Alzheimer électoral

Parce que je me souviens… de moins en moins…

C’est une histoire à glacer le sang qui circule sur les médias sociaux ces jours-ci  : Annette, une dame de 94 ans souffrant de la maladie d’Alzheimer, a «voté» lors du passage d’un bureau de vote itinérant dans sa résidence pour personnes âgées.

Imaginez! Une dame qui a perdu ses repères, qui ne sait même plus ce qu’est qu’un bulletin de vote, voire le «X» qu’il faut y inscrire! Pire encore, imaginez des lecteurs – ça pourrait être vos oncles, votre mère ou un(e) ami(e) – qui mentionne cet article sur sa page Facebook ou qui le «retweet» avec le hashtag #outré dans l’tapis sans se rendre compte que l’article date, en fait, de 2009.

Bien sûr, l’histoire demeure terrible, mais la «viralité» de cet article laisse encore plus songeur  : sommes-nous à ce point excités par la campagne électorale (ou pressés d’en finir, c’est selon) pour faire fi des petits caractères? Aurions-nous, tout comme cette fameuse Annette, la tête dans la brume? La montée en flèche de la CAQ – non seulement le parti se distingue dans le coin de Québec, mais les récents sondages laissent croire que Legault et ses sbires pourraient même former l’opposition officielle – me laisse croire que oui.

Depuis la création de son parti, Legault y va de grands sparages dignes d’un numéro de guignol et, pour une raison qui m’échappe toujours, plusieurs concitoyens gobent tout ça.

François, grand bignole qui nous sauvera de l’ignoble corruption… tout en réservant le poste de ministre de la Santé a un type qui, jusqu’à l’annonce de sa candidature au sein de la CAQ, entretenait un flou digne d’une photo de boudoir entre ses aspirations politiques et son poste de président au sein de la Fédération des médecins spécialistes du Québec. François, pourfendeur de la crossette à cravate qui rapproche son candidat vedette, Jacques Duscheneau, au fameux Elliot Ness… sauf que l’Incorruptible en chef n’a jamais eu d’histoire de financement douteux qui lui collait aux fesses.

Bien sûr, il n’est pas question ici de fautes reconnues, mais pour un parti qui veut laver plus blanc que blanc…

Puis, y’a cette sortie de Legault datant d’hier qui m’a mis le feu au cul. Celui-ci indiquait à La Presse qu’il ne serait «pas patient» dans l’opposition, jugeant que le «vieux parti» à la tête devra collaborer avec les «grands projets» de la CAQ.

M. Legault, désolé de vous le rappeler, mais vous êtes à la tête d’un parti de transfuges qui a été jusqu’à absorber l’ADQ. De plus, vous avez 55 ans et la moyenne d’âge des candidats de votre parti est de 46 ans (moins que le PLQ et le PQ, mais plus que QS, ON et le PV). Vous ne représentez pas un jeune parti. Vous êtes à la tête d’un jeune parti de vieux, tout simplement.

De plus, vous déclarez, le plus sérieusement du monde, que vous revenez en politique «pour changer les choses» et que, contrairement aux «vieux politiciens» qui ne tiennent pas leurs promesses, vous allez «livrer la marchandise» (parce que, c’est connu, la plupart des membres des vieux partis ont gagné dans leur comté avec des phrases-chocs comme «Je serai crissement ordinaire!» et «Je veux ce job juste pour embrasser des bébés dans l’front!»).

Franchement, M. Legault! Prenez les électeurs pour des personnes aussi vulnérables qu’Annette si vous voulez, mais n’allez pas jusqu’à nous coller un bonnet d’âne en prime! Et vous, chers voisins et électeurs, prenons des notes, poussons nos recherches – petits caractères y compris! – et, surtout, votons en pleine connaissance de cause.

Vous n'allez pas rester là sans rien dire ?
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