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L’été dernier, j’ai demandé à ma fille de 7 ans si elle voulait continuer de suivre des cours de patinage ou essayer le hockey. Après y avoir réfléchi environ trois secondes, à mon grand bonheur, elle m’a dit qu’elle aimerait jouer à notre sport national.
C’est donc avec un mélange d’excitation et d’appréhension que notre famille – bon, ma fille et moi – avons sauté dans cette aventure à patins joints, pour le meilleur et pour le pire.
Voici ce que j’ai retenu de l’expérience.
Après avoir confirmé une huitième fois avec ma fille qu’elle n’avait pas changé d’idée concernant le hockey, je me suis informé pour la procédure à suivre pour l’inscrire au sein d’une équipe. Comme on souhaitait qu’elle joue pour le club de la ville – celui-là même avec lequel j’ai joué quand j’étais enfant (cue la musique sentimentale) –, il fallait passer par un chemin pas mal plus tortueux que si j’inscrivais mon garçon.
C’est que les jeunes joueuses doivent d’abord être inscrites à l’association de hockey féminin de la région. Il a ensuite fallu obtenir une dérogation pour l’inscrire auprès de l’association de hockey mineur locale, dans une équipe mixte. Après plusieurs formulaires complétés, courriels envoyés et de nombreuses nuits blanches (OK, j’exagère), ma fille était officiellement inscrite.
ALLÉLUIA! MERCI, PETIT JÉSUS!
Le hockey, c’est vrai que c’est cher, surtout en raison de l’équipement qu’il faut changer au fur et à mesure que les enfants grandissent. Avec quelques recherches sur Marketplace, j’ai réussi à trouver pas mal tout le stock dont elle avait besoin pour 200 $. En ajoutant au total trois pièces achetées neuves, on s’en est tiré pour environ 300 $. L’association de hockey mineur proposait aussi un service d’emprunt d’équipement, question de promouvoir l’accessibilité aux familles moins aisées.
J’estime donc que le tout a coûté environ 1 000 $, ce qui est effectivement coûteux.
Sauf que quand on considère tout le temps que ma fille a passé sur la glace, c’est quand même pas si mal! Si je fais un calcul rapide, elle a passé environ 52 heures sur la glace (2 heures par semaine en moyenne x 26 semaines), ce qui revient à environ 20 $ de l’heure, tout inclus.
Là, je ne parle pas du hockey élite, qui peut engendrer des dépenses faramineuses de plusieurs milliers de dollars par année. Disons que je ne pousserai pas pour que mes enfants jouent du haut calibre.
Un voyage en famille au Portugal ou une inscription au hockey pour Jayden? Posez-moi pas la question deux fois.
Avec deux temps de glace minimum – parfois trois – par semaine qui changent un peu de plage horaire de semaine en semaine, le hockey est pas mal plus difficile à faire rentrer dans le calendrier que les cours de natation. Ça nécessite donc que toute la famille soit pas pire contorsionniste pour permettre à l’enfant inscrit de jouer le plus possible.
L’autre truc à ne pas négliger, ce sont les dimanches qui commencent assez raide avec un lever à 5h45 pour se rendre à une pratique à 7h. Mettons qu’il vous faudra mettre une croix sur les afterhours au Circus.
Comme je savais que je devrais souvent me rendre à l’aréna, je me suis dit qu’il valait aussi bien offrir mes services d’entraîneur adjoint pour donner un coup de main en plus de me dégourdir un peu en plaquant des jeunes de 8 ans dans la bande. (Je niaise, évidemment. Je ne plaquais que ceux de 9 ans.)
Une idée préconçue veut que les parents et entraîneurs de hockey soient particulièrement intenses. Comme entraîneur adjoint, je n’ai pas observé de comportements déraisonnables au sein de l’équipe de ma fille, mais quelques-uns quand je flânais dans l’aréna. Il faut dire que notre équipe rassemblait les joueurs de moins bon niveau de leur catégorie, ce qui signifie que les gens sont habituellement plus relax.
Dans le vestiaire, il m’est cependant arrivé d’observer des coachs d’un meilleur calibre parler à des enfants de 8 et 9 ans comme s’ils étaient des pros.
Leur parler de stratégies poussées avant les matchs, reprocher aux jeunes qu’ils n’ont pas l’air d’avoir de fun…
C’est un jeu, groupe. Au risque de péter votre balloune, votre jeune ne jouera pas dans la LNH ou la LPHF. Je dis ça, mais ma fille a peut-être des chances…
J’étais là pour la consoler quand elle a fondu en larmes sur le banc après avoir reçu sa toute première punition. J’étais là pour la féliciter quand elle faisait de beaux jeux à la défense en bloquant des passes et des tirs. J’étais aussi à ses côtés pour la regarder rire des niaiseries de ses coéquipiers lors d’un dîner dans une cantine, entre deux matchs de tournoi amical à Sorel.
Des moments qui valent bien de se lever à 5h45. Même le dimanche.
Est-ce qu’on le referait? Certainement. Ma fille veut d’ailleurs encore jouer la saison prochaine. Et mon fils de 4 ans veut commencer.
Cool! Mais aussi : priez pour nous.
L’inscription, elle, coûtait 450 $ pour l’année. À ça, il faut ajouter des frais ponctuels ici et là au cours de la saison, par exemple pour produire et apposer la bande de nom sur les chandails, acheter les photos officielles, faire aiguiser les patins et autres. Sans oublier les coûts de déplacement aux arénas – habituellement pas trop loin, heureusement. Et l’achat occasionnel d’un petit café pour être capable d’encourager les jeunes malgré des yeux dans la graisse de bine.
Pour devenir entraîneur, il m’a fallu suivre des formations en ligne obligatoires offertes par Hockey Canada qui portaient notamment sur les apprentissages de base du sport à inculquer, le respect, l’éthique, la procédure à suivre en cas de blessure et d’abus physique ou verbal. Tout ça m’a pris 7 à 8 heures à compléter comme je partais de zéro. J’ai aussi dû démontrer que je n’avais pas d’antécédents criminels, un prérequis tout ce qu’il y a de plus légitime pour être dans l’entourage d’une équipe de hockey mineur. Salutations à Gordon Bombay. #lesvraissavent
Au fil des nombreux moments où ma fille et moi avons passé du temps ensemble sur la glace, dans l’auto ou dans le vestiaire, on a eu l’occasion d’échanger et de développer notre relation, qui était déjà très bonne. J’ai adoré passer du temps à ses côtés en lui donnant quelques trucs ici et là, alors qu’elle découvrait un nouveau sport. Évidemment, on parlait d’autres choses que de la bonne technique pour effectuer une passe balayée ; du rififi entre ses amies à l’école, de sa relation amour-haine avec son petit frère, de la bonne technique pour effectuer une passe balayée.