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Se faire voler son identité, ça arrive souvent sans qu’on s’en rende compte. Soudainement, on n’arrive pas à obtenir du financement, on reçoit un avis pour un prêt qu’on n’a pas contracté. Puis, en regardant les nouvelles, on apprend que des milliers de personnes ont vu leurs données personnelles être subtilisées pour être revendues sur le marché noir et c’est seulement à ce moment qu’on réalise enfin qu’on s’est fait voler notre identité.
Selon la Commission d’accès à l’information du Québec, « avec vos renseignements personnels en main, un voleur (ou un usurpateur) peut aisément ouvrir un compte bancaire à votre nom, vendre votre maison, obtenir des pièces d’identité (permis de conduire, passeport, carte d’assurance maladie ou sociale, etc.) ou créer un faux profil à votre nom sans que vous ne le sachiez ». Pire encore, « vous pourriez aussi être tenu responsable des dettes contractées par le voleur ».
Alors, comment se protéger?
Même s’il existe des recours et des mesures pour prévenir le vol d’identité, on n’est jamais complètement à l’abri. Ceci dit, on a tout de même recensé pour vous quelques pratiques à adopter pour maximiser vos chances d’être épargné.
Votre institution financière vous écrit un courriel pour vous demander ou confirmer des renseignements personnels? Vous recevez un avis de recouvrement de la SAAQ par texto? Encore mieux, la Banque du Canada affirme qu’elle vous doit 500 $ en dividendes?
Ce genre de communication est fort probablement une tentative d’hameçonnage, une technique de fraude qui s’affine de plus en plus.
En effet, certains courriels ressemblent parfois à s’y méprendre aux communications officielles d’institutions bancaires. Si vous cliquez sur un lien où on vous demande ensuite d’entrer vos informations personnelles, un fraudeur pourrait les collecter et s’en servir plus tard à mauvais escient.
Voici quelques détails à surveiller : parfois, le nom de domaine de l’émetteur diffère légèrement ou les communications comportent des fautes d’orthographe.
En cas de doute, ne répondez pas à ces communications. Contactez plutôt l’institution directement pour savoir de quoi il en retourne.
Dans le même ordre d’idées, si vous recevez des courriels suspects comportant des pièces jointes, pensez-y deux fois avant de les ouvrir. Elles pourraient contenir un logiciel malveillant ou espion qui pourrait enregistrer, à votre insu, des renseignements que vous consignez dans vos appareils électroniques.
Ça vaut la peine de le répéter : n’utilisez jamais votre date de naissance comme NIP pour votre carte bancaire. Si des voleurs d’identité devaient mettre la main sur cette information, il leur serait plus facile d’effectuer des transactions en votre nom et à votre insu.
Dans le même ordre d’idées, ne communiquez pas votre numéro d’assurance sociale lorsque cela n’est pas nécessaire.
Déterminez des mots de passe complexes comprenant des chiffres, des lettres minuscules, des lettres majuscules et des symboles pour décourager les fraudeurs. Selon un tableau publié sur le Blogue du modérateur, certains mots de passe peuvent être déchiffrés en quelques secondes s’ils sont trop simples, alors que les plus complexes pourraient nécessiter plusieurs années.
Pour une couche de protection supplémentaire, n’utilisez pas le même mot de passe pour tous les sites.
Si vous avez du mal à vous souvenir de vos mots de passe en raison de leur complexité, vous pouvez les écrire sur une liste, mais assurez-vous de placer cette liste loin de votre poste de travail ou encore moins dans votre téléphone. Placez-la dans un lieu sûr où personne d’autre n’aurait l’idée de l’y chercher.
Enfin, ne publiez pas trop de renseignements personnels sur les réseaux sociaux.
On peut penser que de mettre au recyclage une liasse de documents qui ne comprennent que votre nom et votre adresse ne comporte aucun risque. Au contraire : le moindre renseignement peut aider un fraudeur à voler votre identité.
Si vous n’avez pas de déchiqueteuse ou que vous n’avez pas accès à un foyer pour brûler ces documents qui ne vous servent plus, sachez que des organismes et parfois même votre municipalité organisent régulièrement des journées de déchiquetage où vous pouvez détruire vos papiers en toute sécurité.
Détruisez également toute carte d’identité ou transactionnelle (débit, crédit) qui vient à échéance dès que vous recevez la nouvelle.
Ici, on ne parle pas de surveiller la moindre fluctuation de votre cote de crédit, qui est influencée par les demandes de crédit que vous formulez et votre taux d’endettement.
Plutôt, si vous constatez une diminution importante et inexplicable de votre cote, cela est peut-être le signe d’activités illicites. Communiquez alors avec une agence de crédit comme TransUnion ou Equifax pour obtenir une copie de votre dossier.
Si vous n’avez pas de boîte postale qui se verrouille à clé, évitez de laisser votre courrier dormir dans votre boîte aux lettres pendant plusieurs jours. On ne sait jamais qui pourrait passer et se servir.
C’est arrivé à un de mes voisins : un individu qui distribuait des publicités de porte en porte a aperçu une enveloppe de Revenu Québec dans sa boîte aux lettres. Il l’a prise, l’a ouverte, a pris le chèque qu’elle contenait et a laissé l’enveloppe vide sur mon terrain… Par chance, la caméra de ma sonnette a tout filmé!
Si tout s’est bien terminé dans ce cas précis – le voleur a rapidement été appréhendé –, dans bien des cas, les gens ne sauront jamais qu’ils ont reçu du courrier.
Certains assureurs proposent à leur clientèle une assurance en cas de vol d’identité. Or, mieux vaut lire les petits caractères avant de signer un contrat, prévient l’Autorité des marchés financiers, car certaines de ces polices « exclu[ent] généralement les pertes financières liées aux transactions frauduleuses ».
Ainsi, explique-t-on, l’assurance couvrira les frais encourus pour rétablir votre identité et votre dossier de crédit, y compris l’absence du travail ou le recours à un psychologue, mais elle ne remboursera pas un prêt contracté en votre nom à votre insu.
Malgré ces précautions, vous vous êtes fait voler votre identité. Que faire?
En premier lieu, avisez vos institutions financières pour qu’elles puissent ajouter une note à votre dossier. Notez la date et l’heure de vos appels et documentez toutes vos démarches. Changez vos NIP et mots de passe.
Ensuite, notez toute transaction suspecte dans vos comptes courants. Cela vous permettra de déterminer à quel moment les fraudeurs ont commencé à utiliser vos renseignements personnels. Gardez en tête qu’il peut se passer beaucoup de temps entre le moment où ceux-ci ont été volés et le moment où ils ont été utilisés.
Communiquez ensuite avec des agences de crédit, comme Equifax et TransUnion, pour les aviser. Elles pourront elles aussi ajouter une note à votre dossier selon laquelle vous avez été fraudé. Ainsi, vous devrez approuver toute demande de financement faite en votre nom, ce qui freinera les ravages à votre cote de crédit.
Portez également plainte auprès de la police et avisez le Centre antifraude du Canada. Avisez l’Agence du revenu du Canada et Revenu Québec.
On vous le rappelle, personne n’est à l’abri de se faire voler son identité. On a beau être prudent, il suffit d’un clic distrait, d’un mot de passe trop simple ou d’un vieux relevé oublié dans le bac bleu pour que tout parte en vrille. Alors, mieux vaut devenir parano… mais juste un peu. Parce que rebâtir sa cote de crédit, c’est long, plate, et franchement moins pratique que de changer ses mots de passe une fois de temps en temps.