Quand tu apprends que ton pays explose par les réseaux sociaux

Je suis Belge. Hier, j’étais à Bruxelles, j’ai pris l’avion direction Beyrouth. Ce matin, je me réveille au Liban, j’apprends que deux bombes ont explosé à l’aéroport national belge.

Je lis des articles, je reçois des whatsapp “T’es où, t’es à l’aéroport, tu repartais quand ?”. Je rassure mes proches. On apprend les premières morts, je pleure.

Facebook s’enflamme, Twitter aussi, les nouvelles tombent.

Quelques minutes plus tard, on apprend une nouvelle explosion dans le métro Maelbeek via des statuts Facebook, avant même que les médias n’en parlent.

Je rejoins une amie belge ici, on se serre dans les bras. TV5 Monde tourne en boucle. Les images d’horreur. Le choc. L’enfer.

“Ce que nous redoutions s’est réalisé”, déclare le premier ministre.

Facebook active le safety check, j’espère que mes amis vont bien à coup de notifications “Amis signalés en sécurité”.

Je réfléchis “qui aurait pu être dans ce métro”? Tout le monde pouvait être dans ce métro putain!

Les transports en commun sont à l’arrêt. Les sirènes des ambulances hurlent. Chacun se réfugie où il peut.

Sur les réseaux sociaux, les messages de solidarité s’enchaînent “Je suis dans tel quartier ma porte est ouverte, si vous êtes dans le coin coincés quelque part n’hésitez pas à vous réfugier chez moi”, “L’hôpital Saint-Pierre fait appel aux dons de sang, allez-y”, “J’ai une voiture, je vous dépose où vous voulez”.

Les dessins d’espoir se multiplient. On partage des trucs, on se soutient virtuellement. Comme on peut. Avec les moyens du bord.

Bruxelles, ma petite ville d’amour. Je t’aime tant. Aujourd’hui plus que jamais.

Nous sommes le 22 mars, il est 14h57 à Bruxelles, au moins 14 personnes sont mortes et 81 ont été blessées dans deux explosions à l’aéroport de Zaventem et au on compte moins 20 morts et au moins 55 blessés dans l’explosion du métro à la station Maelbeek, près des institutions européennes. Le pays est placé en niveau d’alerte maximum, le niveau 4.

Je pleure. Je ne comprends rien. J’ai peur que le bilan s’alourdisse. Je suis loin. J’écris. Je ne peux faire que ça.

Courage mes petits Belges, courage.


Belge une fois.

Pour lire un autre texte de Jehanne Bergé : “Belgique : une pluie de lolcats contre les terroristes et la terreur”

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