À la défense des riches

Les millionnaires ne sont pas tous des mafieux. N’en déplaise aux manifestants et aux branleurs de casseroles, on peut très bien être riche et être honnête.

Tenez, moi, par exemple (Je vais exceptionnellement vous faire ici une confidence ou deux). Je jouis d’un patrimoine honnêtement accumulé au fil des années, je possède des palaces dans plusieurs places, deux ou trois véhicules et plusieurs vélos, je voyage chaque année, je mange du homard en juillet et des fraises en janvier, je bois du Croze-Hermitage avec le tartare et du Sauterne avec le foie gras,…

OK, je ne suis pas indécemment riche. Juste riche. Correct. Confortable.

Je ne suis pas milliardaire comme la famille Desmarais, PKP ou les Beaudoin/Bombardier. Je ne possède pas d’empire médiatique pour diffuser mes idées libéralicides ou démagolades. Je ne délocalise pas des milliers d’emplois grassement subventionnés avec les taxes des contribuables québécois. Je n’ai pas d’action dans des tas de compagnies minières et pétrolières. Je n’invite pas à l’anniversaire de ma fiancée le gratin de la finance ni même d’ex-présidents étatsuniens sur le déclin. Je ne vais pas au bureau en hélicoptère, de toute façon, mon bureau est à la maison. Je n’ai pas de chef pour faire mon barbecue, c’est ma blonde qui s’en occupe. Je n’obtiens pas de juteux contrats parce que j’invite des clients sur mon bateau. En fait, je n’ai pas de bateau. Je n’ai pas de chauffeur, pas de jardinier, pas de femme de ménage payée au noir, pas d’avocat pour poursuivre les gens qui ne pensent pas comme moi. Je n’ai même pas de compte en banque dans un paradis fiscal.

Finalement, je suis plutôt riche version classe moyenne, tendance pauvre type qui paye sagement ses taxes municipales, ses impôts, ses acomptes provisionnels, sa TPS et sa TVQ.

Ce n’est pas l’argent que j’ai qui me rend heureux. Mais de l’argent, j’en ai, alors je ne vais pas commencer à pleurer.

Pourtant, vous m’entendez (c’est une image, je sais qu’ici, vous me lisez) me plaindre.

Et je ne suis pas le seul riche à arborer le carré rouge, à abîmer chaque soir un peu plus ma batterie de cuisine et à avoir envie de démolir ma télé HD chaque fois que je vois la face arrogante du premier ministre de notre gouvernement corrompu.

Ce printemps historique que nous sommes en train de vivre et que le régime en place essaye de nous ravir à coups de matraques, de lois spéciales et de menaces économiques, ce printemps disais-je avant d’être interrompu par une giclée de poivre de Cayenne, nous ramène aux vraies valeurs.

Pas celles de l’argent. Celles des gens.

La vraie richesse qui nous entoure est dans la nature qui, chaque printemps, nous redonne espoir en la vie. L’opulence dans laquelle nous baignons a la chaleur d’un rayon de soleil sur une terrasse en compagnie d’un ami. Le confort ressemble à la liberté de dire oui ou de dire non. Et la fortune qu’on veut laisser en héritage ressemble à une société plus juste et plus égalitaire où la matière grise a plus de valeur que la matière première.

S’il y a beaucoup de signes extérieurs de richesse grasse et dégoulinante qui pue comme l’argent qui nous brûle les doigts, il y a bien peu de signes palpables de richesse intérieure. C’est pour celle-ci que ça vaut la peine de se lever. Et le regroupement des millionnaires pour la gratuité de l’enseignement que je viens de créer ici sous vos yeux n’a pas fini de se tenir debout et de marcher ensemble avec le peuple pour que cette richesse intérieure soit accessible à tous.

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