à ce commentaire au tout début de la deuxième demie : « On vient d’assister à une première période à sens unique, pas vrai Pierre? » Pauvre Romain!

Voyant qu’il n’y avait plus vraiment de suspense sur l’issue de la rencontre, j’ai donc continué à interroger LyesMTL.

Je sais que t’as eu des félicitations de plusieurs joueurs de l’Impact après ta performance de la fin de semaine. Toi qui es un fan de soccer, comment t’as réagi?

Ça me rend très fier puisque je suis comme je l’ai dit tantôt, je suis d’abord et avant tout un grand fan de soccer. Se faire féliciter par une légende de l’Impact comme Patrice Bernier, c’est très valorisant.

Tu dirais que ça a été quoi ton moment fort du week-end?

Quand j’ai marqué en toute fin de match pour égaliser la marque lors de la demi-finale de l’Est. Je perdais 1-0 à la 89e minute et mon adversaire avait la possession du ballon dans ma zone; j’ai réussi à lui soutirer le ballon et à marquer sur une volée de Messi.

Ça ressemblait à quoi l’ambiance pendant la Coupe eMLS à Boston? Est-ce que c’était relaxe ou plutôt tendu?

Il y avait de la tension dans l’air. Par exemple, moi j’étais assis à côté du joueur des Red Bulls de New York et même si j’avais des écouteurs qui bloquaient les bruits ambiants, je l’entendais lui. Il criait, il tapait sur la table.

Ok, même les joueurs professionnels se laissent emporter des fois… Toi, tu restes toujours en contrôle?

Oui, je reste fixé sur mon objectif, mais il y a certains joueurs qui font tout un show et je les comprends, ça peut être très frustrant de temps en temps. Tous les joueurs de FIFA ont déjà quitté une partie parce qu’ils étaient trop énervés.

J’imagine qu’il y a un gros aspect du jeu qui se passe entre les deux oreilles, non?

Ah oui, certainement. C’est énorme. C’est plus important que le jeu. Quand j’éprouve des difficultés, je me concentre à continuer à jouer comme je l’ai toujours fait; je garde la même stratégie en tête, même si ça ne fonctionne toujours. Il faut juste pas perdre confiance.

L’espoir est mort…

La partie se terminait enfin; le supplice achevait pour ce pauvre Romain, lui qui trainait de l’arrière par la marque de 4-1 dans les dernières minutes.

– En deuxième mi-temps, t’as pas trop existé.

– C’est ma stratégie.

« Crime Ben, t’as toffé 10 minutes sans te faire marquer de but, c’est mieux que Romain! »

Voilà, le match est terminé. 5-1 pour LyesMTL. « T’es au courant qu’en 2e mi-temps, c’est 1-0? » Oui oui, mon collègue se vante de pas s’être fait planter lors de la moitié du match. On se félicite comme on peut, j’imagine.

2e match : le massacre

Pour le deuxième duel amical, c’est Benoît, le gestionnaire de communauté d’URBANIA, qui tentait de sauver l’honneur du bureau. Et il a réussi tout un exploit, lui qui n’avait pas joué à FIFA depuis plusieurs années : ne pas se faire marquer de filet lors des 10 premières minutes de la partie. Guillaume, un autre collègue qui assistait au match l’a souligné : « Crime Ben, t’as toffé 10 minutes sans te faire marquer de but, c’est mieux que Romain! » « Ça s’en vient… », a immédiatement ajouté LyesMTL.

Moins d’une minute plus tard, ce dernier a fait une passe dans la surface à un de ses joueurs, dos au filet, avant de se retourner et de surprendre le gardien. Et le bal était commencé.

– Ça, c’est ton move signature, non?, demandait Benoît en fin observateur.

– C’est une passe dans la surface. Assez classique. J’adore faire des tours sur moi-même avant de décocher mes tirs. Dès que je reçois la balle, je m’oriente vers un autre côté et hop.

Après avoir marqué 3 buts rapides, le pro justifie son lent début de match à son adversaire : « Je pense que le score va être plus salé cette fois-ci. J’étudiais comment tu jouais pendant les premières minutes pour mieux attaquer ensuite. » La mi-temps est ensuite arrivée et Benoît n’a pas hésité pas à se moquer de son collègue : « Romain, c’est pas encore 5-0… Ah oui, c’est 5-0! » Il aurait mieux fait de se garder une petite gêne.

Le reste de la partie n’a été qu’une formalité. Le GC d’URBANIA a tout de même fait quelques beaux jeux et a d’ailleurs obtenu un penalty, mais son tir effectué 20 pieds au-dessus du but adverse a parfaitement résumé ce match à sens unique qui s’est terminé 9-0, au grand dam de LyesMTL qui aurait voulu marqué un 10e filet, pour l’honneur.

Après avoir assisté à ces deux rencontres complètement dominées par LyesMTL, je confirme qu’il est dans une classe à part et que tous ceux et celles prétendant être « quand même pas pires à FIFA » n’ont aucune chance de le battre; c’est comme se mesurer à un joueur de l’Impact sur un terrain. Avant qu’il ne quitte nos bureaux pour aller planter d’autres pauvres amateurs de soccer virtuel, on a souhaité la meilleure des chances au jeune homme pour la Coupe du Monde qui sera jouée cet été.

Le Canada ne sera peut-être pas du tournoi en Russie, mais il pourra peut-être compter sur un digne représentant en eSports (si tout se passe bien et qu’il se qualifie, ce qui n’est pas une mince affaire). On vous invite à le suivre (@LyesMTL) sur Twitter pour être à l’affût des dernières nouvelles le concernant!

Pour visionner les faits saillants de son week-end à Boston à la Coupe eMLS, c’est par ICI.

Go LyesMTL!

Et pour vous procurer vos billets pour les matchs de l’Impact de Montréal, c’est par ici!

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