À Vancouver, on paye les maisons en argent comptant

Après les casinos et les chars de luxe, l’argent sale s’en prend au marché immobilier.

La Colombie-Britannique, cette bucolique province canadienne reconnue pour ses grands espaces verts et ses îles où il est possible de surfer, a connu une année 2018 assez pénible côté météo.

La province côtière a été touchée par d’énormes averses d’argent sale tout au long de l’année.

Ce serait plus de 7 milliards de dollars qui auraient été blanchis dans la province en 2018.

Des rapports gouvernementaux publiés cette semaine estiment que 5 milliards de dollars de ce montant auraient circulé sur le marché immobilier, contribuant à la montée fulgurante du prix des propriétés dans la province.

Payer en poches de hockey remplies de cash

Que ce soit les penthouses de Vancouver, les chalets de ski de Whistler ou les bungalows de banlieue, une maison sur cinq serait payée en argent comptant.

L’achat de maison cash correspond à plus de 212 milliards de dollars sur le marché de l’immobilier, depuis deux décennies.

Une maison sur cinq serait payée en argent comptant.

« La somme d’argent blanchie en Colombie-Britannique à travers l’immobilier est beaucoup plus élevée que quiconque avait prédit », a exprimé dans un communiqué la ministre des Finances de la Colombie-Britannique, Carole James.

Selon les rapports, la plupart de ces investissements ont été utilisés pour « nettoyer » l’argent provenant de cartels mexicains, de gangs iraniens et de syndicats du crime organisé chinois.

Un marché de l’immobilier en montagnes russes

Depuis l’arrivée massive de l’argent sale, on estime que la valeur des maisons de la province aurait augmenté de 3,7 % à 7,5 % au-dessus du seuil qu’il devrait normalement avoir dans un marché « plus sain ».

Depuis l’arrivée massive de l’argent sale, on estime que la valeur des maisons de la province aurait augmenté de 3,7 % à 7,5 %.

La réglementation particulière de la Colombie-Britannique explique en partie cette situation. Les courtiers hypothécaires, les prêteurs privés et les avocats ne sont pas obligés de signaler les transactions à FINTrac, le chien de garde financier du Canada.

La porte est donc grande ouverte pour n’importe qui intéressé à faire recirculer de l’argent sale à qui mieux mieux dans un marché légal aux yeux de la loi.

En somme, le crime organisé a attisé les flammes du marché immobilier, qui était déjà plutôt brûlant à Vancouver, en achetant des propriétés souvent surévaluées rendant ainsi la ville encore plus inabordable pour les résidents.

Un autre problème se pointe à l’horizon et des experts commencent à sonner l’alarme. Le prix des maisons pourrait décroître beaucoup plus rapidement qu’il était initialement prévu.

De nouvelles régulations et taxes visant les acheteurs étrangers, les maisons vides et les propriétés haut de gamme pourraient décourager les nombreux investisseurs chinois d’acheter de nouvelles propriétés. Et s’ils s’en vont, les prix risquent de redescendre assez vite.

Les logements alternatifs

Les prix des logements ont augmenté de 70 % au cours des cinq dernières années dans la province de l’Ouest.

Le marché est tellement sens dessus dessous que des résidents doivent faire preuve de créativité pour vivre dans des logements alternatifs. 

Que ce soit en véhicule récréatif, en roulotte ou dans leurs chars, plusieurs résidents de la province ont sauté à pieds joints dans la #vanlife à défaut de ne pas pouvoir suivre la folie du marché immobilier.

De l’autre côté du spectre, des propriétaires étrangers ont trouvés des moyens pour contourner les nouvelles réglementations implantées à Vancouver. Ils louent leurs somptueuses demeures à des étudiants pour des prix dérisoires.

Les riches s’évitent donc de payer des taxes d’inoccupation et les étudiants cassés profitent de l’occasion pour vivre dans les grosses cabanes de Vancouver.

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