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Ça y est! Vous pensez avoir trouvé le bon ou la bonne. Cet élan amoureux vous projette dans l’avenir et vous entendez faire vie commune avec l’être aimé. Ces projets vous amènent à considérer la cohabitation, le mariage et, probablement, l’ouverture d’un compte conjoint.
Avant que vos finances ne s’unissent, voici quelques points à considérer.
Chez les milléniaux, environ un couple sur deux choisit d’ouvrir un compte conjoint. Pourtant, il existe plusieurs façons de séparer ses dépenses communes d’une manière qui convient à chacun sans ouvrir un compte conjoint.
Certains préfèrent ouvrir un compte uniquement pour les dépenses communes, comme l’hypothèque ou le loyer, l’électricité, l’épicerie et les services.
Dans d’autres cas, chaque conjoint conserve ses actifs dans son propre compte et les factures sont payées par l’un ou l’autre dans une proportion qui satisfait les deux conjoints.
« Il n’y a pas de manière universelle de fonctionner qui serait la meilleure pour tout le monde », mentionne la conseillère en sécurité financière et représentante en épargne collective, Marianne Spear, qui a récemment publié le livre Apprivoiser l’argent. « Chaque couple a sa propre dynamique. L’important, c’est que quand on parle de finances, tous les deux soient transparents pour éviter que l’un s’enrichisse sur le dos de l’autre. »
Dans la phase lune de miel d’une relation, tout est nouveau, tout beau. Puis, une fois la routine installée, vous remarquerez peut-être des divergences dans la manière de gérer vos finances.
Êtes-vous du type économe, et l’autre, dépensier? Considérez-vous l’épargne de la même manière? Avez-vous les mêmes priorités quant aux dépenses de votre ménage? Ce sont là quelques questions à poser avant de se rendre dans une institution financière.
Marianne Spear recommande d’en discuter avant même d’avoir des dépenses communes. « Il faut que ce soit pertinent d’ouvrir un compte conjoint. On ne fait pas ça juste pour le fun », souligne Marianne Spear. « On ne doit surtout pas attendre d’être rendus à la fin du mois et de trouver ça compliqué de départager qui paie quoi. Si vous envisagez d’emménager ensemble, vous pourriez valider la manière dont l’autre souhaite gérer les finances. »
Certains films hollywoodiens ont pour intrigue une personne qui découvre un lourd secret dans le passé de son ou sa fiancé.e ou pire encore, que cette personne mène une double vie.
Avant d’ouvrir un compte conjoint, assurez-vous de connaître la cote de crédit de votre partenaire et l’état réel de ses finances, dettes et épargne inclus.
« Sans avoir le nez en permanence dans les affaires de l’autre, ça devrait quand même être quelque chose de naturel et sans gêne de connaître la situation financière de la personne avec qui on partage sa vie, surtout quand on est rendu au point de considérer l’ouverture d’un compte conjoint », avance Marianne Spear.
Le mot d’ordre : pas de cachettes.
Sachez que si votre partenaire a des dettes impayées, certains créditeurs pourraient vouloir être payés à même votre compte conjoint, d’où l’importance d’éviter les mauvaises surprises.
À moins que vous n’ayez un revenu équivalent, la séparation des dépenses constitue une discussion importante à avoir quand on choisit de faire ménage.
Souhaitez-vous que chacun investisse la même somme dans le compte, sans égard à son revenu, ou préférez-vous un partage plus représentatif de vos salaires respectifs?
Prévoyez aussi une certaine flexibilité au cas où la situation financière d’un ou des deux partenaires change, par exemple en cas de promotion, de perte ou de changement d’emploi, de congé parental, etc.
Déterminez également un solde plancher qui devra se trouver en tout temps dans le compte. « Il y a toujours un conjoint qui sera moins tolérant au risque que l’autre, et il est important de s’entendre à laisser dormir dans le compte pour le roulement usuel des dépenses et pour couvrir des imprévus », précise Marianne Spear.
Par ailleurs, déterminez pour quels types de dépenses sera dédié le compte. Servira-t-il uniquement au paiement de l’hypothèque ou du loyer, des services ou bien pigerez-vous dedans pour vous offrir des sorties?
Clarifier ces attentes le plus tôt possible évitera des discussions difficiles plus tard.
« C’est vraiment important que personne ne se sente lésé dans cette répartition », insiste l’auteure.
Même si une part importante de vos revenus pourrait se retrouver dans le compte conjoint, entendez-vous pour que chaque conjoint conserve une somme à dépenser comme bon il l’entend. Cela évitera des frustrations sur l’utilisation des sommes communes et garantit une part de liberté à chacun pour se faire plaisir.
Le plus important est de ne pas constituer un pactole à l’insu de l’autre.
Vous hésitez encore? Wealthsimple a mis au point un petit quiz en ligne qui vous permettra de déterminer si vous devriez ouvrir un compte conjoint.
Et si malgré tous ces conseils, vous n’êtes toujours pas certain que de fusionner vos finances avec votre partenaire soit la meilleure idée, on vous recommande de consulter des professionnels pour vous aider à prendre la meilleure décision pour votre situation.
Et n’oubliez pas : si votre petite voix intérieure vous décourage d’aller de l’avant, c’est qu’il y a peut-être un manque de confiance ou des non-dits qui devraient être communiqués.
Une fois le compte conjoint ouvert, surveillez régulièrement ce qui s’y passe. Comme les deux copropriétaires du compte peuvent y faire des transactions sans la permission de l’autre, il vaut mieux aller regarder de temps en temps.
En cas de séparation, fermez le compte rapidement et séparez ce qui s’y retrouve : il est déjà arrivé que des ex-conjoints amers vident le compte et s’approprient la totalité des sommes.
En argent comme en amour, mieux vaut une entente claire plutôt qu’une fusion précipitée. Un compte conjoint ne devrait jamais être un geste romantique, mais une décision lucide, alignée et pleinement assumée par deux partenaires bien informés.
« Connaître la cote de crédit de quelqu’un donne une idée de son historique avec l’argent, précise la conseillère. Ce n’est pas parce que sa cote de crédit est mauvaise que c’est une personne qui ne sait pas gérer ses affaires : une malchance, une mauvaise décision, ça peut arriver. Mais c’est important de savoir ce qui s’est passé : est-ce qu’un compte a été oublié, est-ce que c’est quelqu’un qui ne sait pas comment gérer son argent? Surtout, est-ce que la personne a revu sa façon de faire depuis? »
Avant 2022, en cas de décès d’un des partenaires, le compte conjoint pouvait être « gelé » par l’institution financière jusqu’à ce qu’un liquidateur testamentaire soit nommé pour administrer les actifs du défunt ou de la défunte. La loi québécoise a cependant été modifiée pour permettre au conjoint survivant d’obtenir leur part du solde du compte après en avoir fait la demande par écrit.