7 raisons d’haïr les brunchs

Aujourd’hui, je veux mettre de quoi au clair: si y a quelque chose que j’haïs encore plus que de me lever dans la vie, c’est bien de me lever plus tôt le weekend pour aller bruncher.

J’haïs les brunchs.

Voici mes arguments:

1 – Parce qu’il n’existe pas de bonne raison d’entendre un “HIN-HIN-HIN-HIN” de cadran un samedi matin

Pour mettre ton cadran un samedi matin, faut vraiment que tu sois emballé raide à manger ça, une omelette western. Y a plein d’études qui le prouvent, se lever contre son gré, avec un cadran, c’est mauvais pour la santé. C’est contre-nature. Se lever avec un cadran un samedi, ce n’est pas s’écouter.

Ou si tu t’écoutes, ce qui joue en boucle dans ta tête, c’est la reprise de Michèle Richard qui fausse sur Crazy Train de Ozzy.

Peut-être que tu t’écoutes, mais tes oreilles sillent.

Peut-être que tu t’écoutes, mais c’est comme écouter un camion qui recule pour l’éternité.

Fuck ça.

J’haïs les brunchs.

2 – Parce que c’est l’esprit de surconsommation cuisiné dans trop de beurre enrobé de trop de sirop

Les brunchs, c’est le gros défaut de fabrication de la société. Au lieu de te prélasser chez toi en pyj dans le lit à faire ton rattrapage télé, de rester tranquille pis prendre un break de la vie en général, non, toi, tu préfères aller te sacrer en file d’attente pour 56 minutes à -18 degrés Celsius pour manger des patates coupées en cubes.

“OUIN MAIS SONT RISSOLÉES”, que tu vas me dire. “Y ONT MIS DES ÉPICES DESSUS!”

Elles ont beau être rissolées, avec des épices, hachées, pilées ou même cruttes, sont à 22 cennes le kilo chez MAXI pareil pis c’est pas un argument valable pour me sortir de chez moi, des osties de patates.

C’est l’image parfaite de la société de consommation de deux-oeufs-bacon-saucisses-bacon-bines-bacon-patates-bacon-pain-blanc-toasté-crêpes-au-bacon-avec-sirop-d’érable-pis-du-bacon.

Bien quoi? Tant qu’à haïr ça, je me gâte dans le bacon.

J’haïs les brunchs.

3 – Parce que ton nouveau concept de resto ne me fera pas oublier que ton aliment vedette, ça reste un oeuf

Il y a toujours des nouveaux concepts de restos déjeuner qui poppent comme si c’était nécessaire.

Le resto vegan qui remplace le bacon par de la noix de coco en te faisant croire que tu n’y goûteras que du feu. Pis finalement ils ont raison, parce que tu bouilles tellement par en-dedans de t’être fait avoir, que la boucane te sort par les oreilles pis ça goûte, en effet, que le feu.

L’autre concept qui me tue, ce sont les restos déjeuner qui pensent que t’as le goût de revivre ton soir de la veille, en te mettant de la MUSIQUE DANCE BEAUCOUP TROP FORTE, atmosphère entre l’Énergie Cardio, le magasin de chaussures du Carrefour Laval pis le côté dance du bar le Loft. (Allô vieux souvenirs!)

C’est quoi? Ils s’attendent-tu que je danse sur la machine à café? Que je me cale des shooters de jus de pamplemousse? Que je flash mes bo… Anyway! J’irai jamais dans un resto où tu ne sais plus trop dans quelle partie de la journée tu vis.

J’haïs les brunchs.

4 – Parce que l’ambiance des brunchs est aussi paisible qu’une piscine à balles d’un centre d’achats en plein samedi après-midi

Les restos de brunch c’est toujours le meilleur endroit pour spotter les parents qui n’ont aucune discipline avec leurs enfants.

Et qui dit brunch dit FAMILLE! Et qui dit famille dit nécessairement cris, linge sale, manger tout croche, crayons de cires, étouffements avec les crayons de cire, vomissements, évanouissements, pompiers, ambulance, DPJ…

J’haïs les brunchs.

5 – Parce que ça vient de te coûter deux dollars d’extra à lire mon article jusqu’ici

Il y a une autre affaire avec les restos de brunchs: les extras.

Tu veux mettre de la confiture sur ta toast? Ça va être deux dollars d’extra. C’est quoi ça ce concept-là de payer pour NE PAS manger une toast sèche? Me semble que c’est la base de la toast, de mettre de quoi dessus.

Si je comprends bien,  quand je vais à Bordeaux, je suis capable de me ramener des bouteilles de St-Émilion à 4 piastres, mais quand je brunche au pays de l’érable, je dois payer un shooter de sirop trois dollars d’extra? KESSÉ ÇA?!?

Tu veux un couteau pis une fourchette pour manger? Ça va être deux dollars d’extra.

J’haïs les brunchs.

6 – Parce qu’une conversation de brunch accotera jamais une conversation de souper

Me bourrer la face à en presque exploser pour avoir des conversations mièvres sur tes cannages de tomates, ta préparation de lunchs pis ta planification de la semaine prochaine, ça m’intéresse pas.

Si y a pas d’alcool pis que je peux pas savoir comment s’est passée ta dernière date avec les détails les plus croustillants de la ride de taxi, pis du french dans le cadre de porte pis que t’as dit non, mais pas parce que ça te tentait pas mais parce que t’avais tes règles pis y avaient commencé dans la ride de taxi, bien ça m’intéresse pas.

J’ai rarement entendu des anecdotes croustillantes d’une fille qui mangeait un musli aux petits fruits avec du yogourt nature su’l top.

Bref, j’haïs les brunchs.

7 – Parce que les restos veulent t’en mettre plein la vue pour te faire oublier que ton repas est poche

Les menus ont toujours l’air d’un livre à colorier pour enfants avec des explications qui n’ont pas d’allure genre: “Une moooooooontagne de fruits frais!!!!!” en Comic Sans MS, alors que tu reçois toujours les mêmes triangles de melon au miel, de melon d’eau, pis l’autre là, le orange, avec un boutte d’ananas sec.

Pis on n’a pas encore parlé des jeux de mots de restos à déjeuner, hein?

  • Dorée-Mie
  • Quoi de n’oeuf?
  • Rien d’n’oeuf
  • 7-8-oeuf
  • Oeuf-1-1
  • Eggspectation
  • Eggsquis
  • Eggspresso
  • Eggsotik

Suuuuuuuper original, wow. Je t’en sors moi avec:

  • Eggsagération
  • Eggsaspérer
  • Eggsacerbant
  • Eggsicion
  • Eggsamen rectal

En veux-tu? En v’là.

J’haïs les brunchs.

Moi, j’ai une Némésis dans la vie, pis elle s’appelle Cora.

Du même auteur

Vous n'allez pas rester là sans rien dire ?
Faites-vous entendre...

mode_comment Afficher les commentaires keyboard_arrow_down keyboard_arrow_up