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8 trucs pour bien faire ses impôts soi-même
L’art d’accomplir son devoir de contribuable sans tracas.
« Rien n’est certain, sauf la mort et les impôts », aurait dit le célèbre Benjamin Franklin en 1789. Deux cent trente-six ans plus tard, ce constat est encore vrai.
Comme travailleuse autonome, je réalise moi-même mes déclarations de revenus en ligne depuis plusieurs années. J’utilise un logiciel comptable bien connu, qui me permet d’entrer facilement dans mes feuillets fiscaux et qui m’indique, en répondant à quelques questions, à quels crédits j’ai droit.
Voici donc un petit aide-mémoire pour vous aider à traverser la saison des impôts sans trop de maux de tête.
1. Conservez TOUS vos reçus !
Vous le savez, vos dépenses liées au travail peuvent être déduites de votre contribution d’impôt. Mais il ne faut pas perdre le fil de celles-ci. Gardez toutes vos factures, dont celles pour l’essence, les fournitures de bureau ou les frais de représentation, de restauration ou d’hébergement, surtout si vous êtes travailleur autonome.
Idem pour vos frais médicaux, que vous ayez des assurances ou non. En effet, vous pouvez déduire les montants qui ne sont pas couverts par votre assurance ou certains frais médicaux, comme une consultation au privé.
D’ailleurs, si vous faites du télétravail, certaines dépenses relatives à votre bureau à la maison pourraient être déductibles. Informez-vous auprès de votre employeur et ayez à portée de main vos relevés d’hypothèque, vos comptes d’électricité et vos factures d’Internet. On ne sait jamais !
« L’idéal est de commencer tôt durant l’année », suggère Yannick Lemay, spécialiste de l’impôt chez H&R Block. « Certains documents sont plus faciles à identifier comme étant nécessaires, mais dans d’autres cas, on ne pense pas qu’ils seront utiles. Alors, aussi bien les garder à portée de main. »
2. Classez vos documents au fur et à mesure
Une grosse partie du casse-tête que représente la déclaration de revenus consiste à réunir et ordonner toute la paperasse qu’on peut accumuler au cours d’une année.
Certains ont recours à une boîte à chaussures ou à un tiroir. D’autres préfèrent garder le tout dans une pile sur le coin de leur bureau. Niveau organisation, ça laisse à désirer. Mais bon, chacun sa méthode.
Personnellement, j’ai une grande enveloppe brune libellée de l’année fiscale en cours. J’y insère systématiquement tous les documents que je reçois par la poste et qui me seront utiles l’an prochain : feuillets d’emploi, relevés médicaux, reçus de soins, reçus fiscaux divers, etc.
Gardez aussi votre avis de cotisation de l’année fiscale précédente proche. Si vous ne l’avez pas sous la main, vous le retrouverez sur votre compte en ligne sur le site de Revenu Québec.
Ensuite, je classe ces documents par type et en ordre chronologique. Il m’est alors beaucoup plus facile de savoir combien j’ai placé d’argent dans mes REER plutôt qu’en essayant de retrouver le virement dans mon compte bancaire sans en connaître la date !
Si j’ai des documents numériques, j’en enregistre une copie PDF dans un dossier spécialement attitré à ma déclaration de revenus. J’y consigne notamment des reçus numériques, des allocations de dépenses, des relevés de dons de charité et autres renseignements.
Au moment de m’installer pour remplir ma déclaration, il me suffit de sortir mes documents et de les consulter quand j’en ai besoin : je sais que tout est au bon endroit.
H&R Block propose une liste aide-mémoire des documents à rassembler avant de compléter sa déclaration de revenus.
3. N’oubliez pas les crédits d’impôt !
Renseignez-vous sur les crédits d’impôt, nouveaux ou déjà en vigueur, qui pourraient s’appliquer à votre situation : garde d’enfant, allocations, activités pour enfants, achat d’une maison, proche aidance, déménagement pour le travail, solidarité, alouette ! Ces crédits pourraient vous offrir un répit de quelques centaines de dollars.
Du même souffle, si vous êtes conjoint de fait ou marié, vérifiez si votre douce moitié peut vous transférer des crédits d’impôt, des dépenses, ou vice-versa, pour maximiser les impacts sur votre remboursement d’impôt… ou minimiser la somme que vous devrez au fisc.
4. Considérez les changements dans votre vie
Il peut s’en passer, des choses, en un an. Avez-vous fini vos études ? Vous êtes-vous marié ? Eu un enfant ? Déménagé ? Divorcé ? Peut-être avez-vous changé d’emploi, lancé une entreprise ou bien acquis une propriété ?
