À la rencontre des street artists montréalais : WIA

WIA a.k.a WhatIsAdam a commencé à mettre ses premiers collages dans les rues de Montréal en 2009. Puis il a vite pris goût à la chose. “J’ai eu un vrai déclic en m’attaquant à Brooklyn et Mexico”, raconte l’artiste montréalais. “J’aime à quel point un endroit peut changer la dynamique d’une œuvre.”

S’il voyage beaucoup, WIA reste toujours très influencé par sa terre d’origine. “Je suis surpris qu’il y ait si peu d’artistes québécois inspirés par le Canada. Après avoir visité chacune des capitales du Canada, j’ai commencé à penser beaucoup à ce qui représente notre pays : la faune, les couleurs, les icônes, la nourriture…” Avec lui, le street art a comme un goût de sirop d’érable. WIA a notamment fait des fameuses canettes de Maple Sizzurp ses boîtes de soupe Campbell à lui, pour un hommage appuyé à l’œuvre d’Andy Warhol.

La bouffe occupe une bonne place dans son œuvre. Et ce n’est pas un hasard si WIA a déjà collaboré avec des grands chefs montréalais comme Danny Smiles et Chuck Hughes du Garde-Manger dans le Vieux-Montréal. L’artiste puise aussi beaucoup son inspiration dans le pop art de l’américain Roy Liechtenstein et les bandes dessinées vintage, dont on retrouve la marque sur les affiches qu’ils collent dans la rue ou qu’ils exposent à la Galerie Station 16 sur Saint-Laurent.

WIA explique avoir trouvé dans le street art une liberté complète, après avoir suivi une formation artistique des plus classiques. “Je suis entouré de gens pour qui l’université fut un moment mémorable et inspirant. Mais pour moi, ça a surtout été un endroit pour m’améliorer au niveau technique, tout simplement. J’ai toujours été quelqu’un de manuel et curieux. Et l’école n’a malheureusement pas été un endroit qui a su augmenter mon désir de créer.”

CABANE À SUCRE

“Il y a quelques mois, en association avec Lndmrk et Station 16, nous avons fait un gros évènement à la Place Montréal Trust inspiré par la nourriture et l’atmosphère de la cabane à sucre. C’est vraiment notre culture locale qui m’inspire le plus.”

MALLARD

“Ça faisait longtemps que je voulais revisiter le Mallard. J’ai été très surpris par la controverse que cet animal tatoué suscitait. Je veux que mes œuvres représentent bien notre ville et toutes ses sous-cultures. C’est pourquoi j’ai choisi de lui faire un tatouage avec un couple d’hommes qui s’embrassent.”

TRAMWAY

“Je viens de terminer un super projet avec Heineken où j’ai eu l’occasion de peindre un tramway à Toronto. C’est assez cool de voir les photos du tramway dans les rues de la ville! C’était un projet vraiment plaisant puisque la compagnie m’offrait carte blanche, ce qui est vraiment inhabituel. L’accent était vraiment mis sur les artistes — Hey Apathy de Toronto, Jimmy Chiale de Paris et moi-même — et non sur le produit, ce qui est une technique de marketing que je trouve assez intéressante.”

MAPLE SIZZURP

«J’ai été invité par le festival Chromatic à venir à Paris l’an dernier pour créer une sculpture in situ. Ça a été un vrai défi de travailler sans avoir mes outils et matériaux habituels. Mais c’était très motivant. C’était un bel accomplissement d’avoir un symbole québécois mis en avant dans la ville de Paris.”

MONTRÉAL MON AMOUR

“C’est une image que j’ai créée à cause de mon amour pour la bande dessinée vintage où on trouve beaucoup de poses dramatiques de ce genre. C’est aussi un moyen pour moi d’exprimer mon amour pour cette ville de Montréal que j’aime tellement.”

HOCKEY HOODLUM

“C’est un joueur de hockey rustique, masqué et portant une hache. Il peut être considéré comme un justicier ou un criminel. Je l’ai créé pendant la saison du lock-out des Canadiens de Montréal il y a plusieurs années. J’avais le sentiment qu’on était en train de voler les fans. Il est depuis devenu un symbole de rébellion et d’excitation lorsque la saison de hockey arrive.”

La fondation romeo’s ayant pour mission de préserver, promouvoir et démocratiser l’art et la culture urbaine, URBANIA vous proposera, à travers une série de billets, de découvrir les meilleurs street artists québécois.

romeo’s gin est une eau-de-vie fraîche et inspirante, aux multiples visages, reflétant la créativité montréalaise.

Pour lire le compte-rendu de la rencontre avec Stikki Peaches, c’est ICI.

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