Marianne Tremblay

Anciennes prostituées cherchent aide psychologique

La Gazette des femmes et URBANIA s’associent pour vous offrir des textes qui prônent l’égalité entre les sexes

URBANIA vous offrira régulièrement des textes à haute teneur féministe à travers la voix des auteures de la Gazette des femmes. Puisque nous partageons des valeurs similaires à celles de ce magazine, l’union était d’une logique irréprochable.

TEXTE  SARAH R. CHAMPAGNE     POUR  LA GAZETTE DES FEMMES 

La prostitution laisse des traces. Des femmes qui ont quitté l’industrie du sexe se retrouvent avec le corps et la tête en bataille, assaillies par le syndrome du choc post-traumatique. Lorsqu’elles appellent à l’aide, le soutien psychologique spécialisé et à coût accessible est difficile à obtenir. Et même dans le cabinet du psychologue, elles font face au jugement.

Un visage dans l’autobus. Une paire de bottes à l’épicerie. Un bruit à l’étage supérieur. Une odeur dans un restaurant. L’environnement de Justine, Marie et Emma se révèle un champ de mines qui peuvent exploser à tout moment, réactivant les pires souvenirs.
«À partir du moment où les prostituées endurent des choses qu’elles ne veulent plus, qui leur font peur, les dégoûtent, ne conviennent plus à leurs valeurs ou à leur désir, ces choses peuvent avoir un potentiel traumatique.»

Pascale Brillon, psychologue et directrice de l’Institut Alpha
La mémoire traumatique d’agressions sexuelles et d’autres violences veille. Ce «qui-vive» éreintant entraîne des retours en arrière (flashbacks), des cauchemars, des crises de panique qui sont autant d’obstacles à une vie normale et sereine.

«On est peut-être sorties de la prostitution, mais la prostitution n’est pas sortie de nous.»

«Les gens n’ont pas idée de ce qu’on a vécu. Les conséquences se sont gravées dans notre corps», lance d’emblée Emma. Elle a subi plusieurs viols avant d’entrer en prostitution durant 15 ans, période pendant laquelle on a aussi tenté de l’assassiner. «La police n’a pas fait de rapport, j’étais juste une pute», raconte-t-elle, amère, mais énergique. Encore peu comprise «dans le système», dit-elle, Emma surnomme aujourd’hui cette blessure mentale «mon post»… comme pour la faire taire.

Autour d’une table à la Concertation des luttes pour l’exploitation sexuelle, elle a trouvé un espace sécuritaire pour en parler. Des femmes qui ont déjà quitté la prostitution ou veulent le faire s’y rassemblent chaque semaine, selon leur propre rythme, pour se soutenir les unes les autres. Durant l’une de ces discussions à laquelle notre journaliste a assisté, les langues se délient.

«Ma vie, c’est de la gestion. Je me gère chaque moment de ma journée pour passer à travers.»

Marie, elle, a été vendue dans des réseaux de prostitution pendant 10 ans. Elle a pris conscience des violences subies plusieurs années après. Les fantômes la hantent maintenant partout. «On est peut-être sorties de la prostitution, mais la prostitution n’est pas sortie de nous.» Des centaines d’éléments déclencheurs peuplent toutes les sphères de sa vie, des clients de la pharmacie jusqu’aux bruits autour de son logis. «Ma vie en ce moment, c’est de la gestion. Je me gère chaque moment de ma journée pour passer à travers.»

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Pour lire encore plus de textes pertinents pour faire avancer la condition des femmes du Québec, rendez-vous sur la Gazette des femmes.

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