Tous ces événements, heureux et moins heureux, ont des impacts au-delà de votre vie personnelle : ils ont aussi une incidence sur votre déclaration de revenus et vous devrez en aviser le gouvernement.
Dans le même ordre d’idées, si vous avez déménagé durant la dernière année, assurez-vous que les agences de revenu disposent de votre nouvelle adresse et, pourquoi pas, de l’adresse courriel que vous utilisez.
Ça serait malheureux d’être dans l’eau chaude avec le fisc tout simplement parce que vous ne les avez pas avisés que vous avez déménagé de chez vos parents
5. Vérifiez si vous devez faire un redressement
Il est toujours possible de corriger vos déclarations antérieures. Que vous ayez oublié de déclarer certains revenus ou des contributions REER, ou bien de réclamer certains crédits d’impôt, il n’est jamais trop tard. Il vous faut alors remplir les bons formulaires pour rectifier la situation et, qui sait, éviter des pénalités trop salées.
À quelques exceptions près, ces redressements peuvent être corrigés sur une période allant jusqu’à dix ans, indique Yannick Lemay, à condition que les déclarations d’impôt aient été traitées pour ces années.
« Un redressement vient modifier une déclaration déjà produite et ayant fait l’objet d’un avis de cotisation, précise-t-il. Dans certains cas, le gouvernement va procéder lui-même à des ajustements en vérifiant la déclaration. C’est pour cette raison qu’on doit attendre qu’elle soit traitée. »
6. Ne vous prenez pas la tête
Remplir sa déclaration d’impôt n’a pas besoin d’être compliqué ou de vous plonger dans une profonde détresse.
Installez-vous confortablement dans une pièce où vous serez tranquille et assurez-vous d’avoir tous vos documents en main. C’est pas toujours plaisant de regarder ses finances, alors pourquoi ne pas le faire en écoutant votre playlist préférée et en sirotant une boisson réconfortante pour rendre l’expérience plus agréable ?
Allouez-vous du temps. Malgré une bonne préparation, il arrive que des questions persistent ou que vous deviez récupérer un document manquant.
Remplissez la déclaration en sections et prenez en note les lignes du formulaire dont vous devrez vous souvenir pour des calculs ultérieurs. Ou prenez un bon logiciel qui peut faire ça pour vous.
7. Vérifiez vos calculs
Vous pensez avoir terminé ? Pas si vite !
Il suffit d’une simple faute de frappe sur votre calculatrice ou d’une entrée incorrecte pour que tous vos calculs soient faux. Mieux vaut prendre un peu plus de temps pour tout vérifier que de devoir faire des heures supplémentaires pour rembourser une réclamation imprévue… ou pire, des intérêts !
8. Et si rien de tout ça ne fonctionne… faites appel à un professionnel
Si votre situation personnelle est complexe, par exemple si vous cumulez plusieurs emplois, si vous alternez entre salariat et travail autonome, si vous avez fait faillite, si vous avez des personnes à charge, si vous avez hérité, si vous avez des questions auxquelles vous ne trouvez pas les réponses ou si rien ne semble fonctionner, rappelez-vous que des professionnels sont là pour vous aider et vous permettre d’éviter des erreurs coûteuses.
Vous pourriez, entre autres, communiquer avec des agents de Revenu Québec ou de l’Agence du revenu du Canada. Ces fonctionnaires pourront vous fournir des renseignements complémentaires qui vous aideront à remplir votre déclaration. Les sites Internet des deux ministères regorgent aussi de renseignements qui pourraient vous être utiles.
Sinon, il existe des cliniques d’impôt pour les personnes à faible revenu qui sont peu familières avec le processus. Elles sont généralement offertes par des organismes communautaires mandatés par Revenu Canada.
Et rappelez-vous : si vous n’y arrivez pas seul, ce n’est pas la fin du monde.
Après tout, payer quelques dizaines de dollars pour l’expertise d’un professionnel compétent peut valoir l’économie d’heures de travail et la frustration qui va avec.
Yannick Lemay mentionne que H&R Block propose une vérification gratuite des déclarations déjà remplies avant l’envoi. Selon lui, environ 50 % de ces déclarations nécessitent des corrections.
Dans tous les cas, ne tardez pas trop. La date limite pour soumettre sa déclaration de revenus sans pénalité est le 30 avril, à l’exception des travailleurs autonomes qui ont jusqu’au 15 juin prochain.
Parce qu’on s’entend que si tout se passe normalement, vous devrez répéter l’exercice encore plusieurs fois avant que l’autre inévitable de la vie ne se présente !
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