.jpg.webp)
L’année 2020 est à nos portes et comme chaque 1er janvier, nous assisterons aux prédictions, résolutions et vœux de la nouvelle année. Comme ils disent en bon français « New Year, New Me ».
On peut s’attendre à une forte croissance de la demande pour les diplômés en arts et en sciences humaines durant l’année 2020.
Cette année, des experts en entrepreneuriat ainsi que des entrepreneurs nous arrivent avec une prédiction qui risque de faire grand plaisir à tous les étudiant.e.s de sciences humaines out there. Il paraît qu’on peut s’attendre à une forte croissance de la demande pour les diplômés en arts et en sciences humaines durant l’année 2020.
Oui, à tous ceux et celles qui ont fait des « sciences molles » comme moi, je vous vois. Le début d’une nouvelle ère est sur le point d’arriver.
Cette prédiction s’inscrit dans un contexte où les avancées technologiques se succèdent à une vitesse effrénée dans tous les domaines de nos vies. La puissance et l’influence des entreprises de haute technologie et leurs armées d’employé.e.s ne sont plus à prouver.
Dans ce contexte, on pourrait croire (à tort, selon ces experts) que l’avenir professionnel des jeunes se trouverait désormais dans le secteur des hautes technologies. On entend ici les métiers dans des domaines comme la science, la technologie, l’ingénierie et les mathématiques.
L’auteur Dan Schawbel, l’une des figures derrière cette prédiction, affirme dans une publication LinkedIn que « l’intelligence artificielle (IA) automatisera les compétences techniques, mais stimulera conséquemment la demande pour les compétences “non techniques” telles que la créativité, la communication et… l’empathie! »
En effet, les activités les plus difficiles à automatiser (avec les technologies disponibles aujourd’hui) sont celles qui impliquent la gestion, le développement de ressources humaines, la prise de décision, la planification et, finalement, le travail créatif.
Les technologies, dont l’IA, vont certainement changer notre façon de travailler, mais de là à affirmer que les « robots » remplaceront tous les métiers, un peu comme dans le film Les Robots avec Will Smith… il y a encore du chemin à faire.
« Les entreprises seront confrontées à de nombreux problèmes qui ne pourront pas toujours être gérés de façon claire et précise avec ces nouveaux outils ».
Il ne suffit que de penser à la situation dans laquelle Facebook se trouve avec toutes les questions entourant la liberté d’expression sur sa plateforme pour réaliser que la technologie ne pourra régler à elle seule certains des enjeux les plus polarisants en entreprise.
Quant à lui, le PDG de Reverb, un site de revente d’instruments de musique, affirmait en entrevue avec le Wall Street Journal, qu’un diplômé ayant excellé dans les domaines des arts ou des sciences humaines avait les bases nécessaires à la pensée critique et que « les penseurs critiques pouvaient tout accomplir ».
Bon. Non, mes fellow diplômés en sciences molles, il ne faudrait pas s’emporter avec cette nouvelle. Ne tenant que du registre de la prédiction, cette information doit être nuancée.
Un diplôme en sciences humaines, par exemple, ne vous garantira pas un poste dans n’importe quelle grande entreprise. Tout dépend, encore et toujours, du candidat ou de la candidate, de ses talents et de sa compatibilité avec l’entreprise.
MAIS, vous pourrez toujours vous servir de cette information pour votre défendre lors de votre prochain débat sur la pertinence de vos études avec vos ami.e.s en sciences pures, sciences de la nature ou sciences de la santé.
Ou pour rassurer vos parents réfractaires à l’idée d’étudier dans « ces autres » programmes. Parce que les vrais passionnés pourront toujours être récompensés, peu importe leur domaine d’étude.
Schawbel avance aussi que la pénurie de main-d’œuvre qui frappe de nombreux domaines, combiné aux enjeux de plus en plus politiques dans lesquelles les entreprises comme les Google, Facebook et Amazon s’empêtrent, devrait stimuler la demande pour ces « autres » diplômes.
George Arison, le cofondateur et co-PDG de la plateforme de vente de voitures usagées en ligne Shift, mentionnait à au magazine Inc. que, malgré la forte croissance de l’IA dans nos milieux de travail, « les entreprises seront confrontées à de nombreux problèmes qui ne pourront pas toujours être gérés de façon claire et précise avec ces nouveaux outils ».
De son côté, l’économiste associé à la plateforme LinkedIn, Guy Berger, vantait la valeur de ces diplômés quant à leurs compétences transversales permettant une adaptabilité accrue dans divers environnements de travail, comparativement à leurs comparses s’étant spécialisés dans des domaines très spécifiques se traduisant par moins de « versatilité ». NDLR : mais pas moins de compétences!