Allô prof… de secondaire ! On te dit pas assez à quel point ton rôle est vital.

Lettre à ceux qui changent des vies, souvent sans le savoir.

Allô prof… de secondaire!

Dans ta nouvelle classe, comme à chaque année, t’auras des kids plus puckés. Un, deux, trois peut-être. Plus, trop si t’enseignes en milieu défavorisé (MERCI!).

Ils sont dans l’fond, pas en avant.

Je sais que tu sais, mais à la maison, ces gamins reçoivent moins de supervision, d’attention, d’affection… D’AMOUR. On ne croit pas en eux, on ne les tire pas vers le haut, on ne leur enseigne pas comment rêver.

Je sais que tu sais, mais à la maison, ces gamins reçoivent moins de supervision, d’attention, d’affection… D’AMOUR. On ne croit pas en eux, on ne les tire pas vers le haut, on ne leur enseigne pas comment rêver. Certains se font même dire et répéter qu’ils ne valent rien et ils reçoivent des taloches pour ne pas l’oublier.

À ce stade, t’es pas mal la seule personne qui peut remédier à ça. C’est ben ben d’la pression, je sais. Pis t’es pas assez payé, je sais ça aussi.

Parce que ces jeunes exigeront de ta part plus de temps, plus d’énergie, plus de ressources. Ils te feront bûcher, suer, rager, mais ils comptent sur toi. Le hic, c’est qu’ils ne le savent pas. Alors, ne le prends surtout pas perso s’ils te manquent de respect ou t’envoient promener, c’est un mécanisme de défense.

Paraphrasons Anaïs Barbeau-Lavalette : ils ne t’aiment pas encore, mais attends-les, ils arrivent.

Toi, tu le vois le mur vers lequel ils foncent. Et ce mur, s’ils le frappent de plein fouet, c’est fini pour eux. Le décrochage, la pauvreté, la violence, le crime, la drogue, la prison, la mort. Montre-leur qu’il y a des chemins pour contourner ce sombre mur. Ils ne les connaissent pas. Et parfois, si c’est trop tough, s’il est trop tard, capitonne le mur pour eux. Qu’ils se fassent moins mal. Qu’ils puissent rebondir un peu en s’y pétant la gueule.

Montre-leur qu’il y a des chemins pour contourner ce sombre mur. Ils ne les connaissent pas. Et parfois, si c’est trop tough, s’il est trop tard, capitonne le mur pour eux. Qu’ils se fassent moins mal.                

Mais si tu arrives à tes fins, tu seras mon héros, mon héroïne. Pis tu seras le ou la leur. T’auras sauvé une vie, une âme. Les médecins, les policiers et les pompiers en sauvent aussi, mais c’est pas pareil. C’est mécanique eux. Toi, c’est métaphysique, c’est romantique.

Quand j’entends quelqu’un, quelqu’une parler DU ou de LA prof qui a changé sa vie, qui lui a transmis sa passion, qui a cru en lui, en elle, qui lui a montré la voie, qui lui a donné goût à la littérature, aux sciences, ou simplement à la vie, y’a rien de plus beau. C’est du Riopelle, du Borduas à mes yeux, du Miron, du Desjardins à mes oreilles. Bref, d’la poésie. Émouvante. Inspirante.

Allô prof… de secondaire! On te dit pas assez à quel point ton rôle est vital. J’pense que c’est le plus vital d’entre tous moi.

Bonne rentrée!

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